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«Le testament d'Ann Lee» : l'incroyable histoire vraie d'une cheffe religieuse qui a inspiré le film avec Amanda Seyfried

Amanda Seyfried incarne cette femme méconnue en Europe. [© Searchlight Pictures]

En salles ce mercredi et magistralement interprété par Amanda Seyfried, «Le testament d’Ann Lee» retrace l’histoire de la fondatrice du culte des Shakers. Mais qui était vraiment cette «Mother Ann» ?

Une prophétesse méconnue. Alors qu’elle enquêtait sur les mouvements religieux présents aux États-Unis à la fin du 18e siècle, la réalisatrice d’origine norvégienne Mona Fastvold a appris l’existence d’Ann Lee. Un destin hors du commun porté sur grand écran dans le film, à la fois musical et historique, «Le testament d’Ann Lee», que les spectateurs français pourront découvrir dès ce mercredi 11 mars au cinéma. 

 

Dans un entretien accordé en septembre 2025 à l’AFP, la cinéaste, qui a de nouveau collaboré avec son mari, le scénariste Brady Corbet, avec lequel elle avait déjà travaillé sur «The Brutalist», avait confié que cette personnalité était «l'une des toutes premières féministes américaines qui s'est battue pour l'égalité». Entre «les sexes, et entre les humains». 

Elle a fui aux États-Unis en 1774

Incarnée à l’écran par l’actrice Amanda Seyfried qui aurait largement mérité une nomination aux Oscars pour cette prestation, Ann Lee est née en 1736 à Manchester, en Angleterre. Cette jeune femme issue du milieu ouvrier et qui a œuvré dans une usine de coton, est devenue la leader du mouvement shaker qui se présentait comme un dérivé des quakers. Un culte qui s’appuyait sur le chant ainsi que la danse qui, au fur et à mesure de la pratique, amenait les adeptes jusqu’à un état de transe. 

Cette Anglaise avait trouvé refuge dans la religion après avoir perdu quatre enfants et était venue à croire que la sainteté ne pouvait être atteinte qu'en renonçant à la «cohabitation charnelle», faisant du travail manuel, sa prière, tout comme le rejet de l’orgueil et de la richesse. 

Avec un petit groupe de disciples qui comptait quelques-uns de ses proches, Ann Lee a traversé l’Atlantique en 1774 pour fuir les persécutions dont elle pouvait être victime dans son pays. Autour d’elle, une communauté shaker s’est peu à peu développée près de New York. Comme l’a rappelé la réalisatrice, toujours à l’AFP, l’idée de «créer une communauté, où on peut être en sécurité, où on peut penser différemment à son rôle au sein de la famille, au sein de la société, et avoir de l'espace pour s'exprimer» a suscité à l'époque beaucoup d’intérêt. 

A l'origine d'un style de mobilier

Celle que l’on surnommait «Mother Ann» et qui était considérée comme la réincarnation du Christ au féminin pour ses adeptes, a sillonné les États-Unis pour expliquer sa pensée, toujours avec les hymnes incantatoires shakers. Mais même exilée, Ann Lee n'a eu de cesse d'être malmenée et violentée par ses détracteurs. Elle est morte en 1784, à l’âge de 48 ans, et est enterrée au cimetière de Watervliet, près d'Albany. 

En 2026, il resterait, selon Mona Fastvold, seulement trois membres de cette société utopiste souvent qualifiée de secte, alors qu’en 1840, cette dernière comptait plus de 6.000 disciples de 19 communautés. Aux États-Unis, le mouvement shaker a par ailleurs donné naissance à un style de mobilier à l’esthétique très épuré et minimaliste.  

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