Le Marathon des Sables a présenté ses nouveautés ce mardi 18 mars à la Cité Audacieuse de Paris. Un lieu qui n'est pas sans signification pour l'organisation de la course, qui développe en particulier son circuit féminin.
A la Cité Audacieuse (6e arrondissement), Cyril Gauthier, patron du Marathon des Sables, ne pouvait cacher sa fierté au moment de présenter ses différentes championnes mis en avant par sa course. Un modèle d'inclusion et de diversité.
Le Marathon des Sables ne cesse de se moderniser. Sa course principale, aujourd'hui appelée «The Legendary», mesure 252 km de long et met à l'épreuve les athlètes les plus redoutables de la planète. Mais depuis plusieurs années et sous l'impulsion de Cyril Gauthier, la course s'est ouverte à un plus grand public, notamment en proposant des formats plus courts : 70, 100 ou 120 km.
L'un des objectifs les plus importants des organisateurs était de rendre la course attractive pour les femmes, qui représentent 56% des participants sur la distance 120 km. Cyril Gauthier explique pour CNEWS : «J'étais choqué par le faible nombre de femmes présentes. On connait des endroits incroyables dans le désert mais on ne les montre qu’aux gens capables de faire le Legendary avec les six nuits qu'elle comporte. Nos nouvelles courses ont eu un succès immédiat et ont permis de faire connaitre des déserts différents dans le monde». La course ne se cantonne plus de son circuit marocain traditionnel mais propose aussi des courses en Jordanie, en Namibie, au Pérou ou encore en Turquie.
Une course taillée pour la mixité
Une ouverture aux femmes qui est parfaitement racontée par Christelle Gauzet, «finisher» de la plus longue course de 252 km en 2024 : «Il y a beaucoup de limites qui nous sont imposées dès le départ de nos vies, en tant que femmes. On nous dit que ce n’est pas possible. Dans cette course, tout est fait pour qu’au contraire, ce soit un vrai bonheur pour la gente féminine. Les femmes y ont une place évidente, qu’on ne voit que rarement. Pour avoir fait beaucoup de courses dans le monde, ce n’est pas acquis. Tout est organisé et pensé pour que ce soit adapté aux femmes».
Elle reprend : « J'ai 4 enfants, 12 petits enfants et pas beaucoup d’entraînement. En tant que femme, j’ai appris dans les courses et surtout le Marathon des Sables, qu’on possède des ressources insoupçonnées. On peut le faire. Les femmes sont endurantes et notre corps s’adapte parfaitement à l’effort. C’est une expérience extrêmement enrichissante». Elle ponctue son témoignage en expliquant, pleine d'émotion : «Passer une ligne d’arrivée, c’est un rêve qu’on peut penser inaccessible, auquel on n’a plus le droit. Le Marathon des Sables le rend possible».

L'ADN de la course : «faire exploser toutes les barrières et toutes les différences»
Bien plus qu'un effort physique, qui rassemble certains coureurs de renom, il s'agit avant tout d'une aventure humaine laissant à ses participants des souvenirs impérissables. Cyril Gauthier explique : «Le désert épuise, avec le soleil et le niveau de stress mais pour se régénérer on passe par la communication. C’est ce qui permet de tenir. On a envie de dire "il fait trop chaud, il y a trop de vent". Mais l’échange humain permet de traverser tout cela. La course permet de faire exploser toutes les barrières et toutes les différences. On devient ce qu’on aimerait être plus souvent : des humains qui ont envie de partager».
En plus de pouvoir compter sur une excellente ambiance entre les centaines de concurrents (entre 200 et 1.000 chaque année), cet événement sportif peut se targuer de rassembler des personnes d'horizons divers : «On a des gens stressés qui viennent prendre l'air, des PDG à la recherche d'autre chose, des gens passionnés de course, de nature… On a des courses à guichet fermé mais d’une grande diversité. C’est d’autant plus difficile pour nous : il faut répondre à toutes les demandes».
Toujours dans le sens de rendre cette course accessible à un maximum de monde, les équipes de Cyril Gauthier ont réussi à l'ouvrir aux sportifs en fauteuil. Une prouesse dont Caroline Fruchaud, paraplégique et participante au handi Marathon des Sables Maroc, raconte les coulisses : «Quand on est handicapé, ce n’est pas nous qui nous mettons des barrières, c’est la société. Si on nous regardait différemment en centre de rééducation et en commençant notre nouvelle vie, on pourrait changer de mentalité. Ici, au Marathon des Sables, on ne nous a pas posé de question, on nous a simplement aidé. On nous a dit : "Nous la logistique, ça nous connait, vous le handicap, ça cous connait, faisons quelque chose de bien."»
Des fauteuils roulants en haute montagne ?
Les organisateurs ne veulent pas s'arrêter en si bon chemin. Après avoir multiplié les distances et permis aux handicapés de concourir, ils veulent ouvrir une nouvelle épreuve en 2025 : «Marathon des Sables Crazy Loops : pour faire cap sur la très haute montagne. En fait, on veut voir des fauteuils en très haute montagne car tout le monde nous dit de ne pas le faire. On veut donc faire tourner les équipages dans des altitudes élevées. Ils devront faire le maximum de nombre de tours en un temps donné. Cette caravane va tourner 24h/24, jour et nuit. On espère faire la première édition en 2025. L’accueil des stations a été positif».

Un dernier objectif qui rappelle plus que jamais l'un des slogans de l’événement : «Never stop dreaming» («ne jamais s'arrêter de rêver»), comme le rappelle Cyril Gauthier.