Dans un communiqué publié ce mercredi, les avocats de la famille de Sarah Halimi, femme de confession juive tuée en 2017 à Paris, ont indiqué avoir déposé une requête devant la cour d’appel afin de rouvrir l’instruction. Les proches de la famille promettent de tout faire pour voir Kobili Traoré jugé.
Une nouvelle étape judiciaire se dessine dans cette affaire. Les avocats de Sarah Halimi, femme de confession juive tuée en 2017 à Paris par Kobili Traoré au cri de «Allah Akbar», ont fait savoir ce mercredi 15 avril qu’une requête a été déposée auprès de la cour d’appel afin de rouvrir l’instruction, le mis en cause ayant été jugé pénalement irresponsable du meurtre.
A l’époque, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, avait roué de coups sa voisine de 65 ans avant de la jeter du haut d’un balcon. Bien qu'entérinant la nature antisémite du meurtre, la Cour de cassation avait confirmé l'absence de procès dans cette affaire retentissante en avril 2021. Selon les experts psychiatriques, le meurtrier avait été pris d'une «bouffée délirante» au moment des faits.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, confirmant une information du Point, Mes Olivier Pardo et Raphaëlle Bialkiewics ont assuré auprès de l’agence de presse détenir «des éléments nouveaux» sur Kobili Traoré, arrêté fin février 2026 pour avoir passé à tabac un homme dans un appartement du 16e arrondissement de la capitale lors d’un home-jacking.
On parle ici de «nouveaux éléments que ne détenaient ni les magistrats instructeurs ni les experts judiciaires ni la chambre de l’instruction» et qui «mettent à bas l’irresponsabilité pénale» de Kobili Traoré.
«Personne n'imagine les souffrances que ma sœur a endurées»
Parmi ceux-ci figurent «la consommation de crack antérieur au passage à l’acte», «la préméditation» ainsi que «l’exploitation d’un enregistrement audio réalité au moment de la défenestration de Sarah Halimi par l’un de ses voisins, qui démontre la conscience politique et antisémite» du mis en cause.
Par conséquent, les avocats de la famille de la victime ont jugé que ces nouveaux éléments sont «incompatibles avec une abolition du discernement». De son côté, le frère de Sarah Halimi, William Attal, a souligné auprès de l’AFP qu’«on fera tout pour que cet assassin soit jugé».
«Personne n'imagine les souffrances que ma sœur a endurées», a-t-il dit, avant d'ajouter : «Si en France maintenant, on n'est pas capable de juger et de faire condamner un tueur assassin qui a prémédité un assassinat aussi terrible que celui de ma sœur, alors la France n'est plus la France».
Après l’arrestation de Kobili Traoré en février 2026, un psychiatre a attesté au cours de la garde à vue que le suspect «ne présentait pas de symptomatologie aiguë, ni syndrome délirant ni désorganisation», a rapporté le parquet de Paris.