La tapisserie de Bayeux doit rejoindre l’Angleterre où elle sera exposée dès septembre prochain. Pour déplacer ce fragile chef-d’œuvre de l’art roman datant du XIe siècle, toutes les précautions vont être prises et plusieurs tests ont été effectués.
Le transport prochain de la célèbre tapisserie de Bayeux est sous haute surveillance. Alors que cette broderie de 70 m de long par 50 cm de haut, vieille de plus de 1000 ans, traversera prochainement la Manche pour rejoindre le British Museum où elle sera exposée dès septembre, son acheminement a été étudié dans les moindres détails. Répétition, création d’un écrin spécifique… Le déplacement de ce document historique unique au monde a fait l’objet de toutes les attentions a assuré, mercredi, la ministre de la Culture, Catherine Pégard.
«Rien, absolument rien, n'a été laissé au hasard, en particulier en ce qui concerne le déplacement de cette œuvre», a-t-elle certifié lors d’une conférence de presse, alors qu’en juillet dernier plusieurs experts avaient fait part de leurs inquiétudes de voir l’œuvre fragilisée par les années être déplacée sur une longue distance. «Jamais sans doute dans l'histoire du transport d'œuvres d'art, autant de tests, autant de protocoles, autant de contrôles de risques n'ont été réalisés pour un seul déplacement», a également souligné la ministre reconnaissant toutefois que «le risque zéro n'existe pas».
La date de son transfert gardée secrète
Parmi les mesures mises en place pour préserver ce joyau, un écrin capable d’absorber les chocs, comparé par la ministre à un berceau pour nouveau-né, a notamment été créé. Deux voyages test ont également été effectués en avril. Selon un rapport technique communiqué mercredi, ce second voyage a permis d’établir que l’écrin dans lequel reposera la tapisserie peut absorber «96% de la force d'un choc». Côté sécurité, la tapisserie voyagera par ailleurs à une date gardée secrète.
Véritable témoin de l’histoire, la Tapisserie de Bayeux, créée à l’aide de fils de laine brodés sur une toile de lin, raconte l’épopée de Guillaume le conquérant, duc de Normandie, devenu roi d’Angleterre en 1066, à l’issue de la Bataille d’Hastings.
Probablement commandée par l’évêque Odon, demi-frère de Guillaume Le conquérant, pour orner sa nouvelle cathédrale de Bayeux en 1077, elle y a été exposée pendant plusieurs siècles avant de rejoindre le Musée de la Tapisserie de Bayeux. Ce dernier a fermé ses portes le 1er septembre 2025, pour une rénovation qui doit durer deux ans, avant sa réouverture en octobre 2027. Mise en réserve jusqu’alors, le prêt de ce chef-d’œuvre à l’Angleterre avait été annoncé en juillet 2025 par Emmanuel Macron. A l’issue de son exposition outre-Manche, la tapisserie inscrite par l’UNESCO au registre «Mémoire du Monde», fera l’objet d’une restauration prévue de longue date, sur le sol français.
Avant la fermeture du musée, la tapisserie de Bayeux attirait plus de 400.000 visiteurs par an.