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Affaire Lyhanna : le corps retrouvé est bien celui de la jeune fille de 11 ans disparue

Le corps sans vie de Lyhanna a été retrouvé ce jeudi 4 février à Puycasquier, toujours dans le Gers. [Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Dans un communiqué publié ce vendredi 5 juin, le parquet d’Agen a confirmé que le corps retrouvé la veille dans une usine agricole dans l’est du département du Gers est bien celui de Lyhanna, âgée de 11 ans et disparue le 29 mai dernier. 

L’autopsie a parlé. Ce jeudi 4 juin, le corps d’un enfant avait été retrouvé dans un silo agricole désaffecté près du village de Puycasquier dans le Gers. Le corps était en effet «porteur de vêtements similaires» à ceux de Lyhanna, cette jeune fille de 11 ans portée disparue depuis mardi 29 mai dernier. 

Et ce vendredi 5 juin, l’autopsie pratiquée sur la dépouille a livré ses résultats. Selon le procureur de la République d’Agen Olivier Naboulet, celle-ci a confirmé que le corps retrouvé était bien celui de Lyhanna.

«En revanche, les médecins légistes, en l’état de leurs investigations, ne sont pas aujourd’hui en mesure d’indiquer quelles sont les causes de la mort ; dès lors des examens et expertises complémentaires ont été ordonnés et vont être diligentés. Dès lors que les causes auront été indiquées par les médecins légistes et experts, une nouvelle communication sera proposée ; le délai en reste en revanche non déterminé», a ajouté le magistrat.

Compte tenu des nouveaux éléments, l'enquête a été requalifiée en «enlèvement, séquestration et meurtre d’une mineure de moins de 15 ans». 

Dans ce dossier, le profil du suspect Jérôme B., alimente les interrogations. Actuellement en détention, cet homme avait fait l’objet de multiples signalements et plaintes pour des faits présumés de violences sexuelles sur mineurs.

Trois plaintes déposées et un classement sans suite

En effet, en décembre 2017, la gendarmerie a été saisie par la mère d’une jeune femme de 17 ans qui entretenait depuis quelques mois une relation avec le suspect, alors âgé d’une trentaine d’années, selon Clémence Meyer, procureure de la République d’Auch. Cette première procédure a été classée sans suite en 2018, en l’absence d’infraction, vu l’âge de la jeune fille et le caractère consenti de la relation. 

En février 2021, le suspect, exerçant alors en tant qu'agent d’entretien au lycée de Lectoure dans ce même département, a été licencié «après une procédure disciplinaire à la suite du signalement d'un comportement inapproprié envers une lycéenne». 

Au cours de sa prise de parole, la procureure de la République d’Auch a indiqué que le 31 mai 2026, un responsable de l’établissement avait «spontanément contacté la gendarmerie» à ce sujet. «Des vérifications urgentes sont en cours afin de savoir si ces faits ont donné lieu à un signalement aux autorités judiciaires», a-t-elle ajouté. 

Il fallait attendre l’année 2022 pour qu’une première plainte soit déposée pour viol présumé s’étant déroulé en 2020 et dénoncé par une mineure née en 2013 au domicile du suspect à Montestruc-sur-Gers. 

Cette plainte n’a été transmise au parquet qu’au début de l’année 2024, selon la magistrate. Toutefois, les actes d’enquêtes réalisés n’ont pas permis «d’étayer les déclarations» de la fillette et l’affaire a été classée le 28 mai 2024. La procureure de la République d’Auch a néanmoins estimé «tout à fait envisageable» que celle-ci soit «réexaminée à la lumière des événements récents». 

Puis, en août 2025, une deuxième a été déposée à Plaisance-du-Touch, en Haute-Garonne, pour viols, commis entre septembre 2024 et mai 2025 par le suspect a son domicile. Dans cette affaire, la victime, née en 2014, a été entendue cinq jours plus tard et des examens médico-légaux et psychologiques ont été réalisés en septembre et octobre 2025. 

«Des dysfonctionnements inacceptables», selon Emmanuel Macron

Au cours de ce mois, le parquet de Toulouse s'est dessaisi au profit de celui d'Auch et le 9 janvier 2026, la procédure a été adressée par le parquet d'Auch à la gendarmerie de Lectoure, a souligné la procureure, précisant que la dernière «attache téléphonique» entre son parquet et les gendarmes datait du 23 janvier. 

Des actes d'enquête ont été prescrits, «notamment un complément d'audition de la mère de la mineure, des auditions de témoins, des réquisitions téléphoniques», selon Clémence Meyer qui a ajouté que «cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna». 

Enfin, une dernière plainte «pour viol sur mineur» a été portée à la connaissance de la procureure de la République d’Auch en date du 3 juin 2026. Elle ne disposait pas de davantage d’éléments à communiquer à la presse lors de la conférence de presse qu’elle a tenue. Cependant, selon La Dépêche du Midi, il pourrait s’agit de la plainte évoquée par le père d’une fillette de 11 ans, qui met en cause des agissements présumés du suspect, survenus lors d’une soirée pyjama à son domicile à l’été 2025. 

Tous ces «dysfonctionnements» ont été jugés «inacceptables» par le président de la République Emmanuel Macron qui a estimé que «ce n’est pas une question de moyens» mais de «responsabilités» qui devront être établies par les enquêteurs administratives.  

«Depuis 2017, j'invite chacun à regarder les moyens qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la justice. Donc c'est une question de réponse, de fermeté, d'organisation, de responsabilité"», a-t-il affirmé.

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