Dubaï : l'économie poursuit son redressement

Un laveur de carreaux sur une tour de Dubaï, le 16 mai 2003 [Janek Skarzynski / AFP/Archives] Un laveur de carreaux sur une tour de Dubaï, le 16 mai 2003 [Janek Skarzynski / AFP/Archives]

L'économie de Dubaï continue à se redresser et les annonces de méga-projets se multiplient, même si l'émirat endetté doit faire face à des prêts arrivant à échéance mais sans inquiéter les analystes.

Dubaï devrait pouvoir honorer ses prochaines obligations, qui font partie d'une dette totale s'élevant à 100 pour cent de son produit intérieur brut, a estimé Masood Ahmed, directeur pour le Moyen-Orient au Fond monétaire international.

"Oui, ils peuvent le faire", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Il y a une partie substantielle de la dette qui vient à échéance dans les prochaines années, et il est important de gérer à l'avance et dans la transparence ce processus", a-t-il dit.

Dubaï a procédé au cours des dernières années à la restructuration de milliards de dollars de dettes, notamment ceux de son conglomérat Dubai World.

La cité-Etat avait avait fait trembler à l'automne 2009 les places financières internationales quand Dubai World s'était déclaré incapable de régler une dette de plus de 26 milliards de dollars, avant de parvenir, avec l'aide du gouvernement, à un accord avec ses créanciers pour la restructuration de 14,7 mds USD de cette dette.

"Une autre série de restructurations devrait avoir entre 2014 et 2016 quand une grande partie de l'emprunt de Dubaï pour restructurer la dette de 2009 arrivera à échéance", a souligné Monica Malik, économiste en chef à la banque d'investissement EFG-Hermes aux Emirats arabes unis.

Elle a indiqué que la dette arrivant à échéance "inclut des prêts d'Abou Dhabi et de la Banque centrale des Emirats, qui devraient être facilement rééchelonnés".

Car ce sont 20 milliards de dollars d'Abou Dhabi, le plus riche des sept membres de la fédération, qui ont permis à Dubaï d'éviter un défaut de paiement de Dubai World et de prendre en charge la rééchelonnement de sa dette.

Mais le problème de Dubai World n'était que la partie apparente de l'iceberg.

Dubaï et ses compagnies étatiques ont accumulé quelque 113 milliards de dollars de dettes, avec 36,5 milliards parvenant à échéance l'année prochaine, selon EFG-Hermes.

Vue aérienne de la marina de Dubaï, le 12 décembre 2012 [Marwan Naamani / AFP/Archives]
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Vue aérienne de la marina de Dubaï, le 12 décembre 2012
 

Parmi les signes positifs de la capacité de Dubaï à gérer ses obligations figurent les annonces du gouvernement et de compagnies étatiques d'accords pour restructurer une dette ou le remboursement d'obligations arrivant à échéance.

Dubaï a 9,4 milliards de dollars de dette parvenant à maturité en 2013, contre 14,6 milliards en 2012.

Début mai, le gouvernement de Dubaï a annoncé avoir payé 3,34 milliards de dirhams d'obligations qui parvenaient à échéance en avril.

"Ce remboursement souligne l'engagement du gouvernement de Dubaï à honorer ses engagements financiers", a assuré Abdel Rahman Al Saleh, directeur général du département des finances de l'émirat.

L'économie de Dubaï a enregistré une croissance de près de 4% en 2012, et devrait progresser d'un peu plus de 4% cette année, a estimé M. Ahmed.

"Nous voyons un processus de redressement qui est assez large", a-t-il dit, citant la croissance dans "la logistique, le commerce et l'immobilier".

"En ce sens, l'économie de Dubaï va mieux", a-t-il dit.

Le commerce non-pétrolier de Dubaï --dont les réserves en or noir sont pratiquement épuisées-- a progressé de 13% en 2012 à 336 milliards USD. Son aéroport est à présent le deuxième au monde avec 57,68 millions de voyageurs en 2012.

Plusieurs méga-projets ont été annoncés récemment, rappelant les beaux jours de la croissance effrénée qui avait précédé le crash de 2009.

Parmi eux figure la Cité Mohamed Ben Rached, dotée d'un parc plus grand que le célèbre Hyde Park de Londres, d'une centaine d'hôtels et d'un parc à thème Universal Studios.

Les prix de l'immobilier ont également recommencé à grimper, après avoir été réduits de près de moitié durant la crise.

Mais George Abed, directeur de l'Institut international de la Finance, a mis en garde contre une répétition des erreurs du passé.

"Nous pensons que les leçons de la crise de la dette ont été en grande partie retenues mais il ne faut pas se laisser entraîner dans l'euphorie", a-t-il averti, cité par le quotidien The National.

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