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Détérioration de la vue, muscles atrophiés... Ces 5 effets néfastes causés par un long séjour dans l'espace

Perte de masse musculaire, trouble de la vision... Les astronautes font face à de nombreux effets lors de leur séjour dans l'espace. [NASA / REUTERS]

Un périple de neuf mois qui prend enfin fin. Les deux astronautes américains, qui étaient bloqués dans l'ISS depuis juin 2024, devraient retrouver la terre ferme ce mardi 18 mars, à 23h. Toutefois, leur corps a probablement été affecté par les effets de l’environnement spatial.

Que se passe-t-il dans le corps après une longue période dans l’espace ? Une question qui ne relève pas de la science-fiction, et qui a déjà quelques réponses. Depuis plusieurs décennies, les scientifiques disposent de nombreuses données sur les épreuves traversées par le corps des astronautes. Et voici ce qu’ils ont découvert.

Les muscles s'atrophient

Après seulement deux semaines dans l’espace, la masse musculaire peut chuter jusqu'à 20 %, et lors de missions plus longues de trois à six mois, elle peut chuter de 30 %. En cause : la micro-gravité, qui permet de se déplacer sans fournir aucun effort.

Les muscles les plus touchés sont ceux qui contribuent au maintien de notre posture : le dos, la nuque, les mollets et les quadriceps. Sans l'attraction constante de la gravité, ils ne travaillent plus aussi intensément et commencent à s'atrophier.

La masse osseuse se fragilise

De même, comme les astronautes ne soumettent pas leur squelette à autant d’effort que lorsqu’ils sont soumis à la gravité terrestre, leurs os commencent à se déminéraliser et à perdre de leur force.

Ainsi, les astronautes peuvent perdre 1 à 2 % de leur masse osseuse par mois passé dans l'espace, et jusqu'à 10 % sur une période de six mois (sur Terre, les hommes et les femmes âgés perdent de la masse osseuse à un rythme de 0,5 à 1 % par an). Le retour à la normale de la masse osseuse peut prendre jusqu'à quatre ans après le retour sur Terre.

C’est pourquoi les astronautes sont obligés de faire de l'exercice physique chaque jour pendant au moins deux heures et demie, pour limiter l'atrophie musculaire. Toutefois, une étude a souligné que même ces exercices ne suffisaient pas à prévenir la perte de fonction et de volume musculaires.

une perte significative de poids

Bien que le poids importe peu en orbite – les corps flottent peu importe leur masse – se maintenir en bonne santé est un vrai défi. La Nasa a beau s'efforcer de garantir à ses astronautes une alimentation variée et nutritive, cela peut néanmoins affecter leur organisme. Scott Kelly, un astronaute de la Nasa, a perdu 7 % de sa masse corporelle en orbite.

En 2015, lui et son frère jumeau Mark Kelly, avaient justement été recrutés par la Nasa pour étudier les conséquences physiologiques d'un vol spatial. Scott avait passé un an à bord de l'ISS, tandis que Mark l'attendait sur Terre.

Une détérioration de la vue

Après plusieurs mois passés dans l'espace, la vue se détériore pour presque 75 % des astronautes. Ce syndrome serait dû à une modification de la pression intracrânienne : sur Terre, les fluides sont tirés vers le bas par la gravité, alors que dans l'espace, ils s'accumulent dans le crâne. Une partie de ce liquide peut s'accumuler au fond de l'œil et autour du nerf optique, provoquant un œdème.

Ces changements peuvent commencer à se produire après seulement deux semaines dans l'espace. Certains troubles de la vision disparaissent environ un an après le retour des astronautes sur Terre, mais d'autres peuvent être permanents.

Par ailleurs, l'exposition aux rayons cosmiques et aux particules solaires peut également entraîner d'autres problèmes oculaires. Sur Terre, l’atmosphère terrestre nous protège de ces derniers. Bien que les vaisseaux spatiaux puissent être équipés de blindages pour se protéger des radiations importantes, les astronautes à bord de l'ISS ont signalé des éclairs de lumière dans leurs yeux lorsque les rayons cosmiques et les particules solaires atteignent leur rétine et leurs nerfs optiques.

des risques de séquelles psychologiques

Bien que les astronautes soient spécifiquement sélectionnés et formés, ils ne sont jamais à l’abri de l’impact psychologique du séjour dans l’espace. Encore moins quand il dure plus longtemps que prévu.

De nombreux astronautes souffrent ainsi de stress et d'ennui, liés à la monotonie de la vie spatiale, à l'éloignement de leurs proches, à la promiscuité avec les autres... D'autant plus que la micro-gravité dégrade considérablement leur sommeil. Les astronautes subissent alors la fatigue et encore plus de stress.

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