Affaire Google-Huawei : les utilisateurs français doivent-ils s'inquiéter ?

La marque chinoise devra trouver une alternative à Android. [© WANG ZHAO / AFP]

C'est un véritable coup dur pour Huawei. Le constructeur chinois de smartphones ne pourra plus utiliser le système Android pour ses mobiles, après que Google a annnoncé avoir choisi de lui retirer la licence d'exploitation.

Concrètement, Huawei et sa filiale Honor ne pourront plus utiliser le système d'exploitation de Google d'ici à la mi-août. Un système présent sur presque 80 % des smartphones en France. Le constructeur chinois, devenu numéro 2 mondial des ventes en volume, est au cœur de la tourmente aux Etats-Unis, où le président américain Donald Trump a pris des mesures à son encontre.

Google a ainsi pris cette décision pour faire suite aux exigences de l'exécutif américain. Un choix qui vient bouleverser le secteur de la téléphonie et qui aura des répercussions sur les mobiles Huawei et Honor dans le reste du monde.

Les smartphones actuels toujours sous android P

Pas d'inquiétude à avoir, si vous possédez un mobile Huawei ou Honor actuel. Ceux-ci resteront compatibles avec le système Android. Surtout, ils continueront de bénéficier de l'accès au Google Play Store (pour télécharger les applications compatibles), et profiteront aussi de Google Play Protect (afin d'en préserver la sécurité).

Des problèmes avec les versions ultérieures d'Android ?

Toutefois, cette compatibilité ne serait que temporaire et ne concernerait que les mobiles utilisant la version P d'Android. Ainsi, Android Q, qui sera la prochaine mise à jour majeure des smartphones fonctionnant sous cet OS, pourrait ne pas être compatible, affirme l'agence Reuters. De même, pour les versions ultérieures d'Android.

Vers un nouvel OS maison pour Huawei dès l'automne

Si Huawei devrait lancer de nombreux recours juridiques afin de récupérer l'usage de la licence Android, le constructeur chinois pourrait aussi développer sa propre version de ce système. En effet, Android reste d'abord un logiciel open-source, c'est-à-dire libre de droit dès lors que l'on utilise pas les services développés par Google pour l'optimiser. Ainsi, Google Maps, Play Store, Play Protect, Gmail, Chrome... ne seraient pas préinstallés sur les mobiles lors de leur achat.

Huawei pourrait ainsi utiliser une version dite AOSP, pour Android Open Source Project. Une version qui est en réalité déjà utilisée sur le territoire chinois, où de nombreuses applications Google sont interdites. Huawei pourrait donc appliquer le même schéma pour les autres pays. Selon le site américain Engadget, le président de Huawei, Richard Yu, aurait déjà démandé à ses équipes de faire le nécessaire pour déployer cet OS maison d'ici à cet automne.

D'autres services américains absents ?

Alors que Google est le premier groupe américain a avoir suivi les directives de Donald Trump, rien ne dit que Facebook, Twitter, Amazon, Snapchat ou encore Instagram ne suivent pas cette démarche. D'autant que sur le plan des fournisseurs de composants électroniques Qualcomm et Intel ont déjà annoncé qu'ils coupaient leurs relations contractuelles avec le constructeur chinois. Dernier en date, Microsoft a également décider de suspendre la vente des PC Huawei, sous licence Windows 10, de son store en ligne, en outre, la division PC du chinois pourrait ne plus pouvoir utiliser le célèbre système d'exploitation américain. La guerre déclarée par Donald Trump pourrait donc devenir un cas très épineux pour Huawei.

Un droit de réponse rassurant

Parallèlement à cette affaire, Huawei a fait valoir sa position auprès des médias. Le géant chinois a ainsi publier un communiqué : «Huawei a largement contribué au développement et à la croissance d’Android dans le monde entier. Nous sommes l’un des partenaires clé d’Android et nous avons travaillé en étroite collaboration avec sa plate-forme open source afin de développer un écosystème bénéficiant à la fois aux utilisateurs et au secteur. Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les smartphones et tablettes des marques Huawei et Honor qui existent, y compris ceux déjà vendus ou en stock dans le monde. Nous continuerons à construire un écosystème logiciel sûr et durable, afin de fournir la meilleure expérience possible aux utilisateurs du monde entier», précise le constructeur.

La france ne compte pas «cibler» huawei

Enfin, la décision prise par Donald Trump de blacklister Huawei inquiète également sur le plan de la communauté internationale. En France, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a précisé, sur France Info, que le gouvernement n'allait pas viser le géant chinois des télécoms. «Nous n'allons pas cibler une compagnie ou une autre. Il y a aujourd'hui beaucoup d'opérateurs qui travaillent sur la 4G avec Huawei. Notre position est différente des Américains sur ce sujet», a-t-il précisé.

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