La proviseure d'un collège à Nice (Alpes-Maritimes) a été frappée par la mère d’un élève le 16 octobre dernier, après avoir demandé aux automobilistes de laisser passer des élèves sur le passage piéton aux abords de l’établissement.
Une simple mesure de sécurité a viré à un déchaînement de violence. À Nice (Alpes-Maritimes), le 16 octobre dernier, la principale du collège Henri-Matisse a été giflée par la mère d’un élève après avoir demandé aux automobilistes de laisser les adolescents traverser la route.
«Le véhicule a voulu forcer le passage et lorsque la proviseure s'est interposée et a réprimandé la conductrice, celle-ci est descendue et l'a immédiatement frappé au visage en portant une gifle devant les élèves de son établissement», a expliqué Jean-Luc Bragata, délégué du syndicat Alliance police nationale.
Le lendemain, les professeurs de cet établissement de 1.000 élèves ont décidé d'interrompre les cours pendant une heure pour manifester leur solidarité envers leur collègue et exprimer leurs préoccupations face à l'augmentation générale de la violence envers le corps éducatif.
«On a mis tous les élèves dans la cour, on leur a expliqué qu’il y avait un climat de violence intolérable, que ce soit dans l’établissement ou aux abords. On voulait qu’ils s’en rendent compte», a raconté un enseignant.
Victime de cyberharcèlement
La principale, qui ne s’est pas rendue sur son lieu de travail, a déposé plainte. Le procureur de la République a été saisi et une enquête ouverte pour «violence sur personnes dépositaires de l'autorité publique».
Cependant, lors de son retour sur son lieu de travail, la principale est rapidement devenue la cible de cyberharcèlement après la diffusion d'une vidéo dans laquelle elle apparaît à visage découvert lors du contrôle de deux jeunes devant le collège début novembre.
Après avoir reçu de nombreuses menaces, elle a été mise en arrêt maladie et se trouve désormais sous placée «protection fonctionnelle», un dispositif permettant à une collectivité publique de protéger ses agents confrontés à des menaces ou des violences dans l'exercice de leurs fonctions.
«Je veux dire mon soutien à la principale du collège Henri Matisse à Nice [...] qui a ensuite fait l’objet de harcèlement via les réseaux sociaux. Elle est en arrêt depuis ces faits. Des plaintes ont été déposées et j’espère que des sanctions sévères seront prises», a écrit le maire Christian Estrosi sur les réseaux sociaux, ajoutant être «aux côtés de la communauté éducative face à ces actes inadmissibles».
Je veux dire mon soutien à la principale du collège Henri Matisse à Nice qui a été violemment frappée par un parent d’élève avant les vacances de la Toussaint et qui a ensuite fait l’objet de harcèlement via les réseaux sociaux. Elle est en arrêt depuis ces faits. ⁰Des plaintes…
— Christian Estrosi (@cestrosi) November 24, 2025
Certains élus du département ont exhorté le gouvernement à trouver des solutions concernant la pression constante mise sur le corps enseignant. «Ils doivent assurer et surveiller en permanence la sécurité des collégiens, la sécurité dans la cour, la sécurité aux entrées, la sécurité sur la périphérie des établissements», a expliqué David Clares, conseiller départemental (Horizons) des Alpes-Maritimes.