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Paris-Roubaix : dans l’ombre des coureurs, «les paveurs» veillent sur l’Enfer du Nord tout au long de l’année

«En novembre, avec les camions de betteraves de 35 tonnes et l’humidité, ça abîme beaucoup les pavés», a déploré le paveur de l’association les Amis de Paris-Roubaix. [Anne-Christine POUJOULAT / AFP]

Quelques jours avant le départ de l’Enfer du Nord qui se tient ce dimanche 12 avril, CNEWS a pu rencontrer les paveurs de l’association Les Amis de Paris-Roubaix. Ces bénévoles œuvrent dans l’ombre pour préparer les mythiques secteurs qui ont fait la légende de la course.

Ce dimanche 12 avril, les meilleurs coureurs de la planète vont s’élancer sur les pavés de Paris-Roubaix. Mais avant le départ du troisième monument de la saison, une mission doit s’organiser dans l’ombre tout au long de l’année : celle des bénévoles de l’association Les Amis de Paris-Roubaix, chargés d’entretenir ces chemins mythiques. 

Ce mardi 7 avril, à quelques jours de la course, CNEWS a pu rencontrer l’un de ces paveurs.

«Nous, on fait une reconnaissance du parcours en début d’année. On a inventorié environ 70 km de secteurs possibles, même si la course en utilise un peu plus de 50», a confié le paveur. L’objectif de ces derniers est d’identifier les défauts et de planifier les travaux. «Cette année, on a recensé 320 nids-de-poule. Mais on ne peut pas tout faire d’un coup», a confié le sexagénaire.

Les interventions s’organisent ensuite au fil de l’année, à raison d’une quinzaine de sessions. «On travaille deux jours par mois, sauf en hiver et en été. On est une dizaine, mais sur chaque chantier on est plutôt 7 ou 8», a expliqué le paveur, à la retraite.

Un travail minutieux

Le travail est minutieux, presque artisanal. «On décaisse le sable, on refait un mélange avec le sable, des cailloux et un peu de ciment, puis on remet les pavés à niveau», a rapporté le paveur avec sa technique particulière. «Ici, aucun pavé n’est pareil. Il faut avoir l’œil pour que le dessus soit à peu près régulier», a confié le retraité.

Car entre les passages de poids lourds et les intempéries, les secteurs se dégradent vite. «En novembre, avec les camions de betteraves de 35 tonnes et l’humidité, ça abîme beaucoup les pavés», a déploré le paveur de l’association les Amis de Paris-Roubaix.

Au-delà de la technicité, c’est une passion qui anime ces bénévoles, souvent retraités. «On vient de tous horizons. Mais on apprend entre nous», a confié le bénévole. Et la fierté est bien réelle. «À partir de décembre, on voit passer les équipes, et tout le monde nous remercie. C’est gratifiant», a avoué le paveur.

Ancien cycliste amateur, il ne cache pas son attachement à la course. «S’il n’y a plus de pavés, il n’y a plus de course. C’est la fierté du Nord», a déclaré le retraité. Un engagement discret, mais essentiel pour que, chaque printemps, la légende de Paris-Roubaix continue de s’écrire.

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