Les expos à voir à Paris cet automne

Les vacances de La Toussaint sont (presque) déjà là. L'occasion de se ruer dans les musées de Paris pour admirer les plus belles expos du moment.

Pluie, froid et enfants qui retournent l'appartement. Il existe pourtant des moyens d'éviter ce moment délicat de la vie d'un parent pendant les vacances de La Toussaint : les visites de musées. Tour d'horizon.

Bacon en toutes lettres au Centre Pompidou

Plus de vingt ans après la dernière grande exposition française consacrée à Francis Bacon, le centre Pompidou accueille «Bacon. En toutes lettres», une monographie réunissant des peintures de 1971, l’année de la rétrospective que lui consacrait alors le Grand Palais, jusqu’à ses dernières œuvres en 1992, année de la mort de l'artiste. Issues d’importantes collections privées et publiques, l’exposition s’attache ainsi aux œuvres réalisées par Bacon durant ses deux dernières décennies avec un style marqué par une certaine simplification et des couleurs inédites comme le jaune, le rose ou l’orange.

L'année 1971 marque ainsi un véritable tournant dans l’œuvre du peintre, alors au sommet de son art, mais à la vie intime brisée dans le même temps. Si le peintre est consacré internationalement grâce à cette grande rétrospective au Grand Palais où seul Picasso avant lui avait été exposé de son vivant, il vit parallèlement une immense douleur : celle de la perte de son compagnon George Dyer qui se suicida quelques jours avant le vernissage, lui inspirant notamment les trois triptyques dits «noirs», peints en souvenir de son défunt ami, et présentés dans l’exposition du Centre Pompidou.

Cet accrochage possède l'avantage de mettre en regard l’œuvre de Bacon et les œuvres littéraires qui ont pu l’inspirer ou lui insuffler un élan créatif. Les voix de Mathieu Amalric, Hippolyte Girardot ou encore Denis Podalydès habillent l'exposition grâce à leurs lectures de quelques textes puisés dans la très riche bibliothèque du peintre, tels qu'Eschyle, Friedrich Nietzsche, Georges Bataille, son ami Michel Leiris, Joseph Conrad et George Eliot.

Bacon en toutes lettres, du 11 septembre 2019 au 20 janvier 2020 au Centre Pompidou.

Du douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres naïfs, au musée Maillol

Naïfs, primitifs, modernes... Personne ne parvient à qualifier ces artistes de l'entre-deux guerres sans donner une dimension péjorative à leurs peintures. Pourtant, le Douanier Rousseau, Séraphine Louis ou encore André Bauchant sont tous aujourd'hui respectés, étudiés, exposés même s'ils échappent à toute théorie artistique. Le Musée Maillol accueille plus d'une centaine d'oeuvres issues de ce monde onirique et poétique qu'est l'art dit «naïf» ou l'art «brut».

Souvent autodidactes, solitaires et issus des milieux populaires, ces artistes rendent compte du monde qui les entoure avec profondeur et émotion. L'exposition, organisée de manière thématique, revient sur différentes dimensions de leurs peintures : des bêtes sauvages du Douanier Rousseau aux fleurs de Séraphine à la puissance érotique incontestable, en passant par les nus très sensuels de Camille Bombois ou le monde urbain de René Rimbert. Près de cinquante ans après l'exposition «Le Monde merveilleux des naïfs» de 1974 à la galerie Dina Vierny, le Musée Maillol rend hommages à ces artistes comme à ceux qui les ont défendus, en premier lieu Wilhem Uhde et Dina Vierny.

Du douanier Rousseau à Séraphine, les grands maîtres naïfs, au musée Maillol du 11 septembre 2019 au 19 janvier 2020.

L'âge d'or de la peinture anglaise, au musée du Luxembourg

L'exposition anti Brexit et une bonne séance de rattrapage pour tous ceux qui n'ont pu aller admirer les nombreux chefs d'oeuvre qui habitent le célèbre musée de la Tate Britain à Londres. L'exposition du musée du Luxembourg permet de découvrir la période dite de «L'âge d'or» de la peinture anglaise, s'étirant de 1760 environ, avec la rivalité de deux grands noms des arts - Joshua Reynolds et Thomas Gainsborough - jusqu'à 1820 environ.

A la suite de la vogue des portraits en pied et des études intimistes de la famille royale et des personnalités importantes du régime de George III, naquit un nouveau regard sur l'enfance, la famille et même la nature. L'émotion entre alors de plein fouet dans la peinture avec une attention particulière donnée au pittoresque et à la nature sauvage. Une sélection d'oeuvres sur papier montre également l'essor formidable que connaît alors l'aquarelle. Enfin, l'oeuvre de J.M.W. Turner saura inspirer de nombreux artistes dans une nouvelle conception de l'art comme support de l'imaginaire.

L'âge d'or de la peinture anglaise, de Reynolds à Turner, au Musée du Luxembourg du 11 septembre 2019 au 16 février 2020.

Mondrian figuratif au Musée Marmottan Monet

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[ Capture d'écran / Détail de Piet MONDRIAN, Devolution, 1908 Huile sur toile, 94 x 61 cm ©Gemeentemuseum Den Haag]

Connu pour ses lignes épurées et ses carrés rouge, jaune et bleu qui ont inspiré à Yves Saint Laurent sa célèbre robe, Piet Mondrian fut aussi un artiste figuratif. C’est à cet aspect de l’œuvre du peintre néerlandais que le musée Marmottan Monet rend hommage. Une soixantaine d’œuvres, sélectionnées par Mondrian lui-même vers 1920 pour le collectionneur Salomon B. Slijper, révèlent cette face méconnue de l’artiste. L’occasion de découvrir ses paysages et ses portraits marqués par l’influence de l’impressionnisme ou encore des fauves et du symbolisme.

Mondrian figuratif au Musée Marmottan Monet du 12 septembre au 26 janvier 2020.

Ne les laissez pas lire! Polémiques et livres pour enfants, à la BNF

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[Capture d'écran / Romans à lire et romans à proscrire de l’abbé Bethléem. O. Masson, 1906 (3e édition). BnF, Arsenal]

Nombreux sont les livres pour la jeunesse qui ont provoqué des polémiques. Parfois censurées et critiquées, ces publications ont en tout cas suscité la polémique. l'occasion pour la BNF de donner à réfléchir sur la place de la littérature jeunesse dans les tabous de la société. Ces polémiques sont-elles révélatrices d'une certaine vision de l'enfance ? Doit-on parler de tout aux enfants ? Quelques 120 publications sont ici présentées à l'occasion de l'anniversaire de la loi du 16 juillet 1949 qui encadre encore aujourd'hui le travail de l'édition pour la jeunesse.

Chronologique, l'exposition démarre au début du vingtième siècle, permettant au public de découvrir les livres interdits ou déconseillés aux enfants pour des motifs religieux, moraux ou encore politique. Le public (re)découvrira d'abord les écrits de l'abbé Bethléem qui, au début du vingtième siècle, s'insurgeait face aux lectures amorales des enfants, puis la fameuse loi de 1949 qui obligent les éditeurs (et plus particulièrement les éditeurs de BD) à gommer armes, scènes trop violentes et même onomatopées trop voyantes. Alors que mai 1968 brise les tabous, des illustrateurs ou auteurs pour enfants s'insurgent à nouveau dans les années 1980 des idéologies véhiculées par certaines oeuvres. A travers ces polémiques, aujourd'hui encore vives, c'est un portrait de la société française qui se dessine avec ses peurs et ses interdits.

Ne les laissez pas lire ! Polémiques et livres pour enfants, à la BNF du 17 septembre au 1er décembre 2019.

La collection Alana, chefs-d'oeuvre de la peinture italienne, au musée Jacquemard André

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Puisant son nom dans la réunion des prénoms du couple formé par Alvaro Saieh et Ana Guzman, la collection «Alana», gardée très secrète, débarque à Paris. Durant des années, ces passionnés américains d'art gothique et de Renaissance italienne ont sélectionné et rassemblé un ensemble considérable d'oeuvres signées des plus grands maîtres italiens tels que le Tintoret, Véronèse, Fra Angelico ou Bellini. Bien connue des historiens de l'art, cette précieuse collection est prêtée au musée Jacquemart André à titre exceptionnel en raison de l'affection du couple pour le musée parisien. De la peinture du XIIIe siècle jusqu'aux oeuvres caravagesques, le public peut ainsi admirer ces 75 chefs-d'oeuvre, dont quelques sculptures et objets d'art.

La collection Alana, chefs-d'oeuvre de la peinture italienne, du 13 septembre 2019 au 20 janvier 2020, au musée Jacquemart André.

 Nés quelque part, à la Cité de l'économie

Pour sa première exposition temporaire, Citéco, la toute nouvelle Cité de l'économie,  se tourne résolument vers le futur avec «Nés quelque part», une exposition qui a fait ses preuves dans plusieurs villes de France dont Bordeaux, Strasbourg ou Marseille. Tout d'abord par le biais du sujet choisi : les enjeux du climat, mais aussi par la forme. L'exposition proposera aux visiteurs une visite immersive afin d'oublier leur propre identité et devenir ainsi Manolo, Bilikiss, Nana ou encore Ihoa pendant le temps de leur déambulation.

Au total les histoires de 18 personnages venus de tous horizons, basés sur des faits et des projets réels, tenteront de faire comprendre au public l'impact concret du dérèglement climatique sur la vie de ces gens. Comédiens, décors, vidéos, audioguides et même expériences olfactives ou gustatives se chargeront de proposer solutions et projets de développement afin de s'adapter aux différentes situations.

Nés quelque part, du 26 septembre au 24 novembre 2019 à la Cité de l'économie.

Degas à l'opéra, au Musée d'Orsay

Indissociable de ses célèbres danseuses de l'Opéra de Paris, Edgar Degas reste néanmoins un passionné d'opéra dans son ensemble, jusqu'à en faire le point central de ses travaux picturaux. Si l'on se souvient de l'exposition du centenaire de Degas avec «Degas Danse Dessin» en 2017 au Musée d'Orsay, où la figure de la danseuse était exposée sous l'angle de l'amitié méconnue (et la correspondance) entre le peintre et Paul Valery, cette fois, le musée rentre plus en profondeur dans l'amour de Degas pour l'opéra et ses ballets.

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Capture d'écran Youtube / Danseuse au bouquet, saluant sur la scène, 1878 © Musée d’Orsay Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Au-delà de la figure de la ballerine, Degas explore les moindres recoins de ce lieu magique et de ce microcosme si particulier. De la scène aux coulisses en passant par la salle de répétition, Edgar Degas va, des années 1860 jusqu'à ses dernières oeuvres autour de 1900, étudier tous les aspects de l'opéra et de ceux qui le peuplent : danseuses, chorégraphes mais aussi spectateurs, musiciens d'orchestre et abonnés, ces hommes en noir - dont il fit partie tardivement - autorisés à accéder aux coulisses.

Degas à l'opéra, du 24 septembre jusqu'au 19 janvier 2020 au Musée d'Orsay.

Toulouse-lautrec, résolument moderne, au Grand Palais

Souvent réduit à Montmartre et aux peintures de danseuses du Moulin Rouge et des prostituées, Henri de Toulouse-Lautrec a surtout peint son époque, les femmes, sans une once de misogynie ni de jugement, comme les hommes. Il s'est également rapproché du monde de la photographie, conscient du pouvoir de ce médium, notamment dans la recherche du mouvement. L'exposition, la première rétrospective française depuis 1992, se veut chronologique dans un premier temps. D'abord les premières années de formation avant de passer à quelques thématiques fortes comme les portraits d'hommes, puis l'affiche, le cyclisme, les cavaliers et les chevaux qui lui permettent, comme Degas, de travailler sur le mouvement et la vitesse. L'exposition s'attarde également sur ses relations aux autres artistes de l'époque avec qui le peintre a entretenu de nombreuses correspondances : Degas, Manet ou encore Ingres. Au final, c'est un artiste libre et d'une grande modernité que les organisateurs de l'exposition ont souhaité mettre en avant.

Toulouse-Lautrec, résolument moderne, du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020 au Grand Palais.

Léonard de Vinci, au Louvre

Pour le cinquième centenaire de la mort de Léonard de Vinci, Le Louvre organise l'exposition évènement de l'année. Tellement évènement qu'en raison de l'affluence attendue, seules les réservations sont acceptées pour y accéder.  Si le célèbre peintre n'a laissé que quelques oeuvres à la postérité, des milliers de documents d'archives, de textes et de dessins sont disponibles. De quoi nourrir cette retrospective. Autour de cinq oeuvres maitresses du peintre que Le Louvre conserve, à savoir La Vierge aux rochers, La Belle ferronière, Le Saint Jean-Baptiste, La Sainte Anne et la Joconde (qui reste dans sa salle pour que le reste des visiteurs du Louvre puissent continuer à venir l'admirer). d'autres peintures du maître viennent compléter cette rétrospective ainsi que de nombreux dessins et d'études. Comprendre comment le génie abordait l'art et étudiait ce qui l'entourait. A partir de son observation minutieuse de la nature, de ses explorations scientifiques du monde, le peintre parvint à apporter la vie dans ses tableaux. L'exposition dresse aussi le portrait d'un homme empreint de liberté au travers de sa biographie. Documents d'archives et expérience de réalité virtuelle autour de La Joconde sont l'occasion de s'immerger dans l'art de Léonard de Vinci.

Léonard de Vinci, du 24 aoctobre 2019 au 24 février 2020, au Louvre.

Greco, au Grand Palais

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«La Sainte famille», 1580-1585 © Courtesy of The Hispanic Society of America, New York.

Né en Crète, Domenikos Theotokopoulos (1541-1614), dit El Greco, a d'abord séjourné en Italie avant de voir son art s'épanouir en Espagne à partir de 1570. Au tournant de la renaissance et du Siècle d'Or, la place du Greco est toute particulière dans l'Histoire des Arts. Etrangement, l'artiste aussi important soit-il dans l'Histoire des Beaux Arts, n'avait jamais eu droit à sa rétrospective en France alors que sa peinture est souvent considérée comme le bouquet final de la Renaissance par ses couleurs flamboyantes et une certaine audace folle.

Si ses modèles sont Titien, Tintoret, ou encore Bassanot et que Michel Ange eut une vive influence sur son art, il faudra attendre les avant-gardes européennes de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle pour que le Greco soit redécouvert. «Aujourd'hui, on ne regarde pas l'oeuvre de Greco comme autrefois : en son temps, il était considéré comme un peintre de l'élite, explique Guillaume Kientz, l'un des commissaires de l'exposition. Ce qui est amusant, c'est que sa peinture paraît accessible et parle à tout le monde, elle est reconnaissable, sensuelle et colorée.»

Greco, du 16 octobre 2019 au 10 février 2020 au Grand Palais.

chaplin, à la Philharmonie de Paris

Il fallait le faire : le maître du muet s'invite au musée de la musique-Philharmonie de Paris. Rien de paradoxal pourtant puisque l'oeuvre de Charlie Chaplin reste fondamentalement musicale. Son sens de la danse et du rythme infuse également toute son oeuvre filmique. L'exposition retrace la vie de ce musicien autodidacte qui, à 25 ans, quitte le milieu du music-hall pour celui du cinéma. Avec l'invention du personnage de Charlot et même lorsque le cinéma devint parlant, Charlie Chaplin n'eut de cesse de donner une véritable «éloquence musicale» à ses films entre comique sonore, bruitage et musique.

Considéré comme un véritable danseur par le danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski que Chaplin admire par ailleurs, le cinéaste devint, au fil du temps, l'incarnation d'une culture populaire universelle mais engagée. La Philharmonie expose affiches, quelques oeuvres plastiques lui rendant hommage comme ce «Charlot cubiste» de Fernand Léger, et a fouillé de nombreuses archives pour porter une attention toute particulière à ses compositions musicales et ses instants dansés pour au final réunir Charlie Chaplin et les artistes d'avant-garde de l'époque.

Charlie Chaplin, l'homme orchestre, du 11 octobre 2019 au 26 janvier 2020 à la Cité de la musique - Philharmonie de Paris.

Espions

Inspirée de la série «le bureau des légendes» et conçue en partenariat avec les acteurs du renseignement français, l'exposition «Espions» propose de découvrir ces métiers singuliers. Les organisateurs ont fait le choix de mettre en situation le public. Et si un essai nucléaire de faible intensité avait été réalisé dans un pays fictif placé sous surveillance ? Sous 48h, une note de renseignement doit être rendue au directeur. Au visiteur de passer de services en services pour collecter des informations et les relier entre elles. Entre fiction et réalité, cette expérience immersive permet de mieux comprendre les techniques de renseignement et l'organisation des agents dont le quotidien est étonnant. D'ailleurs plusieurs interviews d'agents de renseignement français ont été réalisées spécialement pour cette exposition. Un univers mystérieux à décrypter en famille.

Espions, du 15 octobre 2019 au 9 août à la Cité des sciences et de l'industrie.

 

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