Après la découverte d’un premier cas de souche contagieuse de grippe aviaire H5 sur son territoire, l’Australie enquête sur ce virus pathogène. Responsable d’une épizootie mondiale chez les oiseaux, le variant H5 2.3.4.4b inquiète les scientifiques en raison de sa capacité à infecter certains mammifères.
Un cap sanitaire franchi. Le gouvernement australien enquête sur un premier cas de grippe aviaire H5, après la découverte d’un oiseau marin migrateur infecté dans l’ouest du pays. Jusque-là, le continent océanique demeurait le dernier bastion épargné par cette maladie.
Le H5, également connu sous le nom d'influenza aviaire ou anciennement de peste aviaire, circule principalement chez les oiseaux sauvages et les volailles. Il est toutefois capable de franchir la barrière des espèces et d’infecter d’autres mammifères, comme le porc. Depuis plusieurs années, la branche génétique 2.3.4.4b, responsable de l’épizootie mondiale actuelle, s’est propagée à une vitesse inédite à travers le monde.
441 millions d’oiseaux domestiques abattus depuis 2020
Particulièrement surveillé en raison de sa forte virulence chez les oiseaux, ce variant peut provoquer des mortalités massives dans les élevages et les colonies d’oiseaux sauvages, avec des taux de mortalité pouvant approcher 100 % dans certaines populations. Depuis octobre 2020, une augmentation sans précédent des foyers épidémiques est observée dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Europe, entraînant la mort déclarée de plus de 31 millions d’oiseaux sauvages et l’abattage de 441 millions d’oiseaux domestiques, selon les chiffres de l’ANRS.
Toutefois, chez l’humain, le risque demeure faible. Les contaminations restent rares et surviennent généralement après un contact avec des animaux infectés. L’inquiétude porte surtout sur la capacité du H5 à évoluer : chaque nouvelle infection chez un mammifère offre au virus une occasion supplémentaire de s’adapter. Les scientifiques redoutent qu’il ne provoque un jour une pandémie grippale.