NBA : ces six joueurs peuvent tout changer pour leur équipe

Markelle Fultz entame sa deuxième saison en NBA.[Abbie Parr / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP ]

Le destin d’une franchise dépend autant de sa capacité à recruter des stars que faire progresser ses jeunes talents. A quelques jours de la reprise, on se penche sur les six joueurs susceptibles de franchir un palier cette saison.

Et ceux dont le résultat immédiat, ou dans un avenir plus ou moins proche, pourrait dramatiquement modifier la place du club dans la hiérarchie de la NBA. Les joueurs présents dans cette liste entament leur troisième ou leur deuxième année dans la ligue. Un moment clef de leur carrière qui devrait nous éclairer plus précisément sur leur véritable potentiel dans les années à venir.

Dejounte Murray - San Antonio Spurs

Un vent nouveau souffle à San Antonio. La retraite de Manu Ginobili, le départ de Tony Parker à Charlotte, et le transfert de Kawhi Leonard à Toronto en compagnie de Danny Green, ont quasiment vidé l’effectif des derniers joueurs présents lors de la conquête du titre en 2014 (seuls Patty Mills et Marco Belinelli, de retour à l’intersaison, sont encore là). L’avenir de la franchise repose désormais sur les épaules de Dejounte Murray, meneur aux bras tentaculaires qui a remplacé TP au poste de meneur titulaire la saison dernière.

Cette année, Dejounte Murray s’apprête à faire un saut dans le grand bain, et sans brassards s’il vous plaît. Comme souligné par le journaliste Grant Hughes de Bleacher Report, Dejounte Murray est une peste en défense qui tournait à 2 interceptions et 0,6 contres en moyenne sur 36 minutes la saison dernière. Ce qui fait de lui un des quatre joueurs de la ligue avec un tel rendement (les autres sont Victor Oladipo, Kent Bazemore, et Eric Bledsoe). Aux rebonds, il se place juste derrière Russell Westbrook parmi les arrières avec 9,5 prises en moyenne sur 36 minutes. Autrement dit, Dejounte Murray dispose de qualités rares pour un meneur de jeu. Son problème, qui est de taille, concerne son efficacité aux tirs : 44,3% de réussite (pas horrible, mais pas top non plus), dont un piteux 26,5% à trois points. Ce qui n’est pas suffisant si Murray souhaite punir les défenses adverses, qui font le choix de passer derrière les écrans pour empêcher son jeu en pénétration, sans craindre son tir extérieur.

La bonne nouvelle pour les fans des Spurs vient du journaliste Zach Lowe d’ESPN, qui a confirmé que le meneur avait passé les derniers mois à travailler son tir avec le légendaire Chip Engelland, l’un des meilleurs spécialistes de la ligue en la matière. Et les premiers résultats seraient très encourageants. Si Dejounte Murray démarre la saison avec un tir fiable (personne ne s'attend à ce qu’il devienne Stephen Curry), cela pourrait donner une nouvelle dimension au jeu des Spurs. Murray possède déjà un excellent touché près du cercle, et un premier pas explosif. Une meilleure lecture du jeu (savoir quand attaquer, et quand distribuer) et une adresse accrue longue distance pour Dejounte Murray permettra à San Antonio d'envisager l'avenir avec un peu plus d'optimisme.

Jamal Murray - Denver Nuggets

Ce joueur commence à peine à gratter la surface de son potentiel. L’an dernier, Jamal Murray est devenu seulement le sixième joueur de l’histoire à tourner à plus de 16,6 points par match avec un pourcentage en «true shooting» (qui prend en compte les tirs à 2 points, à 3 points, et les lancers-francs) de 57,6% à l'âge de 20 ans. Les autres ? Magic Johnson, Anthony Davis, Kevin Durant, Andrian Dantley, Shaquille O’Neal et Karl-Anthony Towns.

Entre sa saison de rookie et sa deuxième année dans la ligue, Jamal Murray a montré une belle progression dans son efficacité aux tirs :

2016-2017 : 40,4% aux tirs, 33,4% à trois points, 17,5 pts/m

2017-2018 : 45,1% aux tirs, 37,8% à trois points, 18,6 pts/m

Si Jamal Murray continue d’améliorer son efficacité offensive et défensive, et qu’il poursuit sa progression dans la lecture du jeu et ses changements de rythme, alors Denver peut mettre un peu de champagne au frais. Parce qu’avec Nikola Jokic et Gary Harris – deux joueurs avec lesquels Murray possède une belle alchimie sur le terrain – les Nuggets possèdent un trio capable de transformer la franchise en un sérieux prétendant au titre dans les années à venir.

Dennis Smith Jr. - Dallas Mavericks

La marge de progression de Dennis Smith Jr. est colossale. Arrivé dans la ligue avec la réputation – tout à fait méritée – d’un joueur aux qualités athlétiques hors du commun, le jeune meneur des Mavericks n’a pas vraiment brillé par son efficacité offensive sur le terrain comme en témoigne ses pourcentages aux tirs : 39,5% aux tirs, 31,3% à trois points, et 69,4% aux LF. Oui, ça pique un peu les yeux. Mais l’arrivée de Luka Doncic dans l’effectif (le mec est attendu comme le Messie on vous dit) pourrait avoir un effet bénéfique sur son évolution. L’an dernier, Dennis Smith Jr. ne tournait qu’à 29,2% aux tirs en suspension qui pourtant représentaient plus de 45% de ses tentatives, selon NBA.com. Par contre, il était à 36,2% sur les «catch and shoot», c’est-à-dire un tir après la passe d’un coéquipier.

Arrière ultra-offensif, Dennis Smith Jr. devrait se régaler aux côtés du joueur slovène qui, très probablement, aura régulièrement le ballon dans les mains. Cela va permettre à Dennis Smith Jr. de jouer sans la balle (et de développer cet aspect de son jeu... qui est très difficile à maîtriser) et de profiter des éclairs de génie de Doncic à la passe. Si ses pourcentages aux tirs remontent au niveau des 45% de réussite, avec quelque chose qui se rapproche des 33% à trois points (un peu trop ambitieux peut-être), Dennis Smith Jr. deviendra immédiatement un problème pour les équipes adverses qui seront obligées de contester ses tirs, et donc de lui laisser de l'espace pour ses pénétrations dévastatrices.

Le chemin est encore (très) long pour Dennis Smith Jr. et les Mavericks. Réussir à bâtir une base solide pour le duo Smith/Doncic sur le terrain, et les laisser faire leurs erreurs, sera déjà une victoire pour Dallas à la fin de la saison. Les automatismes mettent du temps à se construire, et c’est exactement ce sur quoi la franchise texane devrait se concentrer pour le moment. Dennis Smith Jr. est redoutable en pénétration (63,6% de réussite près du panier). S’il améliore son tir extérieur de manière significative, Dallas sera en droit d'afficher un sourire insolent en travers de son visage à la fin de l’année.

Brandon Ingram - Los Angeles Lakers

LeBron James a déclaré qu’il était l’avenir de la franchise. Alors que tout le monde attend de voir le «King» faire ses premiers pas sous le maillot des Lakers, il est important de rappeler que, parmi tous les jeunes talents qui l’entourent, Brandon Ingram est probablement le plus déterminant d’entre eux. Sa progression entre sa première et sa deuxième saison n’a pas été appréciée à sa juste valeur :

2016-2017 : 9,4 pts/m, 40,2% aux tirs, 29,4% à trois points.

2017-2018 : 16,1 pts/m, 47% aux tirs, 39% à trois points.

Mieux encore, à partir du 1er janvier 2018, Ingram tournait en moyenne à 16 pts/m, 5,3 rbs, 4,6 PD, avec 50,5% aux tirs et 45,3% à trois points. Il a également démontré son habilité à jouer les «pick&roll» avec justesse ballon en main, et à provoquer des fautes en pénétration. Sa grande taille, couplée avec une aisance déconcertante au dribble, représente une qualité majeure dans la NBA d’aujourd’hui. Quand on le voit, il est difficile de ne pas le comparer à un joueur comme Kevin Durant (même s'il reste très loin du niveau de l'ailier des Warriors). Avec LeBron James dans son équipe, il sera important pour Ingram de continuer à se montrer agressif ballon en main, et de ne pas devenir spectateur de ce qui se passe sur le terrain. Brandon Ingram est secrètement le joueur le plus important de la saison des Lakers. S’il continue de progresser, Los Angeles peut vraiment faire des dégâts au sein de la conférence Ouest. S’il stagne, ou reste trop en retrait, les Californiens auront certainement plus de difficultés à s’imposer.

Donovan Mitchell - Utah Jazz

Tout le monde sait que ce joueur est une star en devenir. Si ce n’est pas déjà le cas. Ce qu’a réalisé Donovan Mitchell en playoffs l’an dernier face au Thunder au premier tour des playoffs n’est pas à prendre à la légère. Ses 24,4 points/m sur l’ensemble des phases finales étaient la meilleure moyenne de points par match pour un rookie depuis David Robinson en 1990 avec les Spurs. Dans ce premier tour contre OKC, il a clairement remporté son duel contre le MVP en titre, Russell Westbrook, avec notamment 8,3 points en moyenne, et 44,2% aux tirs, dans le 4e quart temps. Défensivement, Mitchell se distingue avec un sens inné du placement et une vélocité rarement vue chez un rookie. Son impact dans le jeu se fait sentir des deux côtés du terrain.

Loin d’être satisfait, Donovan Mitchell a énormément travailler pendant l’intersaison – notamment au côté de Dwyane Wade, avec lequel il est souvent comparé – afin de progresser dans les domaines qui lui permettront de passer à la vitesse supérieure. Ce qui dans son cas veut explicitement dire «superstar de la NBA». L’arrière du Jazz d’Utah doit notamment montrer des signes de progrès dans les pick&rolls, principalement dans sa capacité à lire la défense, et à faire la passe/ou tirer, en fonction des décisions de l’adversaire. Un savoir-faire primordial pour atteindre le prochain palier.

Donovan Mitchell doit également améliorer sa capacité à provoquer des fautes. L’an dernier, il ne tournait en moyenne qu’à 3,8 lancer-francs par match. Si ce chiffre augmente de manière significative, cela lui permettra d’être encore plus redoutable en attaque. 13e choix de la Draft la saison passée, Donovan Mitchell se trouve déjà sur l’autoroute qui mène au sommet de la NBA. La concrétisation de son potentiel - qui n'est probablement qu'une question de temps - devrait permettre à Utah de s’installer durablement parmi l’élite de la ligue dès cette saison, et les suivantes.

Markelle Fultz - Philadeplhie 76ers

Une des histoires les plus étranges de la NBA l’an dernier. Premier choix de la Draft 2017, Markelle Fultz n’aura joué que 14 matches dans une saison de rookie marquée par le dérèglement complet de son tir, à tel point que certains doutaient qu'il puisse corriger le problème. Dès lors, il est compliqué de faire des prédictions sur un joueur qui n’a pratiquement pas foulé les parquets l’an dernier.

Mais Markelle Fultz a manifestement passé son été à travailler sur son jeu, aussi bien son dribble...

... que son tir (il en aurait pris pas moins de 150.000 cet été).

Markelle Fultz a passé sa période estivale en compagnie du célèbre entraîneur Drew Hanlen, un homme qui a bossé avec les plus grandes stars de la NBA. Non seulement ce dernier se montre très confiant sur le fait que le meneur retrouve ses capacités, mais il le voit carrément devenir un All-Star si tout va bien. «S’il est à 100%, je pense qu’il est un All-Star immédiatement. Je sais que c’est osé d'affirmer cela, mais j’ai travaillé avec de nombreux All-Stars. Donc, je pense que cela me donne le droit de le dire», a-t-il expliqué à Evan Daniels lors d’une interview. Et n’oublions pas que Markelle Fultz est également devenu le plus jeune joueur à réaliser un triple-double de l’histoire de la ligue, et ce malgré tous les problèmes traversés la saison passée.

Les fans de Philadelphie sont impatients de voir ce que Markelle Fultz peut apporter à l’équipe. Et à en croire les premiers échos, tout cela paraît très encourageant pour l’avenir du joueur, et de la franchise. Si Joel Embiid, Ben Simmons et Markelle Fultz grandissent ensemble, et parviennent à bâtir une alchimie sur le terrain, les Sixers seront incontournables à l’Est (c'est un peu déjà le cas en même temps).

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