Ce jeudi, Luis Rubiales, ancien président de la Fédération espagnole de football, a été condamné à une amende de 10.800 euros pour agression sexuelle en raison du baiser qu’il avait imposé en août 2023 à la joueuse Jenni Hermoso.
Le verdict est tombé. L’ex-patron de la Fédération espagnole de football Luis Rubiales a été condamné ce jeudi à une amende de 10.800 euros pour l’affaire du baiser à Jenni Hermoso après la victoire de l’Espagne lors de la Coupe du monde féminine 2023 en Australie. Il a en revanche été relaxé pour les pressions dont il était accusé d’avoir exercées sur Jenni Hermoso pour étouffer le scandale, comme ses trois co-accusés, l'ex-sélectionneur Jorge Vilda et deux cadres de la Fédération. Ces derniers étaient uniquement poursuivis pour ces faits.
Le parquet avait réclamé deux ans et demi de prison à l'encontre de l'ex-président de la Fédération espagnole de football : un an pour agression sexuelle et un an et demi pour les pressions exercées sur la joueuse pour minimiser la gravité du geste. Le tribunal de l'Audience nationale «a condamné l'ancien président de la RFEF, Luis Rubiales, à 18 mois d'amende, avec un tarif journalier de 20 euros, pour le délit d'agression sexuelle», selon un communiqué consulté par l'AFP.
des pressions subies pour étouffer le scandale
Il lui est également interdit de s'approcher de Jenni Hermoso à moins de 200 mètres et de communiquer avec elle pendant un an. Au terme du procès, la représentante du parquet Marta Durántez Gil avait estimé qu'il n'y avait «aucun doute» sur le caractère non consenti du baiser qu'avait imposé Luis Rubiales à Jenni Hermoso lors de la remise des médailles après le sacre des Espagnoles au Mondial féminin, le 20 août 2023 en Australie.
Érigée en symbole de la lutte contre le sexisme dans le sport, Jenni Hermoso avait d'ailleurs réaffirmé à l'ouverture du procès le 3 février n'avoir jamais donné son consentement et assuré s'être sentie «peu respectée» en tant que femme. La meilleure buteuse de la sélection avait aussi décrit les «innombrables» pressions subies après ce geste pour étouffer le scandale.
Devant le tribunal de l'Audience nationale de San Fernando de Henares, près de Madrid, l'ex-homme fort du foot espagnol avait de son côté campé sur ses positions, se disant «absolument sûr» que Jenni Hermoso avait consenti à ce baiser et niant toute pression. Son avocate Olga Tabau Martínez avait plaidé la relaxe, évoquant une conduite «inappropriée» mais pas «criminelle». Elle avait aussi rejeté toute forme de coercition de sa part, c'est-à-dire toute contrainte par le recours à la force ou aux menaces sur l'attaquante dont il était le supérieur hiérarchique.