Au lendemain de la nomination de Sébastien Lecornu après la chute du gouvernement Bayrou, un mouvement baptisé «Bloquons tout» va avoir lieu ce mercredi 10 septembre. D'après les services de renseignement territorial, environ 100.000 personnes sont attendues pour la mobilisation du jour et des actions violentes sont redoutées.
Une journée qui s'annonce tendue. Alors que François Bayrou a quitté ses fonctions, entraînant la chute de son gouvernement et au lendemain du choix de Sébastien Lecornu pour lui succéder à Matignon, une mobilisation, baptisée «Bloquons tout», est organisée ce mercredi 10 septembre à travers tout le pays.
Ce mouvement est organisé sur fond de rejet des classes dirigeantes attisé par les annonces budgétaires estivales de François Bayrou. Mais comme l'avait annoncé le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, ce «mouvement n’a plus rien de citoyen». «Je ne prends pas du tout cette date à la légère. Parce qu’au départ, il y a eu une mobilisation citoyenne. Celle-ci a été, depuis, confisquée et détournée. Elle n’a plus rien de citoyen. Cela a été une radicalisation puisque c’est Monsieur Mélenchon qui a voulu la préempter. Ce sera la mouvance d’extrême-gauche et d’ultra-gauche», a indiqué Bruno Retailleau ce lundi 8 septembre.
Par conséquent, 80.000 policiers et gendarmes vont être mobilisés ce mercredi à travers tout le pays. «On sait que ces groupuscules sont déterminés et organisés. L’ultra-gauche est ultra violente. (...) Nous serons là. Nous n’avons pas peur. Nous protégerons le droit, la loi, les Françaises et les Français et la République», a ajouté le ministre de l'Intérieur.
Car effectivement, plusieurs actes de blocage et de sabotage sont redoutés. Selon une note des services de renseignement territorial, consultée par CNEWS, quelque 100.000 personnes sont attendues et une quarantaine de cortèges sont d’ores et déjà annoncés à travers tout le pays. Pour l’heure, une vingtaine d’opérations de blocage sont prévues, principalement dans des dépôts pétroliers et les plates-formes logistiques comme les aéroports et les voies ferroviaires.
Les blocages pourraient également concerner certains axes routiers, comme lors des gilets jaunes, ou encore des ronds-points. Les lycées et universités pourraient également être concernés par ce type d’actions ce mercredi.
Outre ces blocages, des sabotages contre des sites stratégiques, notamment dans le domaine de l’énergie ou encore l’industrie de Défense, sont redoutés. Dans sa note, le renseignement territorial précise que ce mouvement, dont des réunions préparatoires ont été répertoriées dans une soixantaine de départements, marque un basculement vers l’extrême-gauche «anti gouvernement et anti Macron» sur certains territoires.
«Des initiatives désorganisées et difficilement anticipables»
Bien que le nombre de participants soit visiblement en hausse, les mouvances pro-Palestine, féministes, LGBT et sans-papiers devraient également être bien présentes, certaines contestations citoyenne et apolitique ont déjà appelé à rejoindre le mouvement. De ce fait, le renseignement craint «une convergence des luttes aux revendications multiples».
Autre point intéressant, ce mouvement est marqué par l’absence de structure et de leadership clairement identifiés. Par conséquent, «cela pourrait entraîner des initiatives désorganisées et difficilement anticipables», selon le document.
De plus, le caractère de la mobilisation est imprévisible. En d’autres termes, l’implication de la société civile dans ce mouvement reste incertaine. On note également l’absence de canalisation, ce qui pourrait majorer «le risque d’actions par des groupes radicaux et violents».
A noter que les salariés privilégient de participer à la mobilisation du 18 septembre prochain, organisée par l’intersyndicale.