Daphné Bürki : "être pédagogue et divertir" avec "Le Tube"

Daphné Bürki. [Philippe Mazzoni-Canal+]

La télévision, c’est sa passion. Depuis un an, Daphné Bürki met sa bonne humeur au service de l’émission Le Tube, un magazine sur l’actualité des médias où information et décontraction sont les maîtres-mots.

 

Comment se déroule le lancement de cette 2e saison ?

Bien. Enfin, je trouve (rires). On ne savait pas trop à quoi s’attendre la première année. On est parti de zéro, la page blanche, mais ça s’est bien passé. Et forcément, on sait qu’on est attendu sur cette 2e saison. Du moins par ceux qui nous suivent. Alors on se met un peu la pression, mais c’est très agréable. J’ai la chance d’avoir une équipe que j’ai choisie et qui est formidable. On se creuse pas mal la tête. L’émission étant hebdomadaire, l’objectif est de trouver des histoires qu’on ne raconte pas ailleurs, ou de les raconter différemment, et cela demande pas mal de travail. Mais on prend beaucoup de plaisir. Donc ce début d’année est plutôt agréable.

 

Comment prépare-t-on une émission de télévision qui parle… de télévision ?

Je me demande juste ce que j’ai envie de regarder le samedi matin après une semaine bien chargée. J’ai toujours été dans des quotidiennes très "speed" car il faut commenter l’info du jour, recevoir l’invité du moment, etc… Là je peux prendre un peu de recul et raconter des trajectoires. Et c’est ça qui m’intéresse. C’est ce que je préfère dans Le Tube pour le moment. Et puis j’aime bien raconter, la plupart du temps, des réussites, ou du moins des parcours qui inspirent. Et ça aussi, ça n’arrive plus beaucoup. Il y a énormément de "bashing" à l’heure actuelle, ou d’infos "buzz", des "clashs". Nous, on se dit, "ok, y’a un ‘clash’ mais on va vous expliquer pourquoi. Et peut-être que les deux parties ont leurs raisons". C’est ça qui me plaît.

 

Cherchez-vous à transmettre quelque chose en particulier aux téléspectateurs ?

Nos téléspectateurs sont très avertis. Je pense. Bienvenue aux nouveaux d’ailleurs ! (rires) J’essaie d’être pédagogue, de divertir un peu, de les faire voyager aussi. On part beaucoup à l’étranger pour rencontrer les bonnes personnes. On sort beaucoup de la rédaction, on est toujours en mouvement. Mais sinon, je n’ai rien de particulier à transmettre aux téléspectateurs si ce n’est tenter de leur faire passer un bon moment. Et éventuellement que le soir dans un dîner ils disent "dis donc, dans Le Tube, j’ai appris ça". Voilà.

 

Est-ce particulier d’interviewer d’autres animateurs ?

On m’a beaucoup posée la question. Comme si je pouvais éprouver une gêne. Cela va paraître un peu bête, mais je ne viens pas de ce métier-là. Vraiment pas. Je suis dessinatrice (elle a fait les beaux-arts et a été styliste chez Dior, ndlr). Pour moi, chaque année dans ce métier a été du bonus. Je suis tombée dans de bonnes rédactions. Mais je parlais de culture, de tendances. Donc, non, cela ne me dérange pas du tout d’être face à un autre animateur.

Et c’est même un avantage pour moi car ils ne peuvent pas trop me "pipoter". Droit dans les yeux, je les grille tout de suite s’ils me disent des bobards. Ce qui n’est pas encore trop arrivé dans Le Tube. Après, il peut y avoir de la réserve. Ce que je peux comprendre aussi parce qu’on n’est pas obligé de tout étaler. Moi, je trouve que c’est un avantage pour moi. J’ai connu les petites émissions en quotidienne, le service public, les programmes très médiatisés comme Le Grand Journal, etc. Je ne dis pas que je suis rodée, mais je commence un peu à voir comment ça fonctionne. C’est un atout pour moi.

 

 

Vous apportez un œil différent sur la profession…

J’ai un invité "média", et j’aime bien re-raconter leur histoire parce que, ceux qui viennent dans Le Tube jusqu’à présent, sont des personnes dont j’ai admiré le travail à un moment donné, ou en tout cas, j’ai trouvé qu’ils ont fait quelque chose de nouveau, d’inédit, donc c’est assez motivant. Avec Le Tube, on m’a demandé de faire un magazine "média", et ce mot est tellement large à l’heure actuelle que je peux vraiment parler de ma génération. Je peux aussi bien faire des sujets sur internet, que sur la télé, la presse écrite, etc. Donc pour l’instant, je n’étouffe pas.

 

Et puis la télévision n’a jamais été aussi tendance qu’aujourd’hui, grâce aux séries notamment qui attirent aujourd’hui les plus grands réalisateurs et acteurs par exemple.

Il se passe quelque chose. On dit que la télévision est dépassée. Moi, je ne le crois pas du tout. C’est un média qui a encore de très longues années devant lui. Et il est très complémentaire avec Internet.

 

Justement, comment voyez-vous l’avenir de la télévision ? Je note au passage que le patron de Netflix prédit sa disparition…

Il a tout intérêt à dire ça (rires). Mais non, et il y a des études qui le disent. C’est bien ou pas bien, je ne sais pas, mais on consomme toujours plus d’images dans la journée et on aime ça, les écrans. Cela fait partie de nos vies. Je ne sais pas si je suis représentative mais je peux regarder un ‘replay’, traîner sur Internet, et l’instant d’après, je vais regarder une émission à la télé. Il y a énormément de créativité en télévision. Et je crois que cela continuera.

 

Êtes-vous une grande consommatrice de télévision ?

Oui, depuis toujours. J’adore ça.

 

Votre programme préféré ?

En ce moment – et on va dire que je suis ‘corporate’ – mais c’est vrai que je ne loupe pas Le Petit Journal. Cela fait partie des rendez-vous que j’aime bien, ça me parle, ça me correspond. J’aime bien.

 

Celui qui fout la honte ?

J’adorais regarder Fashion Police (diffusée sur la chaîne américaine E!), en ‘loucedé’ le vendredi soir, ou en replay, avec Joan Rivers… qui est décédée, et je trouve cela triste. Elle fait partie des stars qui m’ont impressionné parce que, si elle a fait des tas de conneries et dit des tas de bêtises, elle a une destinée hors du commun et elle a fait beaucoup de chose pour les femmes. C’est la première nana à avoir fait du stand-up aux États-Unis, elle a eu une carrière en dent de scie mais elle a tout fait. Et elle s’est toujours relevée. Moi, elle m’impressionne. J’aime beaucoup ces personnalités – comme Yann (Barthès) – qui te donne tout, qui en rigole, qui s’amuse et en même temps, tu sais que l’info est la bonne.

 

Celui qui pourrait surprendre les lecteurs ?

Thé ou Café sur France 2, le samedi matin, avec Catherine Ceylac. J’aime bien cette émission, j’aime bien cette femme. Je crois que j’aime bien regarder les femmes à la télévision. Et j’apprécie ce petit moment.

 

Le programme phare de votre enfance, c’était … 

Les Nuls.

 

D’autres projets sur Canal+ ?

En ce moment à Canal +, on est tous focalisé sur les 30 ans de la chaîne. On est tous en train de préparer des ‘émissions surprises’. Je ne vous en dirais pas plus. Et Le Tube me prend beaucoup de temps. On a une toute petite équipe, il n’y a pas vraiment de hiérarchie, donc cela me prend énormément de temps et j’aime bien faire les choses. Donc je reste très concentré sur ce petit bébé qui est encore jeune.

 

Le Tube (invité du 11 octobre : David Pujadas), tous les samedis à 12h45 sur Canal +

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