Ce mardi 7 avril s’ouvre devant la cour d’assises des mineurs de Versailles le procès de deux hommes, mineurs au moment des faits, accusés d’avoir tué Djibril et blessé un second adolescent lors d’une rixe à Coignières en 2022.
Son meurtre avait à l'époque défrayé la chronique, Djibril, un mineur de 14 ans, et son ami Sékou avaient été pris à partie lors d’une rixe entre deux gangs rivaux à Coignières, dans les Yvelines. Frappé à la tête, Djibril avait succombé à ses blessures.
Ce mardi 7 avril, le procès des deux hommes accusés du meurtre et de l’agression de Djibril et Sékou, s’ouvre devant la cour d'assises des mineurs de Versailles. Les deux accusés sont Nolan H. et Jonathan K.. Ils avaient respectivement 16 et 19 ans au moment des faits.
Actuellement en détention provisoire, Nolan H., aujourd’hui âgé de 19 ans, est accusé du meurtre de Djibril, tandis que Jonathan K., 22 ans, est jugé pour tentative de meurtre sur Sékou.
«On attend de ce procès qu'il soit juste», résume la mère de Djibril, Katia Benaini, qui espère un verdict dont elle «pourra se satisfaire». Son avocat, Me Sukeyna Elachguer, espère quant à lui que «l'accusé cessera de déshumaniser Djibril et de se donner la place de la victime. Car il n'y a qu'une seule victime, c'est Djibril, un adolescent mort pour rien», a-t-il confié à l’Agence France-Presse.
La défense, quant à elle, dit attendre du procès que «l'absence d'intention de tuer de (Nolan H.) soit reconnue». «Nous avons été très peu entendus pendant l'instruction», a ajouté l’avocate du prévenu, Isabelle Felenbok. Le verdict de ce procès est attendu en fin de semaine, vendredi 10.
Nolan.H nie toute intention d’homicide
Pour rappel, dans la nuit du 26 au 27 novembre 2022, plusieurs personnes venues du quartier des Friches à Maurepas et du quartier des Marchands à Coignières, avaient afflué à proximité d’une salle où se tenait un gala de combats de MMA. Un affrontement, «d’à peine une minute» comme le souligne la juge d’instruction, éclatait alors entre les deux groupes rivaux.
Djibril et Sékou, qui attendaient leur bus, avaient été pris à partie. Le premier avait reçu un coup de marteau mortel sur le crâne, s’écroulant directement, tandis que Sékou avait, lui, été frappé à trois reprises à la tête avec une «chose lourde», une «chose en métal».
Le lendemain après-midi, Nolan. H, accompagné de son oncle, s'étaient rendus dans un commissariat du Val-d'Oise pour se dénoncer. Lors de son audition, il avait reconnu «avoir porté des coups à l'aveugle avec le marteau qu'il avait ramassé pour se libérer de ses agresseurs» et admis avoir porté le coup mortel à Djibril, mais contestant, encore aujourd'hui, toute intention de tuer.
Toutefois, selon la magistrate, «l’intensité » du coup ayant provoqué la fracture du crâne, puis la mort de la victime, «apparaît difficilement compatible avec un geste de défense visant uniquement à repousser ses agresseurs».
Elle ajoute que «les circonstances de commission des faits deviennent secondaires dès lors qu’il est établi que l’intention homicide résulte de l’utilisation d’une arme sur une zone vitale avec une force suffisante pour entraîner le décès de la victime».
Jonathan K, a de son côté et arrêté plus d’un an après les faits et n’a depuis cessé de clamer son innocence. Il réfute toute implication dans les faits qui lui sont reprochés et affirme être resté à distance des violences le soir du drame.