Le président sortant, Mohammed Ben Sulayem, a été réélu à la tête de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Les élections pour le bureau situé place de la Concorde n'ont pas été de tout repos, puisque la fédération est assignée en justice en février prochain.
Une élection sans surprise. L'Émirati, Mohammed Ben Sulayem, a été reconduit pour un deuxième mandat, à la tête de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Seul candidat, il reprend la direction de l'instance jusqu'à la fin de l'année 2029.
Depuis 2021, l'ancien pilote de rallye avait succédé à l'immense, Jean Todt, qui avait dirigé la FIA pendant 13 ans. Il avait obtenu plus de 62% des suffrages face à Graham Stoker, alors président délégué au sport de la FIA.
Une élection sous haute tension
Depuis plusieurs mois, plusieurs noms se sont pourtant présentés pour prendre la tête de la FIA, Laura Villars, pilote automobile, Virginie Philippot, influenceuse ou encore Tim Mayer, ancien commissaire sportif de la FIA.
Cependant, les trois autres candidats ont vu leur candidature refusée, en raison d'une règle importante du processus électoral. En effet, chaque candidat doit être en mesure de présenter une liste présidentielle composée de membres destinés à occuper les postes cruciaux de la FIA : président du Sénat, vice-président de la mobilité automobile et du tourisme, vide-président chargé du sport mais surtout sept vice-présidents de régions. Or, une seule personne est désignée comme éligible en Amérique du Sud.
Fabiana Ecclestone, seule représentante de l'Amérique du Sud à être éligible, avait déjà promis son soutien à Mohammed Ben Sulayem. Ce qui a rendu la candidature de ce dernier comme la seule légitime, puisque les listes présidentielles des autres candidats auraient été incomplètes.
Laura Villars a donc intenté une action en justice afin de rendre cette élection non légale. Toutefois, le tribunal judiciaire de Paris a refusé la suspension de l'élection, mais a tout de même ordonné la tenue d'un procès. Il se tiendra à partir du 16 février 2026 dans le but d'examiner ce processus électoral.
Un mandat qui fait débat
Outre cette élection unilatérale, la présidence de Mohammed Ben Sulayem ne fait pas l'unanimité. Autant dans le milieu sportif qu'extrasportif. En effet, il avait notamment renforcé les règles et les contrôles liés aux sous-vêtements ignifugés et au port de bijoux lors des courses. Des mesures jugées intrusives par de nombreux pilotes. Lewis Hamilton avait réagi à de multiples reprises, alors qu'il arbore de nombreux bijoux dans le paddock.
Par ailleurs, il avait aussi apporté de nouvelles sanctions, avec notamment des fortes amendes pour les propos grossiers. Les pilotes de Formule 1 et de rallye avaient largement critiqué ces directives. Finalement, il s'était un peu rétracté en diminuant les montants.
S'ajoutent à cela des accusations de corruption. Il lui était reproché d'avoir tenté de faire capoter le Grand Prix de Las Vegas 2023, mais également d'influer sur les résultats du Grand Prix d'Arabie saoudite de la même année. Il avait ensuite été blanchi par le Comité d'éthique de la fédération.
Enfin, il avait aussi divisé dans son camp puisque son vice-président chargé du sport, Robert Reid, avait démissionné en critiquant vivement la gouvernance du président. Il avait notamment évoqué un manque de transparence.
Cependant, les finances de la FIA ont sans doute le bilan le plus favorable. En effet, l'instance automobile est passée d'un déficit de 24 millions d'euros en 2021 à un bénéfice de 4,7 millions d'euros. Une ligne directrice que Mohamed Ben Sulayem souhaite poursuivre sur son prochain mandat.