Phénomène littéraire, «La femme de ménage» débarque au cinéma ce mercredi avec Amanda Seyfried et Sydney Sweeney dans les rôles-titres. Cette adaptation très attendue est-elle le cadeau de Noël espéré ?
Porter à l’écran un best-seller reste toujours un pari risqué, certains critiquant parfois un traitement trop fidèle à l’ouvrage, quand d’autres, au contraire, regrettent une trop grande prise de liberté face au texte. Mais Paul Feig, réalisateur, entre autres, de «Mes meilleures amies» et «L’ombre d’Emily», a vu dans le succès de «La femme de ménage» une occasion unique de faire venir des spectateurs en salles et de rafler - peut-être - la mise au box-office. Sorti en anglais en 2022, le roman de l’Américaine Freida McFadden a été ensuite traduit dans une quarantaine de langues et écoulé à plus de 12 millions d’exemplaires dans le monde, devenant un phénomène dans le monde de l’édition qui n’a pas manqué de faire de l’œil à l’industrie du 7e art.
Attendu en salles ce mercredi 24 décembre, le long-métrage de 2h11 reprend l’intrigue du thriller domestique aux nombreux rebondissements plus ou moins prévisibles. Après être restée derrière les barreaux pendant dix ans, Millie, désormais en liberté conditionnelle, décroche un job de femme de ménage chez Nina et Andrew Winchester, les propriétaires d’un luxueux manoir à l’escalier labyrinthique situé dans la banlieue new-yorkaise. A première vue, ce poste s’apparente à un rêve éveillé pour la jeune femme sans le sou qui dort dans sa voiture et n'a pas hésité à gonfler son CV. Mais rapidement, tout cela vire au cauchemar. Sa patronne qui n’était qu’amour et tendresse à leur première entrevue, se révèle toxique, instable et totalement hystérique. Un comportement sadique et ingérable bien loin de celui de son mari sexy et bienveillant, avec un sourire clinquant de gendre idéal.
Un divertissement parfait pour les fêtes
Révélée dans les séries «Euphoria» et «The White Lotus», Sydney Sweeney est plutôt convaincante dans la peau de la femme de ménage séquestrée dans sa chambre au grenier, si on oublie ses postures aguicheuses pour passer le plumeau qui rend son personnage parfois un brin kitsch et caricatural. Amanda Seyfried signe la meilleure performance de ce long-métrage en incarnant une «Desperate Housewife» à la plastique de rêve (contrairement au roman) qui perd complètement pied. Quant à Brandon Sklenar, le beau gosse aux muscles saillants qui joue les maris parfaits, il reste beaucoup trop lisse et en devient risible, à l’instar d’une mise en scène qui prête parfois à sourire se rapprochant d’un téléfilm à l'eau de rose.
Tout comme «Cinquante nuances de Grey», «La femme de ménage» doit être pris comme un divertissement pour les fêtes, un plaisir coupable dont il ne faut pas avoir honte. Sans devenir le thriller suffoquant espéré qui nous scotcherait de peur à notre fauteuil, ce «revenge movie» au féminin porté par deux stars hollywoodiennes bankables, prône la sororité pour tordre le cou au patriarcat en usant de quelque clichés très appuyés. On aurait aimé un traitement moins classique et les personnages secondaires, pourtant importants dans le récit, ne soient pas réduits à peau de chagrin. A commencer par le fameux jardinier ramené à de la simple figuration.
Que ceux qui seraient passés à côté de ce carton littéraire se rassurent. Nul besoin d’avoir lu le roman, ni même ses suites, pour comprendre et apprécier (ou non) le film.