Le marché des transferts hivernal ouvre ses portes ce jeudi 1er janvier. Comme pour chaque mercato, l'attention se tournera notamment vers les journalistes spécialisés, dont le plus connu est sans doute l'Italien Fabrizio Romano. Personnage incontournable du ballon rond, il a répondu aux questions de CNEWS.
Here we go ! Comme le veut la tradition, la nouvelle année civile offre l'occasion aux clubs européens de parfaire leur effectif grâce à une fenêtre de mercato de quelques semaines. Fabrizio Romano, véritable «insider» du ballon rond, ne manquera pas de tenir informer ses millions de fans sur les réseaux sociaux. Pour CNEWS, le journaliste italien raconte ses plus beaux souvenirs, son regard sur l'évolution de cette période mais aussi ses attentes pour un mercato qu'il annonce bien agité.
Quel est votre regard sur le mercato hivernal ? Avez vous des attentes particulière, ou un club que vous recommanderiez de suivre par rapport à son activité potentielle ?
Cette fenêtre de transfert hivernale va être très intéressante. Avec la Coupe du monde 2026, on aura des joueurs qui ne jouent pas ou sont en train de perdre leur place en club qui auront peur que cela se répercute en sélection et qui voudront changer d'air, pas forcément en transfert sec, mais potentiellement en prêt. Je ne pense pas à un joueur en particulier mais à un profil global, qui concerne de nombreux footballeurs.
Que pensez-vous de l'évolution du mercato au fil des années ? Pensez-vous qu'il s'agisse de l'une des périodes les plus excitantes pour les fans, de nos jours ?
Oui, les gens sont particulièrement excités et la période est toujours plus populaire. Les fans veulent connaître tous les détails, il y a beaucoup d'attention voire de passion pour les transferts. De plus en plus, les gens s'intéressent à des aspects minimes, comme la nature des bonus, la structure des paiements, les clauses des contrats, etc. Je pense que les réseaux sociaux contribuent beaucoup à cela. Les gens peuvent interagir, en parler entre eux. Ce n'était pas comme ça par le passé.
Certains disent que plusieurs joueurs, agents, ou présidents vous sollicitent directement pour que vous annonciez publiquement certaines choses, tant vous avez une visibilité et un poids dans le monde des transferts.
Personne ne me demande de publier quoi que ce soit. Je partage ce que je veux et non ce que l'on me demande de mettre en ligne. Certains imaginent le monde du football comme une autre planète. Tout ce que je peux confirmer, c'est que des acteurs du football viennent parfois me demander des informations générales sur l'état du marché des transferts. Par exemple un club italien peut me demander s'il est vrai qu'un club espagnol cherche à acheter un gardien, ou si au contraire ils veulent en vendre un. Mais je ne donnerais jamais d'information confidentielle et je ne publierai jamais quelque chose dont je ne suis pas sûr à 100%. Je ne le ferais pas aussi parce que ça tuerait ma réputation.
Vous avez couvert des milliers de transferts. Lequel a constitué votre feuilleton préféré cette année 2025 et dans votre carrière ?
Cette année, j'ai beaucoup aimé couvrir la saga d'Alexander Isak de Newcastle à Liverpool, car après trois mois de rumeurs, que tout se finalise dans les dernières heures du mercato constitue un épilogue fantastique. C'est un transfert record en Premier League, cela concerne l'un des plus grands clubs du monde, c'est l'un des joueurs les plus attractifs du monde... Son ancien club, Newcastle, est aussi une équipe historique, qui n'a pas lâché jusqu'à la toute fin du mercato. C'est unique, d'avoir une telle saga qui se termine aussi tard. Normalement, quand ça dure aussi longtemps, ça se termine début août, pas après.

Plus généralement, j'ai suivi énormément d'histoires majeures ou d'autres avec beaucoup de rebondissements. Ma préférée, celle qui me vient le plus rapidement en tête, est le grand retour de Cristiano Ronaldo à Manchester United. Beaucoup de personnes s'attendaient à ce qu'il revienne à Manchester, mais à City. Je me rappelle de l'excitation des fans, c'était totalement incroyable. Cela reste indéniablement l'un de mes souvenirs forts.
De nombreux exemples montrent que certains clubs ont des difficultés à s'entendre en raison de relations assez froides les uns avec les autres. Cela a été le cas par exemple lors du deal autour de Savinho, entre Manchester City et Tottenham, mais on peut aussi penser au Sporting, qui a négocié âprement avec Arsenal pour Viktor Gyökeres. Certains clubs ont-ils acquis une réputation dans le monde des négociations ?
Pour Savinho, c'est vrai, en partie. Les relations entre Manchester City et Tottenham ne sont effectivement pas les meilleures dans le monde du football, mais en même temps, les deux clubs étaient bel et bien impliqués dans des discussions, pendant 2 à 3 semaines. Manchester City n'a pas fermé la porte en disant à Tottenham qu'ils ne voulaient pas les entendre. Manchester City n'a juste pas voulu vendre le joueur et a fait confiance à Savinho. Ils ont jugé que le prix n'était pas suffisant.

Plus globalement, je ne pense pas qu'il y ait de réputation des clubs dans le monde des transferts. Il n'existe pas de club mal vu en matière de négociation, juste certaines équipes qui négocient avec force et d'autres qui sont plus ouvertes. Ce sont aussi des points de vue subjectifs : peut-être que le Sporting peut paraître très dur en affaire pour Arsenal et beaucoup plus facile à manœuvrer pour d'autres.
Plusieurs médias ont affirmé que vous aviez connaissance du transfert de Luuk de Jong (Pays-Bas) à Porto, mais que vous avez accepté de ne rien dire pour garder la surprise. Cette information est-elle vraie ?
Non, cette information est fausse ! Je ne savais rien de cette saga et ces faux propos rapportés des réseaux sociaux montrent qu'on peut tout trouver sur internet. Mais je félicite Porto pour ce joli coup. Quelques jours après, Porto voulait une nouvelle fois créer la surprise en s'offrant Pablo Rosario, mais j'ai eu l'exclusivité sur ce dossier. Ils m'ont envoyé plusieurs messages pour me dire "félicitations, cette fois tu nous as eu !"
🗣️ | Fabrizio Romano on Luuk De Jong’s surprising move to Porto:
"I knew about it but I didn’t say anything out of respect." pic.twitter.com/0dUhqjIMbF— Just Bizarre Tactics (@JBTFooty) August 3, 2025
Je ne sais pas pourquoi cela surprend tant de gens quand je ne suis pas au courant des transferts. Chaque jour pendant les mercato, il y a des centaines de transferts pour lesquels je n'ai aucune information. C'est un compliment de voir à quel point les gens s'attendent à ce que je sache tout sur toutes les affaires conclues entre les clubs. Tous les jours, il peut y avoir Boca Junior, Anderlecht, l'Ajax ou encore Porto qui signe ses joueurs sans que je n'en sache rien. J'espère couvrir un maximum de transferts.
Que pensez-vous des personnes qui affirment que la période des transferts était plus agréable à suivre dans le passé ? Aujourd'hui, on suit le développement des négociations, des rumeurs naissantes aux détails des contrats signés, alors qu'avant on pouvait avoir un réel élément de surprise.
Je sais que de nombreux fans aimeraient revenir au temps où ils apprenaient les transferts à la dernière seconde. Mais je dis toujours que le journalisme spécialisé dans les transferts a existé avant moi et existera après moi. Ce n'est pas ma responsabilité. J'essaye juste d'être le meilleur possible. Je ne peux pas payer le prix d'être bon dans ce que je fais.
Je ne suis pas le problème. Si demain, je décidais d'arrêter ce que je fais, tous les autres journalistes poursuivraient, comme ils l'ont fait avant moi, encore une fois. Si cela était possible de revenir à la situation telle qu'elle était avant que le journalisme soit ce qu'il est, j'en serais ravi. Personnellement, j'ai déjà fais tout ce que je souhaitais faire dans le football. J'ai réalisé mes rêves. Je suis très content de ce que j'ai déjà fait. Je pourrais aisément arrêter là. Mais je n'ai aucune responsabilité sur la trajectoire qu'a pris le football à ce niveau.
Quand le marché des transferts ferme ses portes, comment vous montrez vous actif ? D'où viennent les histoires que vous partagez ?
Ceux qui me suivent sur les réseaux savent que je reste très actif même en dehors des périodes de marché des transferts. Je couvre les matchs, les conférences de presse, les négociations de contrat, les blessures... Tout ce qui tourne autour de la vie des joueurs et des clubs. Je dois aussi beaucoup voyager, pour voir des matchs, rencontrer certains des acteurs du football, étoffer encore mon réseau... J'essaye de rester dans le coup ! Le fait de me rendre sur place me permet de rencontrer les gens en personne, ce qui est un élément essentiel de mon métier. C'est de là que je puise mes informations et la qualité de mes sources.
Aviez-vous des informations au sujet du Ballon d'Or, remporté par Ousmane Dembélé, par exemple ?
Non, je n'avais aucune information en avance à ce sujet, je l'ai découvert comme tout le monde, en direct. De ce que je sais, les joueurs eux-même n'avaient aucune information non plus, ils attendaient tout comme moi et c'est en partie pour cette raison que les favoris étaient présents le jour de la cérémonie.