Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

«Je veux qu’il y ait un avant/après mon spectacle pour le public» : le mentaliste Charlie Haid prolonge sa tournée dans toute la France en 2026 avec de nouvelles dates

Charlie Haid est en tournée dans toute la France et jouera à La Cigale, à Paris, le 22 février 2026. [JUST BE COM]

Vainqueur du jeu Loups-garous sur Canal+, le mentaliste Charlie Haid est en tournée en France, Suisse et Belgique. A 23 ans, cet ancien étudiant ingénieur a décidé de passer sa vie à bluffer les autres, tout en les faisant rire. De son apprentissage sur les terrasses de Hyères dans le Var, aux planches de la Cigale en février prochain, ce passionné de l’Humain nous dévoile son univers.

Vous avez affiché complet au Point Virgule à Paris tous les mardis et mercredis pendant plusieurs mois. Depuis quand jouez-vous à guichet fermé ?

J’ai été à guichet fermé à partir d’octobre 2024 et j’ai arrêté ces rendez-vous le 25 mars 2025, on était complet pendant 6 mois quasiment, c’est trop cool !

Comment est né votre spectacle «Intensément mentaliste» ?

La base du spectacle est partie du concept que vivre, c’est pas fou ! Si je fais du mentalisme en spectacle, c’est pour faire plus que simplement vivre. Mon but est de bluffer les gens et les faire rire. J’aime faire la différence entre vivre et exister, et dans le spectacle, je fais en sorte qu’on vive, et qu’on vive un vrai moment à travers l’humour et la réflexion.

Dans les commentaires en ligne de vos spectateurs, on parle beaucoup de votre sincérité et de votre accessibilité. Mais un mentaliste peut-il être sincère et accessible ?

C’est justement la conclusion que j’ai tirée avec le mentalisme : on ne peut pas se connecter avec des gens en étant constamment dans l’analyse. Cette accessibilité et cette sincérité, c’est ce qui rend plus profond la compréhension de ce qu'il y a dans la tête des gens. Une partie de la connexion à avoir avec les gens passe par cette proximité.

Sur votre spectacle, vous collaborez avec un autre mentaliste : Fabien Olicard. Comment fonctionne votre duo ? Chacun a sa spécialité ?

On est plutôt deux passionnés du même domaine et j’ai la chance que Fabien ait beaucoup d’expérience, qu’il soit passé par tous les chemins par lesquels je passe actuellement. On passe quatre ou cinq heures à faire un ping pong d’idées. Etant donné qu’on a un peu la même façon de réfléchir, on a des idées qui vont se construire ensemble. Il m’apporte beaucoup sur l’aspect mentalisme.

Comment rendez-vous le mentalisme, pas très visuel sur le papier, vivant sur scène ?

En essayant de connecter avec les gens ! Je fais en sorte que chaque personne du public puisse être mentalisée. Effectivement, parfois un stylo et un carnet suffisent, mais je rends le tout visuel à travers le texte et l’expérience. J’essaye d’aller chercher ce qu’il y a au fond de nous. C’est du stand up ! Les stand upper sont de très bon mentalistes.

Vous avez dit que tout le monde peut devenir mentaliste, est-ce qu'il n'y a pas quand même un petit truc en plus à avoir ?

Pour moi, c’est vraiment comme le piano : il y a des gens très bons très tôt et d’autres qui ont besoin d'entraînement. Personnellement, j’ai une technique que j’ai trouvée à travers mes recherches sur internet et dans les livres. J’ai commencé par observer des gens en terrasse, quand j’avais 15-16 ans : je faisais mes théories, pendant deux ans, sans aller plus loin. Puis un jour, je suis allé les voir pour vérifier mes déductions. On apprend beaucoup de choses ! Je pense qu’on le fait un peu tous, mais moi j’en ai fait un métier. Aujourd’hui, j’ai la capacité d’aller voir les gens sans les gêner, ni les mettre mal à l'aise, ils trouvent ça marrant, on passe un bon moment.

Pourquoi fait-on du mentalisme ? Quel est son but ?

Très bonne question… Je pense que j’ai commencé le mentalisme parce que j’étais très timide. Je me suis dit qu’en comprenant ce qu’il y avait dans la tête des gens, il me serait plus facile d’aller au-delà de cette timidité. Aujourd’hui, il y a un émerveillement et cet émerveillement chez les gens est magnifique à voir. 

Ce n’est pas le nombre d’années qu’on vit qui est important, c’est la vie qu’on met dans nos années.

 

J’essaye de faire en sorte qu’il y ait un avant/après spectacle pour le public. De faire comprendre que ce n’est pas le nombre d’années qu’on vit qui est important, c’est la vie qu’on met dans nos années. Cette philosophie allonge notre perception du temps.

Vous avez vraiment travaillé pour participer au jeu Loups-garous sur Canal+. Comment avez-vous vécu cette expérience : y avait-il quand même cette peur d’être éliminé rapidement ?

Je m’étais préparé au fait d'être vite éliminé ! J’avais très peur d'être sorti, on s’était appelé avec Fabien Olicard pour analyser les attitudes à avoir pour être bon loug-garou ou bon villageois. Quand j’ai vu que j’étais loup-garou, ça m’a déstressé ! Pourtant, ma stratégie a été de me faire des amis sincères, car si on s’apprécie, les gens essayent de vous garder avec eux et ça m’a aidé je pense. Aujourd’hui, j’en garde de très bons amis.

Qu’a changé dans votre vie cette prise de notoriété soudaine ?

Principalement les spectacles. J’ai arrêté mes études d’ingénieur pour monter sur scène donc voir mes spectacles aussi remplis, c’est une chance. J’avais déjà une communauté sur mes réseaux sociaux puisque je fais beaucoup de vidéos, mais quand on passe sur ces plates-formes de streaming comme MyCanal, il y a un côté institutionnalisant. Mais les interactions avec les gens dans la rue deviennent très bizarres : les gens peuvent vous interpeller juste pour dire qu’il vous ont vu dans «Loups-garous» et repartir. Il y a une distance différente par rapport aux réseaux sociaux. C’est très bizarre mais très agréable.

Dans votre livre «Deviens un aimant social : en finir avec la peur du regard des autres», vous expliquez avoir étudié les comportements pour modifier le vôtre. Pour vous tout réside dans l’incompréhension ? 

Oui je pense. En comprenant comment on fonctionne et comment fonctionnent les autres, on peut mettre en place des outils. Mais il faut aussi s’entraîner : le nageur ne peut pas apprendre en théorisant sur l’eau, il faut aller dans l’eau. Pour les comportements sociaux, c’est pareil : il faut comprendre les grandes bases puis pratiquer, et la pratique reste la meilleure facon d’apprendre. Et pratiquer, c’est sortir !

Une technique pour vaincre sa timidité ?

Deux choses m’ont aidé personnellement. D’abord, comprendre que, fondamentalement, les gens nous considèrent comme un personnage secondaire de leur vie : on surévalue l’importance que l’on porte au regard des autres. on constate qu’on surévalue jusqu’à 5 fois le nombre de personne qui nous regardent, par exemple quand on fait une fixette sur nos cheveux gras : la réalité c’est qu’il y a beaucoup moins de gens qui vont remarquer, et ceux qui vont le remarquer s’en fichent. Ça dédramatise. 

Notre cerveau a besoin de s’échauffer !

 

Ensuite, il y a l’échauffement social : notre cerveau a besoin de s’échauffer, c’est comme le sport, ou même un rendez-vous amoureux ! il faut commencer par avoir de petites interactions avec des gens dans la rue. On peut demander les prénoms des gens dans la rue. On sera moins timide ensuite ! C’est un vrai exercice que je fais avant chaque spectacle jusqu’à aujourd’hui. Et quand on sort du spectacle, il n'y a plus du tout de barrière sociale.

Il y a de plus en plus de mentalistes aujourd’hui, le secteur est-il saturé ?

Je suis convaincu qu’il y a de la place pour tout le monde. Chacun a sa facon de faire, et plus il y en aura, plus le mentalisme sera connu et mieux ce sera pour nous tous. Il faut encourager notre travail, c’est bénéfique pour tous.

Y-a-t-il des publics plus difficiles que d’autres ?

Les publics «cinéma» : ils sont attentifs mais il y a très peu d’interaction. Dans certaines villes ou salles, les gens veulent absolument tester le mentaliste : voir si ça marche, comme à Lyon. C’est challengeant mais c’est sympa, ça me fait sortir de ma zone de confort.

Vous vous étiez fixé l’objectif de lire plus cette année. Avec votre agenda surchargé, avez vous réussi ? Qu'aimez-vous lire ? Est-ce que toute lecture participe à forger vos compétences de mentaliste ?

Oui je réussi à lire grâce à des règles que je me suis imposé : je lis forcément le matin et j’ai toujours un livre sur moi. Je lis beaucoup de livres scientifiques sur les sciences sociales ou les neurosciences, mais j’aime aussi l’absurde aussi ! J’adore Camus et Kafka. La lecture nous apprend beaucoup sur l’humain. Avant, j’étais anti-romans, j’estimais que c’était du divertissement mais souvent c’est grâce aux romans qu’on a des déclics. Car toute histoire est basée sur des récits humains. Ça alimente mes compétences et mes spectacles.

Sur les réseaux, vous donnez des conseils pour en apprendre sur soi... C’est avant tout pour en apprendre plus sur vous ? 

Oui, c’était surtout pour comprendre comment je fonctionne, et si ça fonctionne pour moi ça fonctionnera pour d’autres. Et si ça peut aider deux ou trois personnes, c’est toujours bien !

Vous jouez aussi votre spectacle le 22 février prochain à la Cigale, vous venez de sortir un livre, vous êtes au cinéma, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter de plus ?

D’aller encore plus loin dans le spectacle et dans ma vision en tant qu’artiste. Je n’ai pas encore assez cherché au fond de moi, je suis très en surface dans ma création de contenu et il me manque ce côté vulnérable que j’aimerais pousser dans mes vidéos, dans mes spectacles. Chercher à savoir qui je suis pour arriver à quelqu’un de plus singulier.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités