Comment Tinder et Grindr utilisent illégalement nos données

[© Martin BUREAU / AFP]

C'est un nouveau scandale qui vient égratigner la sphère des sites de rencontres. Une enquête menée par le Conseil norvégien des consommateurs et publiée ce mardi 14 janvier révèle comment des applications comme Tinder, Grindr ou encore Clue revendent des données (très) personnelles de leurs utilisateurs à des entreprises tierces.

Sur le site officiel de cet organisme, le rapport intitulé «Out of Control» (Hors de contrôle) détaille jusqu'où vont leurs indiscrétions et accuse le secteur de la publicité de «systématiquement enfreindre la loi». «A chaque fois que nous ouvrons ces applications, des centaines d'entités cachées reçoivent une somme de données personnelles mettant en avant nos habitudes, nos comportements et nos centres d'intérêts»... avec pour unique but de toujours mieux cibler les publicités.

Si cette information n'est pas vraiement nouvelle, l'étude détaille de nombreux éléments inquiétants. Notamment visé, Tinder transmettrait les informations de ses utilisateurs aux 45 sociétés appartenant à Match Group, entité propriétaire du célèbre site de rencontre. Une initiative qui serait elle aussi illégale sur le teritoire européen au regard du RGPD. En outre, les sociétés Salesforce, Facebook, AppsFlyer et Branch recevraient quant à elle des données pour alimenter leurs profils publicitaires.

Parallèlement, l'appli Grindr, qui s'intéresse à la communauté LGBT, est, elle aussi, pointée du doigt. Celle-ci partagerait ainsi les données GPS, les adresses IP et ses informations liées aux contenus publicitaires avec des sociétés tierces. Elle invite d'ailleurs elle-même ses utilisateurs à consulter les conditions de confidentialité de ces autres sociétés sans que l'on sâche nécessairement comment le faire. En outre, Gindr reconnaît elle-même ne «pas contrôler l'usage de ces technologies de tracking». L'appli, qui appartient à un groupe chinois mais qui reste basée aux Etats-Unis avait déjà fait l'objet d'un scandale en 2018 sur la question du statut HIV de ses utilisateurs.

D'autres applis concernées

L'enquête du Conseil norvégien cible aussi d'autres applications où l'usage des données reste très flou. C'est le cas de Clue et MyDays (service de suivi de la fertilité) ou encore de Qibla Finder (une application qui permet aux musulmans de connaître la direction de la Mecque). Enfin, l'appli pour enfant Mon Talking Tom 2, qui fait parler un petit chat virtuel, est également nommément désignée.

Le rapport norvégien est également appuyé par la Fédération Romande des consommateurs (FRC). Celle-ci a alerté les autorités suisses sur cette question épineuse. Elle souligne d'ailleurs le fait qu'il reste encore aujourd'hui très compliqué pour les utilisateurs de s'opposer individuellement à ces pratiques.

A noter que les applications citées dans ce rapport n'ont pas encore communiqué sur la question, ce mardi 14 janvier.

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