Hakan Sukur, ex-attaquant de la Turquie et opposant d’Erdogan, est devenu chauffeur Uber aux États-Unis

L’ancien buteur de la sélection turque (112 sélections, 51 buts), aujourd’hui âgé de 48 ans, est considéré comme un opposant à Recep Tayyip Erdogan. [PPG / Icon Sport]

Ce n'est pas l'après carrière rêvée. Exilé aux Etats-Unis pour s’être opposé au président de la Turquie à Recep Tayyip Erdogan, Hakan Sukur est devenu chauffeur Uber.

Après s’être vu geler ses avoirs dans son pays natal, l’ancienne gloire du football turc et notamment du club stambouliote de Galatasaray, vit en exil du côté de Washington.

Et pour gagner sa vie, celui qui a inscrit le but le plus rapide de l’histoire de la Coupe du monde (10,8 secondes), en 2002 lors du match pour la 3e place contre la Corée du Sud (victoire 3-2), doit enchaîner les petits boulots. En plus de vendre des livres, il est désormais chauffeur Uber, comme il l’a indiqué au Welt am Sonntag.

Hakan Sukur a également rappelé qu’il avait tenu un café et avait dû être placé sous protection policière car beaucoup de personnes pro-Erdogan seraient venues lui mettre la pression.

Son père a été enfermé

L’ancien buteur de la sélection turque (112 sélections, 51 buts), aujourd’hui âgé de 48 ans, est considéré comme un opposant à Recep Tayyip Erdogan. Et pourtant, il y a quelques années encore les deux hommes étaient dans le même camp.

En 2011, Sukur avait rejoint le parti de l’AKP et était devenu député. Mais sa démission en 2013 n’a pas plu au président. Et tout a commencé à devenir compliqué pour lui et ses proches. «La boutique de ma femme a été visée par des jets de pierre, mes enfants ont été harcelés dans la rue, a-t-il détaillé. J’ai reçu des menaces après chaque déclaration que j’ai faite.»  D’où son départ pour les États-Unis deux ans plus tard.

Mais cela n’a fait qu’empirer la situation. «Quand je suis parti, ils ont enfermé mon père, raconte Hakan Sukur. Et tout ce que j’avais est maintenant confisqué.» Il est aujourd’hui sous le coup d’un mandat d’arrêt en Turquie après avoir participé au coup d’Etat manqué de Fethullah Gülen, en 2016.

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