«Tu étais habillée comment ?» : l'expo choc qui fait tomber les préjugés sur le viol

Une photo tirée de l exposition "Tu étais habillée comment ?" de l Université de Kansas [Capture d'écran Youtube]

Début septembre et pendant deux semaines, l'Université de Kansas a présenté l'exposition «Tu étais habillée comment ?», l'occasion de rappeler que le viol et les vêtements des victimes n'ont aucun rapport. 

«Un maillot de bain. Nous avions fait du canoë sur la rivière toute la journée. C'était très amusant. Puis, ils sont entrés dans ma tente lorsque je me changeais» : l'un des dix-huit témoignages que Jen Brockman, directrice du Centre de prévention et de sensibilisation aux violences sexuelles de l'Université du Kansas et le docteur Mary A.Wyandt-Hiebert ont décidé d'exposer.

L'histoire de la survivante est accompagnée d'un vêtement porté par la victime au moment de l'agression : un bikini, un t-shirt à col jaune pour garçon, un pantalon droit et une chemise habillée, une robe d'été. Les vêtements présentés ne sont pas les tenues originellement portées par les victimes, restées anonymes. 

La destruction d'un mythe sur les violences sexuelles 

Cette exposition coup de poing tend à lutter contre les reproches faits aux victimes et déconstruire cette croyance. Elle répond à une question souvent posée aux victimes d'agressions sexuelles, sous-entendant que le pire aurait pu être évité si elles n'avaient pas choisi cette tenue jugée trop sexy. «Les visiteurs peuvent se mettre à la place de l'autre, le but est d'arriver au point où ils se disent : Eh ! J'ai la même tenue dans mon placard» indique Jen Brockman, au HuffPost. L'objectif est de sensibiliser le public aux violences sexuelles et lutter contre la stigmatisation des victimes. «Ce n'est pas la tenue qui est la cause des violences sexuelles, c'est la personne qui commet l'agression» rappelle la directrice du centre de prévention. 

Succès de l'exposition 

L'exposition n'a pas laissé insensible. Sur twitter, les internautes partagent, réagissent. Marlène Schiappa, secrétaire d'État des Égalités entre les femmes et les hommes, a publié sur son compte Twitter "Le viol est toujours le choix, la responsabilité, la faute du violeur, jamais dans aucun cas, la faute, la responsabilité de la victime". 

Face à ce succès, l'Université du Kansas prévoit d'exposer les pièces sur le site Internet du centre de prévention et d'éducation contre les agressions sexuelles cet automne.

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