Zelda, une légende vieille de 33 ans

Link porte son bouclier, son épée et la même tenue verte, depuis février 1986. [© Nintendo]

Voilà 33 ans que l'infatiguable Link promène son petit chapeau vert dans les contrées d'Hyrule. Préposé au rôle de «sauveur de la princesse Zelda», ce héros sans peur et sans reproche témoigne de l'histoire du jeu d'aventure sur consoles. La sortie ce vendredi 20 septembre du remake de Link's Awakening sur Switch est l'occasion de revenir sur cette épopée.

Lorsqu'en février 1986, il dégaine pour la première fois son épée face au sombre Ganondorf sur NES, Link grave alors dans le marbre ce qui sera la bible du jeu vidéo d'aventure à la sauce Nintendo. La légende raconte que c'est en s'inspirant du village de son enfance et des forêts qui bordaient ses trajets en train que Shigeru Miyamoto, également père de Mario, aurait eu l'idée de concevoir ce titre que l'on pourrait classer parmi les œuvres d'heroic fantasy. Une genre très en vogue au début des années 1980, en atteste les films Conan le barbare (1982), L'Histoire sans Fin (1984), Dark Crystal (1982), Legend (1985), Taram et le chaudron magique (1985).

The Legend of Zelda s'affiche donc comme la genèse d'une odyssée, dont le scénario sera suivi à la lettre, à quelques exceptions près, par les autres volets de la saga. A savoir : la quête initiatique du jeune héros pour sauver la princesse des griffes du mal. Un modèle que Nintendo a eu à cœur de suivre, tout en remodelant un gameplay totalement différent pour chacun des opus qui le suivront.

A commencer par Zelda II : the adventure of Link (1987), qui prend le contrepied du premier épisode, en proposant une vue de profil à la Super Mario Bros., abandonnant le parti pris d'une vue de haut. L'histoire, davantage centrée sur Link, invite d'ailleurs à privilégier la magie aux combats à l'épée.

Toutefois, c'est surtout avec Zelda III : A Link to the Past que la série va connaître son heure de gloire. Développé pour la Super Nintendo pour une sortie en 1991 (au Japon), l'épisode rassemble la quintessence du savoir-faire de la marque nippone.

Graphismes soignés (la scène d'introduction sous la pluie), une histoire longue et pleine de rebondissements, une seconde partie inattendue avec sa dimension parallèle... les ingrédients sont ici tous réunis pour faire entrer le titre au panthéon du jeu vidéo. Il a d'ailleurs servi de base à la version Game Boy Link's Awakening (1993), qui malgré ses graphismes en noir et blanc, a remporté tous les suffrages contribuant à porter au pinacle la petite console portable de Nintendo. Une épopée qui profite d'ailleurs en 2019 d'un remake inspirée sur Switch.

Une nouvelle claque arrivera cinq ans plus tard. Avec la Nintendo 64, la firme japonaise démontre alors tout son talent en matière de programmation 3D. Après avoir livré une véritable leçon à ses concurrents Sony et Sega avec Mario 64 (1996), Nintendo enfonce le clou en 1998 avec Ocarina of Time et renvoie tous les programmeurs de la planète à l'école. Ce titre culte, vendu à plus de 7,6 millions d'unités, est même adoubé d'un 40/40 par le très influent magazine japonais Famitsu. Une note rare pour l'époque élevant "Ocarina of Time" au rang de chef d'œuvre. Si son successeur Majora's Mask (2000) en reprend les mécaniques et le moteur 3D, son scénario, plus sombre et basé sur la fin du monde, fédérera moitié moins de gamers.

Après plusieurs titres sympathiques mais classiques, la franchise s'offrira un tournant inattendu en 2002 avec The Wind Waker. Raillée par des journalistes spécialisés avant sa sortie sur GameCube - certains jugeant le titre trop enfantin -, cette nouvelle aventure de Link tout en cell-shading a fini par bluffer les joueurs et faire taire les mauvaises langues. Nintendo, alors malmené par la concurrence, prouvait encore que l'imagination paye, tout en livrant un véritable dessin-animé aux amoureux de la saga. Un parti pris graphique que la société a d'ailleurs réutilisé pour ses très réussies versions DS de Phantom Hourglass (2007) et Spirit Tracks (2009), afin de capter une audience plus jeune.

Les fans, qui attendaient une version plus mûre, se sont quant à eux fait plaisir sur Twilight Princess (ressorti en version HD sur Wii U), sur Wii et GameCube (2006), mais aussi sur Skyward Sword (2011) uniquement sur Wii. Des titres d'une grande qualité, mais toutefois un peu trop calibrés pour surprendre. Tout comme l'irréprochable A Link between two worlds sur 3DS. Un titre hommage à Zelda III, truffé de bonne idées, qui invite à switcher entre un Link en 2D et en 3D.

Trente années après les premiers coups d'épée sur NES, les joueurs caressaient donc l'espoir de découvrir LE titre qui redonnerait un nouveau souffle autour de la saga. Et leur salut porte le nom de The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Véritable chef d'œuvre surclassant toute la saga, il est surtout devenu le titre le plus vendu de le série avec plus de 12 millions d'exemplaires écoulés depuis sa sorti en mars 2017. La Switch tient ici son premier best-seller international, preuve également que le merveilleux, si cher aux Zelda, séduit encore et toujours le monde entier.

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