Des habitants ont manifesté, ce samedi 29 novembre, à Béziers (Hérault) contre l’installation d’une crèche de Noël dans l’enceinte de la mairie, estimant une violation de la laïcité.
Elle vient rallumer la bataille de la laïcité. En marge de l'inauguration d'une crèche de Noël, samedi 29 novembre, dans la cour de l’Hôtel de ville de Béziers (Hérault), une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés dans la rue, à l'appel de la Ligue des droits de l’Homme, afin de dénoncer «une atteinte au principe de laïcité et à l'obligation de neutralité du service public».
De son côté, le maire Robert Ménard s'est défendu en évoquant un «un symbole culturelle qui réunit les Biterrois». «C'est la France qu'on aime ! On rêve d'une France où on arrive à se parler, à vivre ensemble, et puis, vous avez un certain nombre de gens qui hurlaient au loin, qui au fond ne rêvent que d'affrontements, de monter les uns contre les autre. Ils sont tout ce que je n'aime pas, ce que nous n'aimons pas», a-t-il déclaré.
L'édile condamné à huit reprises
L'élu est notamment soutenu par de nombreux habitants, dont une qui confiait au micro de CNEWS : «C'est ce que j'ai vécu étant toute petite donc j'espère que ca va perdurer». «C'est merveilleux, ca représente vraiment la France», ajoutait une autre, tandis qu'un troisième estimait que «les traditions sont les traditions, et qu'il faut les respecter». «Tous ceux qui ont sifflé n'ont rien compris», a-t-il ajouté.
Il s'agit de la onzième année que la mairie installe une crèche de Noël, malgré son interdiction dans les bâtiments publics prononcée par le Conseil d'État en 2016, excepté en cas de caractère culturel, artistique ou festif. Le maire a été condamné huit fois depuis son élection.
En février dernier, la ville de Beaucaire (Gard) avait été condamnée à payer plus de 120.000 euros d’amende après son refus de retirer une crèche de Noël installée dans sa mairie. La Ligue des Droits de l’Homme de Beaucaire, à l’origine des poursuites, avait salué cette décision de justice.
«Si elle pouvait empêcher une fois pour toutes les mairies de tricher avec la loi de 1905, ce serait parfait», avait alors expliqué Francis Labbe, membre de la Ligue des Droits de l’Homme locale, à l’AFP.