Le 10 septembre, plusieurs mobilisations convergent autour d’un mot d’ordre fort : bloquer le pays pour protester contre le plan budgétaire présenté par François Bayrou. Cette tension trouve ses racines dans un budget jugé austère, lancé mi-juillet, qui suscite une réaction massive de la société civile.
Le mouvement «Bloquons tout», apparu en ligne en juillet, se veut «collectif citoyen», «apartisan» et «horizontal», rappelant la dynamique des Gilets jaunes de 2018. Il est né en réaction aux annonces très commentées de François Bayrou, dévoilées le 15 juillet. Pour parvenir à réaliser 43,8 milliards d’euros d’économies, le locataire de Matignon entent notamment supprimer deux jours fériés (le 8 mai et le lundi de Pâques), geler les retraites, réaliser des coupes budgétaires dans les services publics, et reporter des investissements écologiques.
Des appels à un arrêt total du pays le 10 septembre se sont rapidement diffusés sur les réseaux sociaux via des hashtags comme #Mobilisation10Septembre ou #BloquonsTout.
Les syndicats en première ligne
Ce sont eux qui donnent le ton. Si Solidaires et la FSU ont annoncé des grèves et des manifestations dès le 10 septembre pour dénoncer «l’austérité salariale» et la «dégradation des services publics», la CGT, plus prudente, n’appelle pas directement au blocage mais soutient les revendications sur le pouvoir d’achat et les conditions de travail. Même chose du côté de FO et de la CFDT qui craint notamment un «noyautage de l’extrême droite».
Dans plusieurs secteurs stratégiques — transports, énergie, éducation — des préavis de grève sont déjà déposés, laissant craindre un ralentissement marqué du pays.
À gauche, La France insoumise et le Parti communiste ont clairement affiché leur soutien au mouvement, y voyant une opportunité de mettre en difficulté l’exécutif sur fond d’inflation persistante. Le Parti socialiste, lui, reste en retrait mais appelle tout de même à «entendre la colère des salariés». À l’extrême droite, le Rassemblement national critique la mobilisation, estimant par la voix de sa vice-présidente la députée Edwige Diaz, que le parti «n'a pas vocation à organiser des manifestations», tout en tentant de récupérer le thème central du pouvoir d’achat.
Mais la contestation ne se limite pas aux syndicats et à la classe politique. Plusieurs associations étudiantes comme le Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire (RESES), qui regroupe 150 associations étudiantes œuvrant pour le développement durable et la solidarité et collectifs écologistes ont également annoncé leur participation, dénonçant à la fois la précarité de la jeunesse et l’inaction climatique du gouvernement.
Du côté des collectifs écologistes, des groupes tels qu'Extinction Rebellion, connus pour leurs actions de désobéissance civile, participent activement à la mobilisation, appelant à des actions de blocage pour dénoncer l'inaction climatique du gouvernement. Certains membres appartenant à des collectifs citoyens plus radicaux, ont explicitement appelé à «paralyser le pays» par des actions de blocages routiers et logistiques.
Pour l’exécutif, la rentrée sociale s’annonce quoi qu’il en soit scrutée de près : la capacité de mobilisation du 10 septembre donnera le ton des prochaines semaines.