Avec «Disclosure day», film événement attendu en salles ce mercredi, Steven Spielberg revient à la science-fiction et confirme son obsession pour les extraterrestres.
A bientôt 80 ans, qu’il fêtera en fin d’année, Steven Spielberg n’en a pas fini avec les ovnis. Un demi-siècle après avoir amorcé le dialogue avec les petits hommes verts grâce à cinq célèbres notes de musique dans «Rencontres du troisième type», puis imaginé la rencontre entre le jeune Elliott et «E.T., l’extraterrestre» en 1982, pour ensuite défier cette espèce venue d’ailleurs dans «La guerre des mondes» vingt-trois plus tard, le réalisateur américain s'interroge de nouveau sur ces hommes venus d'ailleurs dans «Disclosure day», au cinéma ce mercredi 10 juin.
Coscénarisé avec son complice David Koepp («Jurassic Park»), le long-métrage met en scène un lanceur d’alerte, joué par le Britannique Josh O’Connor, qui souhaite révéler au monde entier et au péril de sa vie, l’existence d’une présence extraterrestre. Pour ce faire, l’homme a récolté des dizaines de preuves jusqu’à présent dissimulées par le gouvernement.
Dans le même temps, une présentatrice météo à qui Emily Blunt prête ses traits, est sujette à des comportements étranges après avoir aperçu un oiseau dans son appartement. Elle se met à parler plusieurs langues dont le coréen, lit dans les pensées de ses interlocuteurs dont elle connaît les moindres petits secrets, et émet des sons inintelligibles pour le commun des mortels en plein bulletin météo à l'antenne.
Dès lors, commence une course contre la montre pour ces deux héros qui seront vite identifiés par leurs ennemis comme ayant un lien avec une autre forme de réalité. Et l’humanité doit se préparer à ce fameux «jour de la révélation» au cours duquel son système de croyances se verra assurément bouleversé. Fasciné par «ce qui se passe dans le ciel la nuit» depuis sa plus tendre enfance, Steven Spielberg s’interroge sur notre manière de réagir si nous devions apprendre que les extraterrestres existent vraiment et que nous ne sommes pas, par conséquent, seuls dans l’univers.
L'enfance et le collectif comme thèmes de prédilection
C’est en découvrant un article du New York Times en 2017, intitulé «Auras lumineuses et argent noir : le programme mystérieux du Pentagone sur les ovnis» que le cinéaste, obsédé par les phénomènes non expliqués, a eu l’envie de s’emparer de nouveau du sujet. En résulte un blockbuster qui se présente à la fois comme un film d’aventure, un thriller d’action et une œuvre politique, avec encore et toujours au cœur du récit la puissance du collectif face à l’inconnu.
Plus que jamais convaincu par la thèse du complot selon laquelle le gouvernement américain dissimulerait l’existence d’aliens, et alors que le Pentagone a rendu public en mai dernier des documents, précédemment tenus secrets, sur des objets volants non-identifiés comme des soucoupes volantes, Steven Spielberg semble vouloir boucler une histoire commencée avec «Rencontres du troisième type». Malheureusement, ce «Disclosure day» souvent trop bavard, manque parfois de profondeur. Les aliens sont comme souvent chez l’auteur d’«Indiana Jones» des gentils, mais l’intrigue tourne en rond. Surtout, l’histoire est quelque peu prévisible et les scènes d’action certes bien exécutées, mais peu crédibles à l’instar de cette voiture percutant une façade de maison en pleine course.
Il n’en demeure pas moins que cette superproduction interpelle sur le pouvoir qu’ont, à notre époque, les médias et les entreprises privées sur notre société. Elle réunit aussi tous les thèmes chers au cinéaste tels que la famille, et ce dernier multiplie les clins d’œil à sa filmographie avec, notamment, un train percutant une voiture, référence directe à l’une des scènes cultes de «Duel», diffusé pour la première fois en 1971.
Et Steven Spielberg n’est jamais aussi bon que quand il filme l’imaginaire à hauteur d’enfant, réussissant à nous émerveiller et confirmant son talent pour la mise en scène, surtout quand elle est sublimée par la musique de l’inégalable compositeur John Williams. Quant au casting composé d’Emily Blunt, Eve Hewson, Colin Firth, Josh O’Connor et Colman Domingo, il apporte la crédibilité et la magie nécessaires à ce long-métrage que l’on regarde au final avec délectation.