Pas très rassurants les Bleus, par Pierre Ménès

Antoine Griezmann et ses coéquipiers de l’attaque ont été sevrés de ballons face à l’Australie. Antoine Griezmann et ses coéquipiers de l’attaque ont été sevrés de ballons face à l’Australie.[Anthony Dibon/Icon Sport]

C’est drôle, les commentaires d’après-match. Il y a ceux, les plus nombreux, qui ont trouvé la prestation des Bleus contre la redoutable Australie lamentable, et les autres qui se disent satisfaits de la victoire (2-1), qui reste, au fond, la chose la plus importante.

En fait, les deux ont raison. La prestation de l’équipe de France a effectivement été indigne d’une phase finale de Coupe du monde, mais l’essentiel a été acquis grâce aux nouvelles technologies, qui ont accordé un penalty à Antoine Griezmann par la grâce de la vidéo et la goal-line technology, qui a validé le but détourné de Paul Pogba. Après, je ne suis pas d’accord avec la plupart des analyses qui tirent à boulets rouges sur le trio offensif tricolore. Le problème principal de cette équipe, c’est le milieu.

Il est positionné bien trop bas, avec un N’Golo Kanté suractif mais trop pauvre avec le ballon, un Paul Pogba qui a joué simple mais trop simple, et un Corentin Tolisso qui a clairement raté son match. Ces trois-là ont offert zéro ballon en décalage à Antoine Griezmann, Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé, obligés de se débrouiller seuls sur chaque ballon. De trop rares ballons, en plus. Didier Deschamps va devoir changer de formule et on imagine volontiers que pour le prochain match, Blaise Matuidi et Olivier Giroud feront leur retour, très probablement à la place de Tolisso et Dembélé.

Le cas Samuel Umtiti, en grande difficulté, mériterait aussi d’être posé. Mais on se demande qui, entre Presnel Kimpembe et Florian Thauvin, jouera le moins chez les Bleus pendant cette Coupe du monde ? Est-ce normal ? Pas certain… L’équipe de France doit impérativement progresser, en termes d’enthousiasme, de liant entre les lignes et de densité physique. Bref, tout ce qu’on n’a pas vu contre l’Australie. Bien sûr, le niveau va monter contre le Pérou puis le Danemark, et c’est probablement une bonne chose. Mais il faut quand même une bonne dose d’inconscience pour trouver des motifs d’optimisme dans ce premier match, tout de même très raté. 

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