Dans les coulisses de l’Olympia

L'Olympia Bruno Coquatrix, à Paris[CC/KoS]

La plus célèbre des salles parisiennes a vu défiler les grands noms de la chanson. Les Rolling Stones, David Bowie, les Beatles, mais aussi Edith Piaf, Etienne Daho et Serge Gainsbourg y ont donné leurs plus belles prestations. Arnaud Delbarre, directeur depuis 2002, nous ouvre les portes de l’Olympia.

 

Archives – Article publié le vendredi 31 octobre 2008

 

Au 28, boulevard des Capucines dans le 9e arrondissement de Paris, les sept lettres sont un véri- table symbole. Dans les films américains, si l’on veut symboliser la capitale française, c’est souvent le fronton de l’Olympia qui est montré quand ce n’est pas la tour Eiffel ou le Moulin Rouge. Arnaud Delbarre a quitté son Nord natal en 2002 pour diriger cette mémorable institution. Jean dernier cri, lunettes tendance et démarche assurée, Arnaud Delbarre est à l’aise chez lui.

 

Un lieu de mémoire

A 11 heures, en ce jeudi matin, l’Olympia est presque vide. Seuls quelques techniciens s’affairent dans la salle. La visite commence par l’entrée des spectateurs. Une fois passé sous les lettres de feu de la façade, il faut descendre un long couloir qui mène au hall d’entrée. Un seul guichet est ouvert ce matin-là. «Nous avons lancé depuis quelques heures une opération pour vendre les places pour le concert de Simply Red en mai prochain. Elles ne peuvent se retirer qu’ici», explique «Monsieur Olympia».

En bas de ce long corridor, la photo de Bruno Coquatrix, son talentueux prédécesseur, accueille les spectateurs. Dans le hall d’entrée, les deux portes à battants permettent de pénétrer dans la salle. Les sponsors du spectacle en cours (Elie Semoun jouait ce jour-là) apportent quelques touches de couleur. «La dernière fois que vous avez vu la salle de l’Olympia au cinéma c’était pour La môme, qui a été tourné ici», confie Arnaud Delbarre. Pour le tournage, la salle a été remise «aux normes d’époque» pour jouer la célèbre scène dans laquelle Edith Piaf entonne « Non, je ne regrette rien ».

Sur la gauche, une porte ouvre sur une petite pièce. A l’intérieur, accrochés au mur, ce sont les moulages des mains de tous les artistes qui sont passés dans les lieux. Ainsi, celles de l’in- contournable Gilbert Bécaud côtoient celles d’artistes contemporains comme Zazie. Même le réalisateur David Lynch s’est prêté au jeu. «Nous avons remis les empreintes de Goldman un peu plus haut, car à force d’être touchées, elles sont très usées», révèle le gérant des lieux.

De cette pièce, qui longe la salle de spectacle, une petite porte mène à la scène. Aussi large que celle du Zénith et aussi haute que celles de grandes salles, elle offre des conditions exception- nelles. «Tous les artistes aiment cette proximité entre la scène et le public, il y a de drôles d’anecdotes» explique Arnaud Delbarre. «Pour le concert de Robbie Williams, les femmes étaient toutes très bien habillées car elles savaient que le chanteur pourrait les voir!» raconte-t-il amusé.

 

L’Olympia en 1913 [DR]

 

Les coulisses

Derrière la scène, l’espace réservé aux artistes ressemble à un grand hall. Un piano à queue est prévu pour d’éventuelles «after». Sur la gauche, une pancarte annonce l’entrée du bar Marylin. Quelques mètres carrés où les plus grands se sont côtoyés après leurs shows. Aux murs, des affiches des années 1960, aux tons plus vifs, rappellent que l’Olympia n’a pas hésité à bousculer les académismes. «Les Stones y ont passé de longs moments lorsqu’ils sont revenus chanter en 2003», raconte Arnaud Delbarre.

L’heure tourne, la visite s’achève. Il y a encore deux choses importantes que le directeur veut nous montrer. D’abord au sous-sol, où plusieurs bus sont garés. «Ici, les semi-remorques peuvent faire demi-tour facilement et sortir sur le boulevard des Capucines sans encombre», indique-t-il. Puis en remontant, Arnaud Delbarre souhaite montrer un trésor méconnu. Un endroit secret : la salle de billard (qui ne contient d’ailleurs pas de billard). Classée monument historique, elle a entièrement été refaite en 1997. C’est ici que Bruno Coquatrix et Eddy Barclay auditionnaient les jeunes artistes en vue d’un passage à l’Olympia. Johnny Hallyday, Edith Piaf et d’autres se sont présentés dans cette salle, bien avant de connaître la gloire et le succès. «C’était un peu comme la Star Academy, il y a cinquante ans !»,     conclut-il. Fier de         son Olympia, Arnaud Delbarre entame avec passion une septième année à sa tête. Toutefois, il garde les pieds sur terre. Il sait que la notoriété de l’Olympia doit beaucoup à Bruno Coquatrix. Aujourd’hui, c’est à lui de continuer à porter le flambeau. Le succès persistant prouve qu’il assure cet héritage avec talent.

 

Vidéo : Dans « Boulevard des Capucines », Étienne Daho évoque l’Olympia

 

 

Ils ont marqué l’Olympia

On pourrait croire qu’elle fait partie des murs de l’Olympia. Edith Piaf a donné de multiples concerts dans cette salle. Et pourtant, c’est sa prestation à la fin de l’année 1960 qui a marqué les mémoires. Affaiblie par la maladie (elle avait été opérée d’un cancer du pancréas quelques semaines auparavant), la petite dame s’approche de son public et chante Non, je ne regrette rien. Selon elle, ce sera son plus beau concert. La légende autour de cette prestation raconte que dans les coulisses Duke Ellington avait demandé à la voir.

Cinq ans plus tard, en octobre 1966, Jacques Brel choisit l’Olympia pour faire ses adieux. Même si personne ne croyait à son annonce, il quitte la scène. Les images de ce départ sont désormais légendaires : Brel en peignoir, ému, ovationné par le public debout.

 

Vidéo ; Edith Piaf en 1960 à l’Olympia

 

 

L’après-spectacle ; le bar Marylin

Près des loges, les artistes ont pour habitude de se retrouver autour d’un verre dans le bar Marylin. Cette minuscule pièce regorge de souvenirs et les plus grandes stars y ont passé des fins de soirées (parfois) arrosées ! Marylin, la maîtresse des lieux état d’ailleurs connue pour y préparer les meilleurs sandwichs de la capitale. On raconte qu’elle était une intime de Jacques Brel, qui lui confiait ses secrets après le concert.

Aujourd’hui décoré avec des affiches des années 1960-70, le bar occupe toujours la même fonction : offrir aux artistes qui viennent de se produire un moment de détente. Arnaud Delbarre affirme que même les artistes qui ne sont pas programmés à l’Olympia aiment y faire un tour. Il n’y a pas si longtemps, Henri Salvador aimait passer quelques heures au comptoir. Tout comme Charles Aznavour qui, glisse le directeur en confidence, serait «un habitué des lieux».

 

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