Huit mois après sa grave blessure, Samir Aït Saïd a les crocs

Début août dernier, Samir Aït Saïd avait quitté les jeux Olympiques de Rio la jambe gauche en équerre, tibia et péroné brisés.[Johnny Fidelin / Icon Sport]

Gravement blessé à la jambe aux JO de Rio l'été dernier, Samir Aït Saïd prépare son retour à la compétition. A 27 ans, il n'a qu'un objectif en tête, revenir plus fort et vise les Jeux de 2020.

«Si je m'écoutais, je partirais en compétition dès maintenant ! » Les images de sa double fracture à la jambe il y a huit mois aux Jeux de Rio en font encore grimacer plus d'un mais pas le gymnaste français Samir Aït Saïd, dont la blessure spectaculaire n'a pas entamé la détermination. 

« Ça me manque trop ! J'ai hâte de retourner à la compétition, je suis un compétiteur. M'entraîner pour m'entraîner, non, mais retourner à la compétition, gagner des médailles, ça, ça me manque », confie à l'AFP le gymnaste âgé de 27 ans, en pleine séance de rééducation à l'Insep, fin mars.

Début août dernier, Samir Aït Saïd avait quitté les jeux Olympiques de Rio la jambe gauche en équerre, tibia et péroné brisés. Le prix d'une mauvaise réception au saut de cheval. On se souvient des visages stupéfaits d'effroi des spectateurs, souvent la main sur la bouche ou la tête entre les mains, parfois les larmes aux yeux. Dès le lendemain, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux alors qu'il venait tout juste d'être opéré, l'esprit du gymnaste était déjà tourné vers Tokyo et les JO-2020.

Ne jamais se décourager

Huit mois plus tard, il assure repenser « beaucoup moins » au moment où il s'est blessé, et son moral est au beau fixe malgré des séances de renforcement musculaire ardues. D'abord parce que le spécialiste des anneaux, sacré champion d'Europe en 2013, n'est pas du genre à céder au découragement. « Ça ne sert à rien de se morfondre, ce n'était juste pas mon moment, c'est tout », affirme-t-il sans amertume. « Je suis formaté pour la compétition, formaté pour les Jeux. Si ce n'était pas à Rio, ce sera à Tokyo ! », poursuit-il. « Il est hors de question de laisser tomber dès qu'il y a un petit pépin, un petit pet de travers. »

Samir Aït Saïd sait aussi que son « retour à l'entraînement est imminent, le retour à la compétition aussi ». « Je ne peux pas dire aujourd'hui quand je vais reprendre. C'est une décision qui se prend en commun, avec les médecins, la kiné, mon entraîneur, l'entraîneur national, la DTN, énumère-t-il. Mais une chose est sûre, c'est pour bientôt. »

Si les Championnats d'Europe, dans trois semaines, arrivent trop tôt, il a dans un coin de sa tête les Mondiaux 2017 à Montréal début octobre et l'étape de Coupe du monde à Paris, une quinzaine de jours plus tôt. En attendant, le gymnaste partage régulièrement ses progrès sur les réseaux sociaux -à l'image de son premier salto début mars- et s'attache à retrouver la forme.

Enchaînement d'exercices et régime

Vélo d'intérieur, cloche-pied, sauts, petites courses, changements de direction: il enchaîne les exercices six jours sur sept à l'Insep. « Ce que je fais ici, c'est beaucoup plus dur qu'à la salle (de gym) », souligne-t-il. En prime, Samir Aït Saïd s'astreint à un régime qu'il qualifie de « draconien. La faute à des écarts ces derniers mois, mis à profit pour finaliser ses études de kiné. « Pendant que je taffais, je grignotais tout le temps. Assis sur une chaise, à ne pas faire de sport et bouffer: voilà le résultat », sourit-il.

Ses examens désormais derrière lui, le futur kiné est en stage jusqu'en juin et doit encore boucler puis soutenir son mémoire consacré à « la prévention des ligaments croisés chez le gymnaste ». La suite ? Ce sera la gymnastique à plein temps. En prenant ses distances en individuel avec le saut de cheval, l'agrès sur lequel il s'était déjà blessé au printemps 2012, à la jambe droite, et qui l'avait privé des Jeux de Londres, pour se concentrer sur les anneaux.

Des ambitions dorées toujours plein la tête. « Je vois enfin le bout du tunnel, se réjouit-il. Je vais avoir du temps pour essayer de devenir champion d'Europe, champion du monde, champion olympique...»

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