Me Mourad Battikh, avocat de Maeva et Prescyllia, petites-filles du père de Jérôme Barella qui l’accusent d’inceste, a demandé la réouverte «solennelle» des deux procédures. La première avait été classée en suite tandis qu’un non-lieu avait été prononcé pour la seconde.
Le conseil des demi-sœurs sera-t-il entendu ? Dans un communiqué adressé à CNEWS ce lundi 15 juin, Me Mourad Battikh, avocat de Maeva et Prescyllia, demi-sœurs qui accusent Joël Barella, père du suspect dans le meurtre de Lyhanna Jérôme Barella, d’inceste, a demandé «solennellement» à la justice la réouverture des deux procédures concernant les deux jeunes femmes, les dossiers ayant fait l’objet d’un classement sans suite pour l’un et d’un non-lieu pour l’autre.
«Deux enfants. Le même homme mis en cause. Le même cadre familial. Des récits qui se répondent, livrés séparément, à des années d’intervalle. Et pourtant : deux fois, la justice a refermé le dossier», a dénoncé Me Mourad Battikh dans son communiqué, ajoutant que «pendant une décennie, ces deux femmes ont vécu avec le sentiment de n’avoir été ni entendues, ni crues».
En effet, les faits dénoncés par les demi-sœurs remontent à il y a dix ans, lorsqu’elles étaient âgées de 9 ans et 10 ans. «Aujourd’hui, leurs paroles se rejoignent et s’éclairent l’une l’autre. L’institution judiciaire leur doit, à tout le moins, un nouvel examen, et sans doute des excuses», a ajouté Me Mourad Battikh.
«Je faisais des tentatives de suicide»
La demande de la réouverture des deux procédures survient à l’heure où le parquet de Béziers a décidé de rouvrir l’enquête pour «agression sexuelle» visant Joël Barella et dont les faits ont été dénoncés par Maëva «afin de procéder à certaines vérifications complémentaires», comme l’avait confirmé le ministère public à CNEWS.
Mais pour Me Mourad Battikh, le classement sans suite rapide des plaintes déposées par des enfants «dépasse le seul cas» de Maëva et Prescyllia. «Chaque signalement négligé est une chance perdue de prévenir l’irréparable», a écrit le conseil des demi-sœurs.
Au micro de nos confrères de RTL, Maëva est revenue sur le sentiment d’abandon qu’elle a éprouvé lorsque la justice a classé sans suite, en 2020, la plainte qu’elle avait déposée en 2018, alors qu’elle était âgée de 12 ans, contre Joël Barella. «Je n’étais pas bien (…) Je faisais des tentatives de suicide», a-t-elle raconté.
Aujourd’hui, la jeune femme et sa demi-sœur attendent la même chose : «que la justice accepte, enfin, de les écouter», comme l’indique leur conseil dans son communiqué.