Laura Domenge : "Je m’inspire du quotidien"

L’humoriste Laura Domenge à découvrir sur la scène de l’Olympia vendredi 10 juillet L’humoriste Laura Domenge à découvrir sur la scène de l’Olympia vendredi 10 juillet[Brice Darmon ]

Dans le cadre du programme Vivendi Talents, Laura Domenge  interprétera, le vendredi 10 juillet à l’Olympia, son premier one-woman show, "Laura Domenge en personnes". Une galerie de personnages vraiment déjantés.

 

A 28 ans, elle monte sur la scène de l’Olympia dans Laura Domenge en personnes. Un premier one-woman show, mêlant stand-up et sketches, interprété par une jeune femme énergique. Lauréate de deux festivals d’humour, la comédienne, qui, à seulement 19 ans, a joué dans le métro pour financer le premier spectacle de sa compagnie, se jette dans le grand bain avec enthousiasme et concentration.

 

Vous vous apprêtez à jouer sur la scène de l’Olympia. Comment vous sentez-vous ?

Pour le moment, je n’y crois pas du tout. Je passe d’une salle de 50 places à 2 000. J’essaie de rester concentrée.

 

Votre premier one-woman show s’intitule "Laura Domenge en personnes", au pluriel…

Je crois que nous ne sommes pas faits d’un bloc. Dans le spectacle, à travers une caricature de moi-même, on suit ma quête existentielle, qui m’amène à revêtir la peau d’une dizaine de personnages – un psychanalyste, un professeur de yoga, une racaille baby-sitter – d’où ce pluriel.

 

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Le quotidien, l’observation des gens. Ce qui m’intéresse, c’est la dimension sociétale des choses. J’aborde des thématiques qui m’interpellent, me touchent, me bousculent en mêlant stand-up et sketches, tout en gardant un ­langage travaillé.

 

Vous jouez depuis près de vingt ans. Comment êtes-vous "tombée" dans le théâtre ? 

Par hasard. A 10 ans, alors que je croyais m’inscrire à l’école de théâtre Les sales gosses, j’ai postulé au casting de leur spectacle, et j’ai été engagée. De ce quiproquo est née cette première rencontre avec le théâtre, où j’ai directement été confrontée au métier, plus qu’au loisir.

 

A 19 ans, vous jouiez dans le métro. Comment cela se passait-il ?

Le métro, c’est la jungle. Vous avez un contact direct avec un public qui n’est pas préparé, qui plus est quand vous jouez des scènes du répertoire classique en alexandrins. Il faut que la voix porte pour passer au-dessus des bruits. Il faut capter l’attention du public, s’adapter au lieu. C’était un excellent exercice, qui a attiré l’attention des journalistes et nous a permis de financer notre spectacle.

 

Vous êtes lauréate de deux prix d’humour. Est-ce idéal pour la confiance ?

C’est une belle reconnaissance. Comme beaucoup de comédiennes, j’ai passé l’audition du conservatoire. J’ai toujours été tétanisée face à ces concours. J’ai voulu essayer avec mes sketches. Les deux seuls festivals tremplins auxquels j’ai participé, je les ai gagnés, contrairement au conservatoire. Cela donne confiance.

 

Vous avez participé à deux web-séries, "Boxer Boxer" et "WonderFools". Qu’apporte ce format ?

Quand j’écris un sketch, je le teste, je le réécris, le teste à nouveau. Là, on a un scénario, on tourne, et c’est diffusé. Il faut être efficace et créatif tout de suite. 

 

Laura Domenge en personnes, le 10 juillet (20h30) à l’Olympia, Paris 9e.

 

Le spectacle :

Sur scène, la pétillante et déterminée Laura Domenge s’interroge. «A l’âge que j’ai, suis-je une fille ou femme ?» Un fil conducteur et une quête existentielle qui la poussent à endosser avec folie une dizaine de personnages nés de ses observations. Passant d’une petite fille accro à la télévision à une sexagénaire qui découvre les applis de sites de rencontres, sans jamais changer de costume, Laura Domenge croque un portrait drôle et sensible de la société, et se joue d’elle-même. Un spectacle emmené par une comédienne au jeu audacieux, coécrit avec Christian Lucas, l’homme qui lui a conseillé de se tourner vers le one-woman show.

 

Trois personnages clefs de son one-woman show

La Working Mum

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 © Brice Darmon

Partant du constat que la femme moderne a plusieurs casquettes, Laura Domenge dresse un portrait drôle et bien senti de la working mum. Une mère de famille, PDG d’une banque courant les réunions, et au régime, parce qu’elle doit rester séduisante pour son mari. Une sorte de Shiva qui doit assurer, même si elle meurt de faim et qu’elle s’inquiète de sa progéniture.

 

Monique La momophobique

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© Brice Darmon

Née des observations de la comédienne, Monique la "momophobique" est une vieille dame homophobe sans en être consciente. Un personnage qui, comme bon nombre de personnes âgées, n’a pas de filtre et dit tout ce qu’elle pense. Celle qui pourrait être la voisine de palier de tout un chacun, un peu dépassée par la société qu’elle ne comprend plus.

 

Gigi

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© Brice Darmon

Seul personnage complètement inventé, Gigi pourrait être une Edith Piaf ou une Arletty. Incarnation de la vraie femme, séduisante mais pas séductrice, elle assume profondément ce qu’elle est malgré ses contradictions. Elle répond à sa manière au fil conducteur du spectacle : "Moi, Laura Domenge, à l’âge que j’ai, suis-je une fille ou une femme ?"

 

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