À 17 ans à peine, Moïse Kouamé foule pour la première fois la terre du Masters 1000 de Monte-Carlo. Lors du Media Day, le jeune Français s’est confié sur ses débuts prometteurs et son apprentissage au plus haut niveau.
Il y a quelque chose d'assez vertigineux à observer Moïse Kouamé déambuler dans les allées du Monte-Carlo Country Club. À 17 ans, le jeune Français s'est illustré en ce début d'année 2026 en devenant le premier joueur né en 2009 à atteindre les demi-finales d'un tournoi Challenger, à Lille.
Depuis, la machine s'est emballée. Vainqueur de son premier match en Masters 1000 à Miami Univers Tennis, il débarque sur la Côte d'Azur avec dans ses bagages quelques certitudes neuves et une curiosité vorace. Samedi, lors du Media Day, il a dévoilé, avec une maturité déconcertante pour son âge, la philosophie qui l'anime.
«Ça ne va jamais trop vite»
La question était presque naturelle, tant la trajectoire du garçon défie le calendrier normal d'une carrière. Est-ce que tout va trop vite ? Moïse Kouamé n'a pas hésité une seconde. «Non, ça ne va jamais trop vite, je pense. Maintenant, il faut s'adapter. Bien sûr, c'est l'expérience que j'engrange. Je vais commencer à me préparer parce que je sais que ça va être ça les 10-15 prochaines années de ma carrière».
Derrière la sérénité apparente, on devine le travail d'un jeune homme qui ne se laisse pas griser. Il reconnaît volontiers que le début d'année a été bon : «j'ai bien joué», mais refuse d'en faire une arrivée. C'est en marcheur avisé qu'il avance, conscient que la route est longue et que chaque tournoi est une nouvelle page blanche. «Je suis encore en apprentissage, bien sûr. Le jour où je ne serai plus en apprentissage, ça voudra dire que j'aurai arrêté ma carrière, simplement. Il faut apprendre, engranger l'expérience et voir pour se perfectionner.»
Une phrase d'une désarmante lucidité dans la bouche d'un adolescent. Comme si Kouamé avait déjà compris ce que certains mettent des années à intégrer : que la curiosité intellectuelle et la faim d'apprendre sont les seuls carburants durables d'une carrière au sommet.
Un mentor nommé Gasquet
Au premier tour, Moïse Kouamé affrontera un autre Français : Ugo Humbert. Un duel tricolore pour un baptême monégasque. Pour y être prêt, le jeune talent peut compter sur un guide de choix : son entraîneur Richard Gasquet, qu'il a évoqué avec une admiration non feinte. «Il m'apporte beaucoup. Tout ce que vous pouvez penser, il me l'apporte. Il essaie de faire le maximum pour moi. Pour l'instant, c'est une super collaboration. C'est un coach complet : technique, mental, physique… tout ce qu'il peut, il l'apporte.»
João Fonseca and Moise Kouame in Monte Carlo.
19 years old & 17 years old.
A little look at the future. ❤️
🇧🇷🇫🇷 pic.twitter.com/onK7tolKWv— The Tennis Letter (@TheTennisLetter) April 4, 2026
Le choix n'est pas anodin. Richard Gasquet, lui-même précoce, a connu le circuit à 15 ans et connaît mieux que quiconque les pièges et les vertiges d'une ascension trop rapide. Il sait ce que coûte le poids des étiquettes, la pression des comparaisons. Et il sait aussi, intimement, ce que représente Monte-Carlo.
Préparation spécifique à Monte-Carlo
«Mon équipe essaie que je sois le mieux préparé possible, surtout en venant sur ces tournois comme Miami, Montpellier, ici. Je vais surtout essayer de faire ma propre expérience et ne pas me baser uniquement sur ce qu'il a fait, qui était quand même énorme. Je vais venir avec mes propres convictions, mes propres regards et essayer de faire le mieux possible.» Hériter d'un héritage sans en être l'esclave, voilà peut-être la première leçon que Gasquet lui aura transmise.
Et le gamin de terminer : «Monaco a toujours été l'un de mes tournois préférés. Le cadre est juste magnifique. Mais bon, sur le terrain, on ne parle plus de cadre : on parle surtout du mindset, du fighting spirit, et voilà, c'est ce que je vais essayer d'incorporer dans mon jeu». Cette capacité à dissocier l'émotion du spectateur de la concentration du compétiteur dit beaucoup sur la nature de ce joueur. Il n'est pas venu se promener sur les hauteurs du Rocher.