Une ancienne assistante maternelle a été condamnée ce mardi à sept ans de prison pour homicide involontaire sur un nourrisson de dix mois en 2015. Une décision qui survient en appel, alors qu'elle avait été acquittée en première instance.
Mardi soir, la cour d'assises d'appel des Yvelines a condamné à sept ans de prison une ancienne assistante maternelle accusée d'avoir causé la mort d'un bébé de 10 mois dont elle avait la garde. En première instance fin 2022, elle avait été acquittée.
En novembre 2015, Augustin, un nourrisson gardé par l'accusée à Montrouge (Hauts-de-Seine), avait été hospitalisé dans le coma durant 16 jours après avoir subi de graves lésions. Dix-sept jours plus tard, il succombait à un hématome sous-dural et à une hémorragie rétinienne, caractéristiques du syndrome du bébé secoué.
Les «conclusions concordantes» des autopsies et des expertises médicales, ainsi que les «zones d'ombre et les incohérences des propos» de l'accusée, ont conduit la cour d'Appel à la condamner. Les blessures identifiées ont ainsi mené les experts à affirmer qu'Augustin était bel et bien mort du syndrome du bébé secoué.
Un soulagement pour les parents
Les parents d'Augustin et l'un de ses frères, présents à l'annonce du verdict, ont accueilli la décision avec soulagement et larmes. Leur avocate, Me Sylvie Vernassière, a exprimé leur sentiment auprès de l'AFP : «Mes clients sont heureux d'avoir tenu la promesse qu'ils avaient faite à Augustin. Après neuf ans, ils ont du mal à croire qu'ils peuvent enfin obtenir justice.»
En décembre 2022, la cour d'assises des Hauts-de-Seine avait en effet prononcé un acquittement au bénéfice du doute, estimant que la datation des faits ne pouvait être déterminée «de manière certaine». La justice n’avait donc pas décidé si cette nounou avait violenté ou non le bébé au point de provoquer sa mort. Le parquet général de Versailles avait fait appel, menant à un nouveau procès.
Un procès marqué par les zones d'ombre
Durant les neuf jours d'audience, l'accusation a mis en lumière les zones d'ombre entourant la personnalité de l'ex-nourrice, notamment sa prise d'antidépresseurs, et l'a accusée d'avoir dissimulé ces informations capitales sur sa personnalité.
L'avocat général avait requis 10 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense avait plaidé le doute, insistant sur le principe fondamental de l'acquittement en cas de doute non levé.
![Il devra répondre de faits «d’homicide involontaire par conducteur non titulaire du permis de conduire». [LOIC VENANCE / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_sk1ew_6665d3bb774e6.jpg?itok=niIRarLM)