Diffusée sur Canal+ à partir de ce jeudi 15 septembre, Tokyo Vice, série coproduite par Michael Mann, raconte l’histoire de Jake Adelstein, un journaliste américain infiltré chez les yakuzas.
Une incroyable plongée dans le monde de la pègre niponne. La série Tokyo Vice (HBO), diffusée sur Canal+ à partir de ce 15 septembre, raconte comment un journaliste américain a réussi au péril de sa vie à infiltrer le milieu des yakuzas.
La série produite par Michal Mann est en effet inspirée du livre-enquête de Jake Adelstein, qui de 1993 à 2005 a été reporter à la rubrique police-justice du très populaire quotidien Yomiuri Shimbun (à l'époque le plus lu au monde avec 15 millions d'exemplaire vendus par jour), où jamais un Occidental n’avait eu l’honneur de travailler avant lui.
Après s’être vu confier des affaires mineures, ce fils de médecin légiste a eu accès à des cas d’homicides et de mœurs qui de fil en aiguille l’ont amené à côtoyer la police locale, en particulier un inspecteur qui lui a littéralement servi de mentor pour lui faire connaître les us et coutumes des gangsters japonais, puis à s’infiltrer dans le milieu très fermé des yakuzas.
Protection policière
Ses enquêtes ont permis de mettre au jour plusieurs affaires comme celle d’un clan qui poussait les particuliers fauchés qui leur devaient de l’argent au suicide pour se faire ensuite rembourser par des compagnies d’assurance.
Il y a eu aussi les petites magouilles d’un chef yakuza qui avait conclu un marché avec le FBI pour passer en haut de la liste des patients à attendre une greffe du foie. Une révélation qui lui a valu d’être placé sous protection judiciaire, comme il le racontait en 2009 dans son autobiographie, «Tokyo Vice».
Aujourd’hui toujours à Tokyo, où il est désormais pigiste pour des sites tels que Asia Times ou The Daily Beast, il a participé activement à la production de la série de HBO dont le premier épisode, somptueux, a été réalisé par Michael Mann lui-même.
«Je connais J.T. Rogers, le créateur de la série depuis le lycée. Nous avons imaginé ensemble ce que serait la saison une. J.T. a un grand talent pour absorber la culture d’un pays et en faire une histoire authentique et fidèle», a raconté Jake Adelstein dans une interview pour Ouest France en mai dernier. «Lorsque le projet est devenu concret, j’ai participé au scénario. Le but était de dépeindre le Japon des années 1990 tel qu’il était. Mon rôle était aussi de conseiller pour permettre la compréhension des codes éthiques des yakuzas mais aussi les relations entre la police et la pègre. Dans la série, les Tozawa et les Chihara-kai illustrent bien les gangs dans leurs complexités. Ce sont tous des crapules mais ils ont chacun une identité : tous les yakuzas ne sont pas identiques», a-t-il expliqué.
Concernant la fidélité de la série par rapport à son vécu, il a concédé quelques libertés. «Dans la vraie vie, cela m’a pris trois ou quatre ans pour avoir le courage et la témérité de pousser l’investigation comme il le fait dans la série. Sa progression est plus rapide que fut la mienne (rires)», a-t-il dit, toujours pour Ouest France.
Quant à l'acteur qui l'interprète, il n'a pas tari déloges : «Quand j’ai vu le pilote pour la première fois, j’ai revécu le stress du concours d’entrée au journal. Ansel Elgort m’a bluffé ! Je tiens à préciser qu’il parle japonais : il a appris la langue et il pratique l’aïkido. Il voulait participer au projet à tout prix : je trouve qu’il a capturé à merveille mon enthousiasme de l’époque».
![Addictive, cette série de prestige est adaptée d’une histoire vraie et offre une captivante plongée dans la culture tokyoïte.[© 2022 WarnerMedia Direct, LLC. All Rights Reserved. HBO Max™ is used under license]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/tokyo_6320ac1655f35_0.jpg?itok=KU2xaDu2)