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«Nuremberg» : Russell Crowe est-il crédible en Hermann Göring ?

L'acteur s'est investi corps et âme pour ce rôle. [© Bluestone Entertainment]

Dans «Nuremberg», en salles ce mercredi, Russell Crowe se glisse dans la peau d'Hermann Göring, le bras droit d'Adolf Hitler qui s'est suicidé juste avant son exécution. 

Un face-à-face sous haute tension qui s’appuie sur l’ouvrage du journaliste et historien Jack El-Hai, «Le nazi et le psychiatre». Pour son film «Nuremberg» attendu au cinéma ce mercredi 28 janvier, James Vanderbilt, scénariste de «Zodiac» et auteur de «Truth : le prix de la vérité», se penche sur l’un des plus grands procès de l’Histoire qui s’est tenu pendant près d’un an, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en s’attardant sur la confrontation entre deux hommes qui semblent prendre un plaisir - plus ou moins malsain - à se défier. 

 

Incarné par Rami Malek, Douglas Kelley, un jeune psychiatre qui travaille pour l’armée américaine, doit évaluer la santé mentale des hauts dignitaires nazis pour savoir s’ils sont aptes ou non à être jugés pour leurs crimes commis. Parmi les accusés, Hermann Göring, le bras droit d’Adolf Hitler à l’origine de la Gestapo, brillamment interprété par Russell Crowe. Pour ce rôle, l’acteur néo-zélandais de 61 ans s’est donné corps et âme et n’a pas hésité à prendre plusieurs kilos pour coller au plus près à la réalité. 

Par son jeu, il rend compte de la complexité de cette figure du IIIe Reich. Celui qui n’a cessé de jouer la provocation, réitérant son amour pour le Führer et lançant à Douglas Kelley : «Je serai le livre, vous serez une note en bas de page», apparaît dans la première partie du long-métrage comme un père aimant, loin de l’image du monstre qui a joué un rôle capital dans la «Solution finale». Puis, cet être humain se révèle terrifiant et manipulateur, et s’en prend au procureur général Robert H. Jackson (Michael Shannon, plutôt convaincant). 

L'humain Vs le monstre

«Je pense qu’il est bien plus effrayant de contempler l’idée que des personnes capables de crimes comme ceux de Göring sont très humaines et, à bien des égards, très semblables à nous. Une partie du parcours de Kelley repose sur cette prise de conscience, qui n’a été adoptée ni par ses collègues ni par le reste du monde. Personne ne voulait entendre cela de sa part. Ce n’est pas une question d’uniformes menaçants ; ce n’est pas ainsi que le mal se manifeste», indique le réalisateur dans le dossier de presse. 

Cette production hollywoodienne qui prend quelques largesses avec la réalité - à commencer par un Hermann Göring s’exprimant en anglais avec un accent allemand -, aurait mérité un traitement moins académique. Le recours dans ce type d'œuvre à un extrait de six minutes du documentaire «Nazi Concentration Camps» qui avait été diffusé lors du procès en novembre 1945, pourra aussi en irriter certains. 

Interrogé à ce sujet, James Vanderbilt a rétorqué que «ces images devaient faire partie du film». «Être confronté à la réalité de ce que montre ce film est imparable. Cela cristallise la compréhension de ce qui s’est passé. On ne peut plus ignorer après cela. Même si certains essaient, on ne peut pas effacer ces images de sa mémoire, on ne peut pas «désentendre» la vérité», a-t-il ajouté.

S’il n’est donc pas exempt de défauts, ce long-métrage a le mérite de revenir sur l'une des périodes les plus sombres de notre histoire, alors que 46% des Français âgés de 18 à 29 ans n’auraient jamais entendu parler de la Shoah, selon un sondage publié par Conference on Jewish Material Claims Against Germany en janvier 2025.

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