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Que risque-t-on si on siffle la Marseillaise ?

Bally Bagayoko a estimé que «siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l'international, c'est un droit à la réplique populaire». [Armand Gesquière / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a estimé que «siffler la Marseillaise» dans les stades de football pouvait être un «droit légitime». Une sortie médiatique qui a provoqué des indignations dans la classe politique, d’autant plus que le fait d’outrager publiquement l’hymne national est puni par la loi. 

Un acte qu’il ne faut pas sous-estimer. Depuis mardi 16 juin, le nouveau maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko fait l’objet d’une polémique après sa dernière sortie médiatique dans le journal L’Opinion. L’élu a en effet estimé que «siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l'international, c'est un droit à la réplique populaire». 

«Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d'ici mais aussi de là-bas», a ajouté l’élu de Seine-Saint-Denis. Cette nouvelle sortie médiatique n’a pas tardé à faire réagir. Plusieurs politiciens ont exprimé leur indignation quant aux propos tenus par Bally Bagayoko. 

Une infraction punie par le Code pénal

En France, le fait de siffler ou huer l’hymne national peut être sanctionné dans certaines circonstances. En effet, la question juridique porte essentiellement sur la notion d’«outrage» et l’article 433-5-1 du Code pénal dispose que «le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7.500 euros d'amende».

Il est à noter que c’est à Saint-Denis que la Marseillaise avait été copieusement sifflée pendant une rencontre ayant opposé la France à l’Algérie le 6 octobre 2001, en présence du Premier ministre de l’époque Lionel Jospin et de plusieurs membres du gouvernement.

Quatre mois après cet incident, soit en février 2002, des sénateurs avaient déposé une proposition de loi visant à punir «les paroles, gestes, écrits ou images de nature à porter volontairement atteinte au respect dû aux symboles de la République que sont le drapeau et l'hymne national» de 8.000 euros d'amende. 

Mais cela n'a pas suffi à faire cesser les provocations. Le 11 mai 2002, et alors que se tenait la finale de la Coupe de France au Stade de France entre le FC Lorient et le SC Bastia, l’hymne national français a été sifflé par une partie des supporters corses. C’est alors que l’ancien président de la République Jacques Chirac a décidé de quitter momentanément la tribune et le match a commencé avec 20 minutes de retard après que le président de la Fédération française de football, Claude Simonet, a présenté des excuses. 

Il fallait attendre mars 2003 pour que le délit d'outrage au drapeau ou à l'hymne national soit créé par le ministre de l'Intérieur de l'époque Nicolas Sarkozy

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