Présent à Paris lors de la soirée de lancement du 50e album Panini, Sonny Anderson, ancien buteur de l’OM, Monaco et Lyon, s’est confié sur ses souvenirs mais aussi le poste d’avant-centre aujourd’hui.
Que représente Panini pour vous ?
Je n’ai pas connu Panini quand j’étais enfant. J’ai découvert à partir de 1993-1994 lorsque j’étais à l’Olympique de Marseille. Les gens voulaient que je signe des vignettes mais moi, je ne comprenais pas trop. C’est à Monaco où j’ai vraiment commencé à comprendre.
Avoir sa vignette à son effigie, c’est une fierté ?
Oui parce que ça reste. J’ai arrêté ma carrière en 2005 mais encore aujourd’hui, on me sort encore des vignettes Panini de l’époque où je jouais à Monaco ou Marseille. Ça reste à vie. C’est une fierté. Ça veut dire qu’on a participé, à un moment ou à un autre, à la vie de ces supporters. Mes enfants ont aussi collectionné, mais ils étaient privilégiés parce qu’ils voulaient l’album complet et que l’on avait les moyens de trouver toutes les vignettes.

Quelle est votre plus belle photo selon vous ?
Je pense que c’était quand j’étais à Monaco en 1994. J’avais coupé mes cheveux, c’était assez court. J’avais bien brossé mes dents. Il y avait celle de Lyon aussi qui était pas mal.
Vous rendez-vous compte des émotions et du spectacle que vous avez offert aux supporters lorsque vous étiez joueur ?
Je remarque aujourd’hui que oui. J’ai arrêté ma carrière en 2005. Les gens se souviennent encore de ce que j’ai fait. Moi, j’ai juste voulu donner du plaisir aux gens en jouant au football. Et je pense que j’ai réussi à le faire. Je n’ai aucun regret quand je repense à ma carrière. Je suis heureux d’avoir accompli ce que j’ai fait en Ligue 1. Je suis fier de ce que j’ai accompli.
L'avenir du poste d'avant-centre est dans les pays de l'Est !
Prenez-vous du plaisir à regarder le football actuel ?
Pas du tout. Je regrette beaucoup de choses dans le football d’aujourd’hui. Je n’arrive pas à avoir les yeux qui pétillent, ni des émotions quand je regarde un match. J’aime regarder, c’est ma passion, c’est mon travail aujourd’hui (il est commentateur, ndlr), mais j’ai du mal à ressortir d’une rencontre en étant bluffé. Je ne parle pas que de la Ligue 1 mais du football en général et même en sélection, notamment le Brésil. Ce n’est pas que le football est devenu triste mais il n’y a pas la joie qu’il y avait avant et les joueurs font moins rêver et ceux qui le font encore vont arrêter. Ce que l’on veut dans le football, c’est faire rêver les gens.
Quel est le problème selon vous ?
Ca vient surtout des émotions qu’un joueur de football peut donner. On a perdu tout ça. Il y a les téléphones, les tablettes… Même au Brésil, les enfants ne jouent plus au football dans la rue. Quand un footballeur parlait de son parcours, il disait souvent qu’il jouait dans la rue, dans les quartiers, étant petit. Aujourd’hui, cela n’existe plus.
Regrettez-vous des joueurs comme Rivaldo, Romario, Ronaldinho… ?
La liste est longue… Aujourd’hui, il n’y a plus que Neymar, Vinicius aussi. Ce sont des joueurs qui sont partis assez tôt du Brésil. Avant, les Brésiliens partaient vers 24-25 ans, maintenant, c’est 17 ans. Il manque des génies.
Le poste d’avant-centre que vous connaissez très bien, est-il menacé ?
L’avenir du poste d’avant-centre est dans les pays de l’Est. Aujourd’hui, dans les grands championnats, quels sont les joueurs qui font la différence ? Gyökeres, Haaland, Sorlot…