Le parquet de Marseille a fait savoir ce mardi qu’un suspect a été arrêté dans les Alpes-Maritimes lors d’une opération anti-blanchiment menée par les autorités françaises et italiennes, avec le soutien d’Europol. L’individu est suspecté d’appartenir à la Camorra, une organisation mafieuse italienne.
La lutte contre la mafia est une priorité pour les autorités. Dans le cadre d’une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de la Juridiction Interrégionale Spécialisée (JIRS) de Marseille pour des faits de blanchiment aggravé, un individu a récemment été interpellé dans les Alpes-Maritimes.
L’arrestation de l’individu s’inscrit dans le cadre d’une «action judiciaire coordonnée», menée du 3 au 4 juillet 2025 par les autorités françaises et italiennes, avec le soutien opérationnel d’Europol, «visant un groupe criminel soupçonné d’être affilé à la Camorra italienne», a écrit le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, ce mardi dans un communiqué.
«Cette enquête est conduite par l’unité spéciale anti-mafia de la Section de Recherches (SR) de Marseille, en charge de lutter contre les organisations criminelles opérant sur le territoire de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle vise à identifier et à démanteler un système sophistiqué de blanchiment d'argent et à saisir les avoirs criminels réinvestis en France.
Des comptes bancaires en France, en Allemagne, en Italie et en Tunisie
C’est au cours d’une coopération européenne, réunissant l’unité spéciale anti-mafia de la Section de Recherches de Marseille, la Guardia di Finanza de Rome ainsi que Kriminalfachdezernat de Munich, qu’une «une série de sociétés écrans opérant à travers la France, l'Italie et l’Allemagne» a été identifiée.
Les investigations ont également permis «la remontée de fonds vers des comptes bancaires dans ces pays ainsi qu’en Tunisie. Le mode opératoire consistait à simuler des revenus légaux dans des secteurs tels que la construction, le commerce automobile et la fabrication d'aluminium», a expliqué le procureur de la République de Marseille.
«Ce mécanisme aurait permis de réinvestir le produit du crime dans des biens immobiliers sur la Côte d'Azur par l'intermédiaire de sociétés immatriculées en France. Une maison, 4 appartements et 11 places de parking ont été saisis pour une valeur de plus de 2,5 millions d'euros», a-t-il ajouté.
Pour soutenir l’exécution de la demande d’enquête européenne, deux enquêteurs français ont dû se déplacer en Italie, selon le magistrat. L’opération a été soutenue par l’unité ROS italienne, soit Raggruppamento Operative Speciale.