Cannes : dernière montée des marches avant la Palme d’or

De gauche à droite : le producteur Christophe Rossignon, le réalisateur Stéphane Brizé, l'acteur Vincent Lindon et le producteur Philippe Boeffard avant de monter les marches pour la cérémonie de clôture du 68e Festival de Cannes, le 24 mai 2015, où leur film "La loi du marché" est en compétition officielle. [AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS]

L'heure de la Palme d'Or approche au Festival de Cannes avec une dernière montée des marches dimanche 24 mai, riche en indices sur le palmarès attendu de façon imminente.

 

L'équipe du film "La loi du marché" du Français Séphane Brizé avec Vincent Lindon a été l'une des premières à fouler le tapis rouge, un retour sur la Croisette qui laisse espérer une récompense.

"Il se passe quelque chose avec Vincent, qui est l'ADN du film, qui porte le film", a déclaré Stéphane Brizé à son arrivée.

Les noms des lauréats seront annoncés lors de la cérémonie qui débutera peu avant 19h00 (17h00 GMT), au terme d'une édition jugée inégale, riche en histoires d'amour et en réflexions sur la vieillesse, la mort et le temps qui passe.

Le jury, présidé pour la première fois par un duo, les frères Coen, multirécompensés à Cannes, avait la lourde tâche de départager les 19 films de la compétition.

Ses choix pourraient se concentrer sur les quelques films qui ont suscité le plus d’enthousiasme: "Carol" de l'Américain Todd Haynes, "The Assassin" du Taïwanais Hou Hsiao-hsien, "Le fils de Saul" du Hongrois Laszlo Nemes, "The Lobster" du Grec Yorgos Lanthimos, "Youth" de l'Italien Paolo Sorrentino, "Mia Madre" de l'Italien Nanni Moretti ou "La loi du marché".

Pour l'interprétation masculine, des rumeurs circulaient dimanche sur un possible prix pour le Britannique Tim Roth, qui interprète un infirmier totalement dévoué à l'accompagnement de patients en fin de vie dans "Chronic", du réalisateur mexicain Michel Franco.

Jesuthasan Anthonythasan, acteur du film de Jacques Audiard "Dheepan", sur le parcours en France de réfugiés sri-lankais, était aussi donné parmi les favoris, tout comme Vincent Lindon dans "La loi du marché".

Du côté des femmes, la Taïwanaise Shu Qi dans "The Assassin", la Française Emmanuelle Bercot dans "Mon roi" de Maïwenn ou encore l'Australienne Cate Blanchett et l'Américaine Rooney Mara dans "Carol" seraient bien placées.

 

Haynes, Hou Hsiao-hsien, Lanthimos ?

Pour les récompenses décernées aux films, "Carol", romance entre deux femmes dans les années 50 avec Cate Blanchett et Rooney Mara, est sans conteste celui qui, sans déchaîner les passions, a séduit le plus largement la Croisette par son élégance et le jeu de ses actrices.

En cas de victoire, ce serait la deuxième fois en deux ans qu'une histoire d'amour homosexuelle l'emporterait, après "La Vie d'Adèle" en 2013, même si celle de Todd Haynes, tout en retenue, est très différente du réalisme cru d'Abdellatif Kechiche.

Impressionnant de maîtrise formelle, "The Assassin", histoire d'une justicière dans la Chine du IXe siècle à l'esthétique ciselée, mais jugée par certains hermétique, peut aussi prétendre aux premières marches du podium.

"Le Fils de Saul", un premier film, qui a provoqué un choc à Cannes, serait un choix osé. Cette oeuvre, sur un déporté juif forcé de travailler dans les chambres à gaz à Auschwitz, a impressionné par sa mise en scène radicale. Il restitue l'horreur de la Shoah sans presque jamais montrer les victimes.

"The Lobster", fable grinçante et dérangeante sur l'amour, avec les stars internationales Colin Farrell, Rachel Weisz et Léa Seydoux, pourrait aussi créer la surprise.

Parmi les autres favoris, "La loi du marché", film cinglant sur la brutalité du monde du travail pourrait avoir un prix, tandis que les films italiens, longtemps cités comme possibles lauréats, semblaient perdre du terrain en fin de parcours.

Parmi eux, "Youth" de l'Italien Paolo Sorrentino, film virtuose et plein d'humour sur deux vieux amis qui se retrouvent en Suisse et réfléchissent sur le temps qui passe.

Ou encore "Mia Madre" de Nanni Moretti, sur une réalisatrice confrontée à la maladie de sa mère, qui a ému aux larmes une partie des festivaliers.

Les frères Coen, au cinéma à l'humour déjanté, ont dû composer avec les autres membres du jury: les réalisateurs Xavier Dolan et Guillermo del Toro, les actrices Sienna Miller, Sophie Marceau et Rossy de Palma, l'acteur Jake Gyllenhaal et la chanteuse Rokia Traoré.

Le palmarès est composé de sept prix au total et la Palme d'or ne peut être attribuée qu'à un seul film.

 

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