Mostafa Mohamed, qui a refusé de jouer avec Nantes, et le joueur de Monaco Mohamed Camara ont boycotté à leur manière, ce dimanche, la journée de lutte contre l'homophobie instaurée par la LFP. Seront-ils sanctionnés pour ce choix polémique ?
La journée de lutte contre l’homophobie organisée par la Ligue de football professionnel est-elle à géométrie variable ? Ce dimanche 19 mai, pour la 34e et dernière journée de Ligue 1, Mostafa Mohamed, joueur du FC Nantes, et Mohamed Camara, milieu de terrain de l'AS Monaco, ont boycotté cette action symbolique. Seront-ils sanctionnés pour ce choix discutable ?

Alors que le message officiel de la Ligue était «Dégageons l’homophobie !», que les joueurs et les arbitres ont porté des maillots spéciaux et un logo spécifique (ci-dessus), la liberté laissée à certains joueurs de ne pas participer et de boycotter cette journée soulève des interrogations.
Interrogée sur le sujet, Amélie Oudéa-Castéra a réclamé des sanctions fermes contre les joueurs concernés mais aussi les clubs. «Je trouve que c'est un comportement inadmissible, j'ai pu dire ce que j'en pensais à la LFP hier soir. J'estime qu'un tel comportement doit faire l'objet de sanctions les plus fermes, à la fois contre le joueur mais aussi conre le club qui l'a laissé faire», a déclaré la ministre des Sports, ce lundi, sur RTL.
La LFP a décidé cette saison d'arrêter le flocage arc-en-ciel
Mise en place depuis cinq ans, la journée contre l’homophobie s'est jouée quelques jours après la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie, qui a lieu le 17 mai. Depuis trois ans, les joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2 étaient invités à arborer un maillot avec le numéro floqué en arc-en-ciel. Mais la LFP a décidé cette saison d'arrêter le flocage arc-en-ciel pour ne plus braquer les joueurs et éviter les polémiques des saisons précédentes.
À la place, c’est le badge de la Ligue sur le maillot des joueurs et les drapeaux de corner qui reprendront les couleurs de la communauté LGBTQI+. Mais cela n'a pas empêché de nouvelles polèmiques.
L’an dernier, Mostafa Mohamed avait déjà été sanctionné financièrement par son club. L’argent de l’amende avait été donné «à l'association SOS Homophobie, qui lutte chaque jour contre l'homophobie et qui saura en faire bon usage afin de lutter contre ce fléau», avait indiqué le FC Nantes.
Pas de sanctions officielles prévues
Sur le plan règlementaire, il ne semble pas que le problème ait été envisagé avec sérieux. L’article 2.1.d. du règlement disciplinaire de la Ligue de football professionnel prévoit bien des sanctions contre «tout comportement contraire à la morale, à l’éthique ou portant atteinte à l'honneur, à l’image ou à la considération de la FFF, de la LFP, d’un de leurs dirigeants, d’un assujetti ou d’un tiers, ou, plus généralement, du football français. (…) Tout assujetti, portant une accusation à l’encontre d’un autre assujetti, est susceptible de faire l’objet de poursuites disciplinaires s’il n’apporte, à l’appui, une présomption grave ou un commencement de preuve».
Sauf que le texte sanctionne des actions contre d’autres acteurs du football, ce qui n’est pas forcément le cas ici puisqu’il s’agit d’une action plus générale. La LFP, plutôt embarrassée par le sujet, n’a d’ailleurs pas communiqué de sanctions possibles.
![La LFP a lancé sa campagne de lutte contre l'homophobie. [LFP / Campagne de Lutte contre l'homophobie] La LFP a lancé sa campagne de lutte contre l'homophobie](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/gnxhkayxmaaklaz_664728893d1a4.jpeg?itok=onHG_cGT)