Rencontrée en marge de la Coupe du monde de VTT de descente disputée à Loudenvielle-Peyragudes, dans les Pyrénées, la Française Myriam Nicole s'est confiée à CNEWS sur les coulisses d'une discipline aussi spectaculaire qu'exigeante.
Myriam Nicole, 36 ans, est l'une des figures les plus emblématiques du VTT de descente dans le monde. Championne du monde en 2022, multiple victoires en Coupe du monde, la Française roule sous les couleurs de l'équipe Commencal et s'entraîne au quotidien avec l'une des structures les plus professionnelles du circuit.
À Loudenvielle-Peyragudes, dans les Pyrénées, elle disputait une nouvelle manche d'une Coupe du monde qui l'a emmenée aux quatre coins du globe. Sur une piste rocailleuse, poussiéreuse, creusée par la chaleur, elle a dû composer avec des conditions physiques difficiles.
On vous imagine dévaler les pentes à toute vitesse en mode kamikaze. C'est vraiment comme ça que ça se passe ?
Non, pas du tout. La descente, c'est un sport bien plus réfléchi qu'il n'y paraît. On s'entraîne vraiment tous les jours, on fait des camps tous les mois où on va faire du testing. Et en fait, quand on arrive sur une course, c'est vraiment comme une répétition. On connaît vraiment chaque caillou, chaque racine. On a 22 personnes dans l'équipe. Par exemple, là, la piste s'est détériorée énormément ce week-end, il y avait des trous qui se formaient au mauvais endroit, j'ai dû essayer de nouvelles trajectoires. Il n'y a rien qui est laissé au hasard.
Comment vous préparez-vous mentalement avant de vous élancer ?
On s'entraîne à faire le vide, à faire les chronos. C'est vraiment de se concentrer sur ce qu'on sait faire, de cibler les passages dangereux où il faut doser, mais rester sur la limite. La sécurité passe aussi beaucoup par le travail sur le vélo. On fait du gros développement pour que le vélo arrive à absorber les chocs, les racines. C'est ce qu'on recherche : un réglage qui nous permette d'être en sécurité sur la piste. Et quand on arrive en course, parce qu'on s'est entraîné à faire le vide, on arrive à le faire vraiment. Ce week-end à Loudenvielle-Peyragudes, la chaleur a été un facteur compliquant.
Comment vous l'avez gérée ?
C'est vraiment la difficulté du week-end. La chaleur, ça endort, ça fait les jambes lourdes. J’ai pu être vraiment être au bout du rouleau durant mon week-end. J'ai adapté mon échauffement, j'ai sérieusement réduit mon volume d'entraînement à cinq descentes seulement, ce qui est très rare pour moi, pour me reposer toute l'après-midi et faire du jus. Et j'ai serré les dents. Heureusement, c'est une piste que je connais bien, on vient y faire des camps d'entraînement, donc si ça devait tomber un week-end difficile, c'était le bon. Vous êtes tombée à l'entraînement.
Comment on se remet dans le bon état d'esprit après une chute ?
On est toujours dans de la performance. Donc si jamais il y a une chute, notre travail est de mettre toutes les actions possibles en place pour pouvoir se relever le plus vite possible. Et puis, courir en France, ça aide vraiment. Hier, j'étais au bout du rouleau, et d'avoir mon neveu, ma nièce, les gens que j'aime autour de moi, ça réchauffe le cœur et ça fait du bien. Ça permet de penser à autre chose, de ne pas être focalisée que sur la course. C'est aussi ça qui nous permet de repartir.