Alors que plusieurs pays «non-belligérants» se sont réunis vendredi lors d'une conférence organisée par Londres et Paris pour sécuriser le détroit d'Ormuz, quels sont les moyens des pays européens pour déminer ce passage stratégique ?
Une douzaine de pays ont proposé ce vendredi «la mise en place d'une mission neutre, bien distincte des belligérants, afin d'accompagner et de sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe», a annoncé Emmanuel Macron à l’issue d’une conférence qu’il a organisé avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, à l’Élysée.
En effet, le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran ayant provoqué une crise économique majeure, a poussé le monde entier à réagir, d’autant plus que les Iraniens ont indiqué que le passage avait été largement miné, ce qui pouvait provoquer l’explosion pure et simple des bateaux.
Si la France fait figure de championne dans le domaine du déminage avec la Belgique et les Pays-Bas et dispose d'un porte-avions, d'une dizaine de navires et une cinquantaine d’avions dans la région, Berlin ou encore Londres pourraient de leur côté contribuer aux opérations ou à la reconnaissance maritime à longue distance.
La participation de l'Allemagne à cette mission pourra donc «inclure, après la fin des hostilités, une intervention de la Bundeswehr», l'armée allemande, a indiqué le chancelier Friedrich Merz.
Un travail de longue haleine ?
Le Royaume-Uni «dirigera une mission multinationale visant à protéger la liberté de navigation dès que les conditions le permettront», a indiqué Keir Starmer. «Il s'agira d'une mission strictement pacifique et défensive, destinée à sécuriser le transport maritime commercial et à soutenir le déminage», a-t-il ajouté.
De son côté, l'Italie propose de mettre à disposition une force navale «sous réserve bien sûr de l'autorisation parlementaire requise par nos règles constitutionnelles», a déclaré Giorgia Meloni, la dirigeante du pays.
Alors que le détroit d'Ormuz mesure un peu plus de 200 kilomètres par 50 kilomètres de large, déminer peut s’avérer être une tâche de longue haleine selon les experts. Pour rappel, deux ans de déminage avaient été nécessaires après la guerre du Golfe en 1991, en Irak et au Koweït.
Les opérations de déminage «vont d'abord consister à pouvoir dégager des corridors d'accès, pour permettre au trafic maritime de reprendre. Ça peut être assez rapide. Après, qu'il reste des mines en dehors de ces autoroutes maritimes, ce sera traité dans un deuxième temps», a par exemple expliqué à RFI le contre-amiral Éric Lavault, ancien plongeur démineur au sein de la Marine nationale.