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Élection du nouveau pape : le film à succès «Conclave» représente-t-il fidèlement le déroulement du vote papal ?

«Conclave» a été acclamé tant par les spectateurs que par la critique. [© Youtube / FilmNation Entertainment]

Alors que 133 cardinaux se sont réunis pour élire un nouveau pape, cet événement a ravivé l'intérêt pour le film «Conclave», sorti l'an passé, qui explore l'univers clos et secret du Vatican lors de l'élection papale.

On s'y croirait presque. Bien que le drame psychologique «Conclave», de l'allemand Edward Berger, s'efforce de restituer le déroulement d'un véritable conclave avec un souci d'authenticité, certains détails du processus restent en grande partie méconnus en raison du serment strict de confidentialité que prêtent les participants.

Adapté du roman éponyme de Robert Harris, le film présente l'élection pontificale comme un jeu complexe d'intrigues, de luttes d'influence et de manœuvres politiques, où les cardinaux s’affrontent pour le pouvoir.

Dans un premier temps, la reconstitution de la logistique générale est relativement fidèle. Comme dans le film, les cardinaux vivent ensemble à la Résidence Sainte-Marthe, située à proximité de la basilique Saint-Pierre au sein de la cité du Vatican. Bien que le bâtiment montré dans le film soit un décor, c’est bien dans ce lieu que le Collège des cardinaux est séquestré depuis mercredi pour élire le nouveau souverain pontife.

 

Le déroulement du vote, effectué dans la chapelle Sixtine, est également représenté fidèlement. Chaque cardinal inscrit le nom de son choix sur un bulletin déposé dans une urne scellée. Après dépouillement, un officier lit les résultats à haute voix. 

En l'absence de majorité des deux tiers, les bulletins sont brûlés avec un additif produisant une fumée noire. La fumée blanche, symbole de l'élection réussie, apparaît après plusieurs scrutins, annonçant au monde entier le nom du nouveau pape.

Quelques modifications cinématographiques

Toutefois, le réalisateur Edward Berger a pris quelques libertés avec la réalité. Le personnage de Ralph Fiennes, le cardinal Lawrence, combine deux rôles distincts : celui de camerlingue, chargé de gérer les affaires du Saint-Siège après la mort du pape, et celui de doyen du Collège des cardinaux, supervisant l’élection et demandant au nouveau pape de choisir son nom.

En réalité, le camerlingue est le cardinal Kevin Farrell, qui a annoncé la mort du pape François et scellé l’appartement pontifical. Le doyen du Collège des cardinaux, le cardinal Giovanni Battista Re, a dirigé les travaux du conclave et posé la question rituelle au nouveau pape concernant son nom, conformément au protocole.

Le film introduit également un personnage de «cardinal in pectore», un cardinal nommé secrètement par un pape, ce qui est contraire à la réalité. Dans les faits, tant que cette nomination n’est pas rendue publique, un tel cardinal n’a pas le droit de participer au conclave. Cette liberté narrative contredit donc le rôle central du cardinal Vincent Benitez, interprété par Carlos Diehz, dans l'intrigue du film.

Dans une interview accordée au Hollywood Reporter l'an dernier, le réalisateur avait expliqué avoir consulté d’anciens participants au conclave et engagé un conseiller religieux afin de garantir un certain réalisme, sans toutefois chercher à collaborer directement avec le Vatican.

«C'est une approche absurde. Premièrement, ils ne vous aideront pas, et deuxièmement, ils ne devraient pas», a-t-il déclaré. 

«Conclave» a été acclamé aussi bien par les spectateurs, générant plus de 100 millions de dollars au box-office mondial, que par la critique, avec plus de 300 nominations et 70 récompenses, dont l'Oscar du meilleur scénario adapté. 

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