L’acteur Russell Crowe pense savoir pourquoi «Gladiator II» de Ridley Scott n'a pas autant séduit le public que le film original.
Invité ce week-end au Festival du film de Taormina, en Italie, pour y recevoir un prix pour sa contribution au cinéma, Russell Crowe a donné son avis très tranché sur ce qui a selon lui fait «échouer» le deuxième volet de la saga sorti en 2024 avec Paul Mescal dans le rôle principal.
Russell Crowe talks pushing back on studio pressure for sex scenes in Ridley Scott’s ‘Gladiator’ and says ‘Gladiator II’ failed to ignite audiences in the same way as the original film because it lacked a “moral core” - Taormina Film Festival pic.twitter.com/Yh7iQ7cmk2
— Deadline (@DEADLINE) June 13, 2026
Comme le relève le site américain Deadline, Russell Crowe a suggéré que «Gladiator II» de Ridley Scott n'avait pas réussi à enflammer le public de la même manière que le film original car il lui manquait un «noyau moral».
«Aucun sens»
Il s’est d’abord souvenu de son opposition personnelle en 2000 à la volonté d'inclure des scènes de sexe mettant en scène son personnage Maximus car il estimait que cela ne correspondrait pas à la réalité d'un homme en deuil après la mort de sa femme. «J’ai insisté, mais j’ai insisté», a-t-il raconté. «J’ai dit : 'C’est l’histoire d’un homme qui venge la mort de sa femme et de son enfant. Il ne peut y avoir un seul moment dans son parcours où il s’arrête pour avoir des relations sexuelles avec quelqu’un. Ça n’a aucun sens… ça détruit tout le récit'».
«Ils se sont opposés à moi», a-t-il poursuivi. «Ils m'ont envoyé des lettres à ce sujet et tout le reste, mais je suis resté ferme sur ma position. Heureusement pour moi, Ridley (Scott), même s'il aurait adoré écrire une scène de sexe entre Connie Nielsen et moi, était d'accord avec moi à l'époque, et considérait que c'était là le cœur moral du film», a-t-il ajouté.
Russell Crowe a ensuite déclaré avoir été conforté au fait que, lors de la sortie du film, il y avait selon lui plus de femmes que d'hommes dans les salles de cinéma. «À première vue, 'Gladiator' est un film pour hommes, mais si c'était le cas, il traiterait de revanche. Or, ce n'est pas le cas. C'est un film pour femmes, justement parce qu'il parle de vengeance ; la nuance est subtile, certes, mais elle existe. Il fallait que le personnage reste fidèle à cette idée», a-t-il déclaré.
Parlant de «Gladiator II», il a ajouté : «Le deuxième film a à peine réalisé les mêmes recettes que le premier, mais vingt ans plus tard, et si l'on tient compte de l'évolution de la valeur du dollar, ils ont échoué, et ils ont échoué parce qu'ils n'ont justement pas compris ce qui avait fait le succès du premier film : son noyau moral».
Ce n’est pas la première fois que la star du premier film se montre en colère vis-à-vis de la suite à laquelle il n’a pas participé. Lors d’un entretien avec la radio australienne Triple J, il n’avait pas caché tout le mal qu’il pensait du film, étrillant le réalisateur Ridley Scott et les «personnes impliquées dans sa production» pour «n’avoir pas compris ce qui rendait le premier film si spécial», estimant que la force du long-métrage ne résidait «ni dans le faste, ni dans les circonstances, ni dans l’action mais dans le message moral».