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Mouvement du 10 septembre : transports, éducation, santé publique… À quoi s’attendre pour la journée du 10 septembre ?

En réaction aux propositions budgétaires de François Bayrou avant sa démission tandis que Sébastien Lecornu est nommé à Matignon, le mouvement «Bloquons tout» appelle à des mobilisations le 10 septembre. Entre grèves, blocages et sabotages, voici à quoi s’attendre ce mercredi.

Des gilets jaunes 2.0 ? Le 15 juillet dernier, François Bayrou annonçait ses propositions afin de réaliser 40 milliards d’euros d’économies dans son budget de 2026. Parmi celles-ci, la suppression de deux jours fériés. De quoi faire enrager les opposants politiques mais aussi une partie de la population.

Le 10 septembre, la consigne semble claire : «tout bloquer». Une décision prise très en amont de la démission de François Bayrou, et qui sera scrutée de près par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu. De nombreuses propositions concernant les formes de protestation ont cependant émané des réseaux sociaux. En effet, si certains ont proposé une grève générale, d'autres ont souhaité qu'un confinement volontaire soit organisé, afin de stopper l'économie du pays. Différents secteurs ont déjà fait part des perturbations auxquelles s'attendre ce jour-là.

Les transports ferroviaires

Selon les prévisions de la SNCF, les trains à grande vitesse TGV Inoui, Ouigo et internationaux «circuleront normalement» ce mercredi. Des perturbations sont en revanche attendues «sur les trains régionaux et RER Transilien en Ile-de-France, et TER dans certaines régions».

Même chose sur ces lignes Intercités : Paris - Clermont-Ferrand, Paris – Limoges – Toulouse, Bordeaux – Marseille. La circulation des trains de nuit sera aussi heurtée mais les autres lignes, elles, ne seront pas touchées.

En Ile-de-France, la RATP annonce un trafic «perturbé» sur le RER B, sans donner plus de détails mis à part le fait que l'interconnexion sera «maintenue à gare du Nord». La circulation sera «quasi normale» pour les réseaux de métro et de bus mercredi. Le transporteur estime en outre que les circulations du RER A et des tramways ne seront pas affectées.

Le syndicat La Base, majoritaire chez les conducteurs de RER, a appelé à faire grève mercredi, dans un communiqué partagé sur sa page Facebook. Côté SNCF, la CGT-Cheminots, premier syndicat, a appelé à «participer massivement» à la grève, SUD-Rail a également répondu à l'appel.

Le secteur aérien

Les transports aériens ne seront pas en reste puisque la direction générale de l'Aviation civile (DGAC) prévoit des perturbations et des retards «sur l'ensemble des aéroports français» ce 10 septembre.

Pour limiter le désordre, la DGAC «appliquera les dispositions du service minimum en soirée dans le centre en route de la navigation aérienne d'Aix-en-Provence» et dans les services de navigation aérienne de l'aéroport de Marseille-Provence.

Elle a demandé aux compagnies aériennes de réduire de 50% leur programme de vol entre 18h et minuit sur les aéroports de Nice et ceux de Corse (Bastia, Ajaccio, Figari, Calvi), «ce qui représente un peu plus d'une cinquantaine de vols sur les plus de 10.000» prévus dans le ciel français mercredi.

Des blocages sur les routes ?

Sur les routes, les automobilistes pourraient aussi voir leur trajet entravé. Dans l'Ouest, les citoyens mobilisés se sont donnés rendez-vous dès 6h mercredi dans la perspective de bloquer les rocades de Rennes et Nantes. Des actions similaires ou des barrages filtrants sont également annoncés à Brest, Vannes ou dans le Nord-Ouest à Caen.

A Paris, dès minuit dans la nuit de mardi à mercredi, des militants prévoient de bloquer plusieurs portes du périphérique (La Chapelle, Bagnolet, Montreuil, Italie, Orléans, notamment) et de poursuivre leurs blocages dans la matinée.

Sites industriels et plates-formes logistiques

Dans le cadre du mouvement «Bloquons-tout», le géant Amazon pourrait être perturbé par un piquet de grève sur le site de Brétigny-sur-Orge (Essonne), à partir de midi. A Dunkerque (Nord), une grève est aussi prévue chez ArcelorMittal, qui a annoncé ces derniers mois un important plan de licenciements.

Les salariés des raffineries de Gonfreville-L’Orcher, près du Havre (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), et Feyzin (Rhône), toutes trois exploitées par TotalEnergies, sont appelés par la CGT «à cesser le travail le 10».

En Seine-Maritime, le même syndicat appelle également «les salariés du secteur de l'énergie et les retraités, que ce soit EDF ou prestataires» à rejoindre le piquet de grève près de la centrale nucléaire de Paluel.

Au sud de Rouen, l'usine Ampère de Renault, plus gros employeur de la région, sera également en grève. Enfin, là encore à l'appel de la CGT, les éboueurs se mobiliseront avec au moins une quinzaine de préavis de grève dans diverses régions de France, «principalement dans les zones rurales».

Hôpitaux, étudiants et agriculteurs

La contestation se vivra aussi dans les hôpitaux ce 10 septembre. A Paris, dans les établissements de l’AP‑HP, la CGT, FO, CFTC et UNSA, seront mobilisés contre des mesures telles que l’augmentation de la franchise médicale. 

La jeunesse pourrait aussi rejoindre le mouvement. L’Union syndicale lycéenne appelle à bloquer les établissements scolaires pour protester contre une politique jugée austère pour l’éducation. Le député LFI Louis Boyard a clairement encouragé lycées et universités à se mobiliser pour le 10 septembre. 

Par ailleurs, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, a affirmé qu’elle se joindrait au mouvement du 10 septembre, à la différence de la FNSEA. Elle a déclaré vouloir «appeler à rejoindre les mobilisations et en organiser», sans toutefois donner plus de détails.

Des défilés et rassemblements

Dès 9h30 ce mercredi, des responsables de la CGT seront rassemblés devant le ministère du Travail, à l'initiative des fédérations du commerce et de la chimie.

A Rennes et Nantes, de premiers cortèges sont prévus dès 11h, tandis qu'à Paris les responsables syndicaux des unions départementales de la CGT, FSU et Solidaires se sont donnés rendez-vous à partir de 13h dans le centre de la capitale, place du Châtelet.

Un «grande manifestation» a également été annoncée à Toulouse (Haute-Garonne), à 14h30.

80.000 policiers et gendarmes mobilisés

Les autorités s'attendent mercredi à des actions diverses sur tout le territoire allant de blocages de gares, de raffineries, d'axes de circulation à des opérations de sabotages de radars automatiques et des manifestations classiques.

Les services de renseignements soulignent la difficulté à anticiper ce que sera ce mouvement «horizontal» et sans chef. «Chacun fait ce qu'il veut» dans un contexte de «grogne et de colère», selon une source sécuritaire à l'AFP en fin de semaine dernière.

Lundi, le ministre de l'Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a annoncé que quelque «80.000 gendarmes et policiers» seraient mobilisés pour éviter tout débordement dans le cadre du mouvement social «Bloquons tout».

Ils «auront une consigne très claire, c'est la fermeté» et «ils devront interpeller au maximum» en cas de délits soupçonnés. «Quand il y a des cortèges, on les accompagnera parce que c'est un droit constitutionnel de manifester tranquillement. Mais on ne supportera vraiment aucune violence ni débordement», a-t-il ajouté.

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