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Frédéric Lequien, directeur général du FIA WEC : «2024 va être absolument fantastique pour la discipline»

La saison de WEC compte huit étapes dans l'année. [XPB / Icon Sport]

Après une saison 2023 conclue en beauté à Bahreïn début novembre, avec notamment la première victoire des Iron Dames (équipage 100% féminin) en LMGTE, Frédéric Lequien, le patron du WEC, s’est montré particulièrement satisifait au micro de CNEWS. Et il attend avec impatience 2024 qui s’annonce grandiose.

Il y a de quoi être heureux lorsque l’on est directeur général du FIA WEC. Après une saison très passionnante, qui a notamment vu la victoire de Ferrari aux 24 Heures du Mans, le triomphe de Toyota ou encore la victoire des Iron Dames, Frédéric Lequien a fait le bilan de l’année écoulée pour CNEWS. Mais il a aussi évoqué 2024.

Quel bilan faites-vous de de cette saison 2023 ?

C’est un bilan qui est super positif pour plusieurs raisons. C'est la première saison où on accueille une catégorie hypercar, enfin avec des concurrents très prestigieux, je pense notamment à Ferrari. Saison satisfaisante aussi parce que l’on a eu une compétition très serrée. On l'a vu notamment lors de la 4e manche, que sont les 24 heures du Mans, avec la surprise Ferrari. Cela a créé un engouement qu’on n’avait jamais imaginé.

Le championnat du monde d'endurance de la FIA est un championnat qui est très jeune. Il a 10 ans et je pense que la saison 2023 c'est vraiment l'année pour passer dans une autre dimension, notamment médiatique. On a doublé nos audiences télé, on a doublé les engagements de fans sur les sur les réseaux sociaux. Et l’an prochain, on aura 8 constructeurs en catégorie hypercar. Ce n’est jamais arrivé dans l'histoire du sport automobile. C’est unique. L'année prochaine, on va avoir Lamborghini qui nous rejoint, Alpine, BMW… c'est juste un plateau magnifique.

Comment fait-on pour réussir à attirer autant de grands constructeurs ?

Ah ça, c'est une très bonne question. Je pense que tout part d'un bon règlement. On a essayé de simplifier au maximum pour avoir un bon règlement technique. C'est donner la possibilité à des constructeurs automobiles de venir. Montrer ce qu'ils sont capables de faire. L'endurance a toujours été un laboratoire, un laboratoire à ciel ouvert. Il y a un règlement mais qui est peut-être plus strict qu’ailleurs. Alors, c'est un peu technique, mais on a une fenêtre de performance, une puissance maximum, un poids minimum, une fenêtre aérodynamique qui leur laisse pas mal de liberté. Et c'est un règlement qui permet de rentrer dans une compétition majeure, un championnat du monde qui est extrêmement exposé au niveau médiatique.

C’est sûrement l’une des raisons du succès du championnat du monde. Cela étant, il y a aussi une médiatisation qui est de plus en plus de plus en plus grande. Donc on parle souvent d'un fameux retour sur investissement pour les constructeurs, le retour sur investissement pour les constructeurs en championnat du monde endurance, il est très bon. Il est très bon parce qu’au regard de ce qui est consacré comme budget pour participer, et les retombées qu'il y a en face, ça, ça vaut vraiment le coup. C’est un championnat qui se construit, qui devient de plus en plus fort. Il n’y a pas que les 24 h du Mans. Il y aura 8 courses l'année prochaine et on couvre tous les continents. Donc c'est vrai que pour des raisons commerciales, marketing, c'est très intéressant pour eux.

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Frédéric Lequien, Directeur général du FIA WEC - Droits réservés

On peut s’attendre à une saison 2024 historique du coup ?

Au niveau sportif, ça va être absolument fantastique pour la discipline. Les performances se sont extrêmement rapprochées entre les voitures. On va avoir des pilotes un peu plus «connus» qui vont arriver (c’est le cas de Mick Schumacher qui s’est engagé ce mercredi avec Alpine). Je ne dis pas que les pilotes qu'on a, ne sont pas connus mais ce sont des pilotes qui sont très spécialisés dans l'endurance. On aura des pilotes plus accessibles pour le grand public. On aura également plus lisibilité dans le championnat puisque l'année prochaine, il n’y aura que deux catégories. Contre 3 aujourd’hui.

Un championnat qui va devenir plus clair, des grands constructeurs… tout est fait pour que le grand public tombe amoureux du WEC…

Je pense qu’il faut continuer nos efforts. A nous d’être encore plus pédagogue avec les téléspectateurs. On a deux types de fans. Ceux qui connaissent toutes les règles de l'endurance et après il y a les fans de sport en général. Et là je pense qu'on a un potentiel énorme. Enorme parce qu'encore une fois je le dis, je pense qu'on a les plus belles voitures du monde avec les hypercars. Et même les GT sont des voitures qui sont fantastiques. Chaque fan va s'identifier à une marque. Ce qui est beaucoup plus difficile en Formule 1 où vous allez surtout vous identifier à un pilote car les voitures sont toutes les mêmes.

On ne veut pas se comparer à la Formule 1

Est-ce qu’il faut aussi arrêter de comparer WEC et F1 ?

Vous avez complètement raison. Surtout pas. Ce sont deux disciplines qui sont totalement différentes. On n'a pas les mêmes formats, nous, on fait de l'endurance, des courses très longues avec beaucoup de stratégies, des relais, etc. On a 110 pilotes donc c'est plus compliqué de médiatiser 110 pilotes que d'en médiatiser une petite vingtaine comme en Formule 1. Mais on ne veut pas se comparer à la F1. Les chiffres montrent qu'on est le deuxième plus gros championnat du monde de sport automobile. Ça, c'est une réalité. On est très complémentaires. Et ce qui est important finalement, c'est la bonne santé du sport automobile. Après, nous vivons avec notre temps. Toutes les problématiques d’aujourd’hui sont identifiées chez nous. On sait qu'on a un biocarburant au championnat du monde, on a de l'hybridation sur les voitures, la plupart des trajets entre chaque course sont effectuées en bateau et pas en avion. On fait très attention à ça. Donc je pense qu'on envoye un message positif aussi aux fans ou des futurs fans. Voilà la jeunesse d'aujourd'hui.

L’autre point positif, c’est d’attirer de plus en plus de jeunes et des femmes.

Oui, c’est aussi une très grande fierté. Et d’ailleurs lors de la dernière étape de la saison à Bahreïn, ce sont les Iron Dames, l’équipage 100% féminin, qui a remporté la course en LMGTE. Aujourd'hui, on a de plus en plus de jeunes qui viennent voir les courses, on a de plus en plus de familles et de plus en plus de femmes. C’est bien qu’on ne soit pas enfermé dans des stéréotypes. Le sport automobile, ce n’est pas des retraités de 70 ans qui vivent dans le passé. Ce sont aussi des jeunes, des familles, des femmes.

Il ne manque plus qu’une série pour encore plus toucher de monde…

C’était à l’étude… Il y a un potentiel incroyable en Endurance avec de nombreuses histoires. Le fait qu’il y ait 3 pilotes par voiture, ça peut permettre d’avoir énormément de choses à raconter.

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