Kurzawa, bouc émissaire ?, par Pierre Ménès

Pierre Ménès Pierre Ménès. [A MEUNIER / ICON SPORT / POUR DIRECTMATIN]

Pierre Ménès est une figure du paysage footballistique français. Ancien reporter à L’Equipe, cette intarissable grande gueule officie aujourd’hui en qualité d’expert pour le Canal football club. Chaque vendredi, il tient sa "Grosse kronik" dans les colonnes de Direct Matin.

 

Layvin Kurzawa est donc devenu en quel­ques secondes, avec un salut militaire en mode chambrage réalisé mardi après son but inscrit lors du barrage retour à l’Euro 2015 Espoirs en Suède (4-1), la nouvelle odieuse petite racaille du football français. Celui qui incarne la renaissance de Knysna (c’est vrai, ça nous manquait tant).

Même Michel Platini y est allé de son commentaire acide. "Là, on était dans le chambrage, la moquerie, et le chambrage s’est retourné contre eux", a rétorqué le président de l’UEFA, hier, sur France Info.

Eh bien, au risque de vouloir toujours être à contre-pied de tout, je trouve tout ça très exagéré. Parce que si Kurzawa a chambré, c’est aussi parce qu’avec ce but, il venait de redonner la qualification à des Bleuets hachés menu depuis le coup d’envoi de la rencontre, en étant menés (3-0) à quelques minutes de la fin du match, et donc éliminés à ce moment précis.

Si le but du défenseur monégasque avait expédié cette génération espoir au championnat d’Europe 2015 en République tchèque, puis éventuellement aux Jeux olympiques 2016 à Rio (Brésil), qui aurait parlé de son chambrage ? N’aurait-il pas été le héros de la rencontre ? Est-ce la conséquence de son geste si les Bleuets ont encaissé un quatrième but deux minutes plus tard sur un corner, et qui plus est sur une reprise à ras de terre (ce qui est quand même une rareté) ?

 

Des Bleuets hors sujet 

Bref, on ne retient que la symbolique sans voir que cette équipe de France Espoirs n’était pas prête à répondre au défi, très physique, imposé par les Suédois. Qu’ils ont manqué d’humilité au point d’être incapables de s’adapter au jeu proposé par leurs adversaires.

Mais vous verrez, on ne va parler que de Layvin Kurzawa, de comportement, de son geste et de rien d’autre. C’est commode, pas très juste, et surtout ça ne fait pas avancer d’un pouce le problème de nos Espoirs, incapables de se qualifier même pour un championnat de billes depuis tant d’années. Et c’est pourtant bien ça le plus regrettable… 

 

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