A l'occasion du renouvellement du partenariat historique de plus de 50 ans entre BNP Paribas et Roland-Garros ce dimanche 24 mai, Jo-Wilfried Tsonga s’est confié à CNEWS. Le forfait d’Arthur Fils, l’évidence Sinner, la surprise Jodar… Le Français s’est livré sans filtre sur cette édition 2026.
Le numéro 1 tricolore Arthur Fils a annoncé son forfait, évoquant une alerte à la hanche. Quelle est votre réaction ?
Arthur (Fils, ndlr) fait partie de ces joueurs qui désormais peuvent viser tout en haut. Quand on a l'ambition de viser tout en haut, on ne se présente pas forcément dans un tournoi déjà diminué ou déjà blessé ou en sachant qu’on ne va pas aller jusqu'au bout. C’était la plus sage des décisions aujourd'hui. Et ça fait partie aussi de l'héritage.
Ça fait partie de l’apprentissage. On a tous fait la bêtise parfois sous la pression de l'environnement, d'aller jouer alors qu'on a un peu mal. Il n’a que 21 ans, il a encore peut-être une quinzaine de Roland-Garros devant lui. Et le but pour un joueur comme Arthur, c'est vraiment d'arriver dans ce tournoi avec l'ambition d'aller au bout.
Le tournoi a-t-il perdu un peu de son intérêt avec le forfait de Carlos Alcaraz et celui d'Arthur Fils ?
Moi je crois que c'est manquer énormément de respect à tous les autres joueurs. Évidemment, Arthur (Fils ndlr), c'était notre tête d'affiche française sur ce tableau masculin, c'est une certitude. Mais il y a d'autres joueurs qui peuvent aussi aller loin dans ce tournoi. Et Carlos, évidemment au niveau international, qui est le champion en titre, qui a fait un match extraordinaire contre Jannik Sinner l'année dernière en finale... On aurait voulu une revanche, on aurait adoré ça.
Maintenant, ça fait partie de notre sport. Et je crois que notre sport, justement, il est beau parce que les émotions sont toujours là. Qu'il y ait les meilleurs ou qu'il n'y ait pas les meilleurs, les émotions sont là. On l'a vu avec les joueurs de ma génération, où on avait des Federer, des Nadal, et on se disait : «Voilà, le tennis aura moins d'intérêt sans eux».
Et finalement, on se rend compte qu'il y a de plus en plus de gens qui suivent le tennis. Regardez ne serait-ce que la semaine de qualifications à Roland-Garros. Il y a de plus en plus d'engouement pour le tennis.
Qui peut embêter Jannik Sinner dans sa quête de son premier Roland-Garros ?
C'est vrai qu'on voit difficilement qui pourrait venir l'inquiéter. Après le tennis, ça reste le tennis. C'est un sport individuel dans lequel il peut tout se passer. On peut avoir une douleur un matin, on peut être malade, on peut se lever du mauvais pied. Autant de raisons pour lesquelles aujourd'hui l'issue du tournoi reste indécise. D’autant que si on vient voir du tennis, c'est pour voir aussi des surprises.
Mais c’est vrai que Jannik Sinner domine les débats depuis un petit moment maintenant. Il ne pas oublier un Alexander Zverev qui aujourd'hui fait quand même toujours partie des demi-finalistes, voire des finalistes de ce tournoi. Quand il s’aligne, il joue extrêmement bien. Mais d’autres joueurs sont aussi susceptibles de lui rendre l’appareil.
En parlant de surprise, qui voyez-vous créer la sensation cette année ?
Bien sûr, je crois que Rafael Jodar fait partie évidemment de ces jeunes qu'on va scruter. Voir comment il se comporte en Grand Chelem après un début de saison canon sur terre. S’il gagne ses premiers tours, il va commencer à être très dangereux. Bien sûr, il est encore jeune, et sur un format en trois sets gagnants, ça va être dur.
On a vu des joueurs comme Rafael Nadal, qui, lors de leur première participation à Roland-Garros, l’ont remporté.
Que représente pour toi la reconduction de ce contrat de Roland-Garros et ce monstre qu'est BNP ?
Ca représente beaucoup de choses, ça veut déjà dire que le tennis garde sa superbe. Et puis la promesse que dans l'avenir Roland-Garros va continuer à briller. BNP, j'ai envie de dire que c'est bien plus vieux que moi, entre guillemets.
Quand j'étais petit, déjà quand je gagnais des tournois près de chez moi, j'avais la chance de pouvoir ouvrir un petit compte. Ça a commencé là.